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Mercato politique
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Mercato politique
Non, nous n’allons pas parler football, encore moins de la période des transferts de joueurs, le fameux mercato, d’un club de foot à l’autre. Quoique c’est déjà, avec la Premier League anglaise, un des sujets qui préoccupent le plus les Mauriciens. Non, notre propos dominical se focalise aujourd’hui, comme pour ne pas changer, sur la chose politique. La marmite politique est en ébullition. Des changements de joueurs politiques sont annoncés. Et le marché des transferts, pour lui donner une appellation plus politiquement correcte, vient lui aussi de s’ouvrir.
Déjà, avec la problématique posée par le départ annoncé du Premier ministre (PM), sir Anerood Jugnauth (SAJ), du bâtiment du Trésor, un gros pavé a été jeté dans la mare. Les éclaboussures n’étaient pas encore retombées qu’un changement de joueur s’annonçait : la possibilité, voire la quasi-certitude, d’avoir Pravind Jugnauth comme prochain PM. Cela a ajouté de l’huile sur le feu qui couvait. Feu qui se consumait depuis la venue de l’actuel gouvernement Lepep au pouvoir. Les pros et les antis Pravind se donnent à coeur joie dans le débat politique et citoyen, les uns vantant les mérites du leader du Mouvement socialiste militant (MSM), les autres justifiant avec force arguments les raisons qui font qu’il ne doit pas, ou ne peut pas, accéder au poste suprême.
Puis est venu, vendredi, le choc du départ du député de la circonscription n° 13, et du Mouvement militant mauricien (MMM), Zouberr Joomaye. Il a claqué la porte des Mauves, provoquant rumeurs et spéculations. Vers quelle équipe, ce transfert inattendu ? On l’annonçait un moment chez les Oranges, où des équipements (de santé) lui auraient apparemment déjà été réservés. Puis c’était des rumeurs d’une surenchère de la part du Muvman Liberater. Ou au contraire, dans un sursaut salutaire, allait-il boucler la boucle et démissionner du Parlement ? Finalement, ce bon docteur a soufflé le chaud et le froid, en annonçant qu’il gardait toutes les options en main et restait (pour le moment ?) sur la ligne de touche, en joueur indépendant. En attentiste. Est-ce pour mieux faire monter les enchères ? «Met for, gagn for ?» Réponse dans quelque temps, définitivement avant la fermeture du mercato.
Car ce départ de Joomaye du MMM pourrait avoir eu pour conséquence d’ouvrir la boîte de Pandore. Et de provoquer un effet boule de neige parmi ceux de nos députés qui ne se sentent pas à l’aise au sein de leur parti respectif. On pourrait citer, mais toujours au conditionnel, des «vieux» joueurs comme Jean-Claude Barbier ou Joe Lesjongard du côté du Mouvement patriotique d’Alan Ganoo, qui ont jusqu’à tout récemment exprimé certaines réserves, voire des désaccords avec la ligne politique de leur parti. La députée indépendante, ex-MSM, Danielle Selvon, qui pourrait se dire qu’avec la nouvelle donne Joomaye, il serait peut-être temps de changer d’équipe (ou d’effectuer un retour au bercail). Ou encore, un autre de ces députés du MMM qui restent mais, qui selon Zouberr Joomaye, n’en pensent pas moins ? Voire, un député du Parti travailliste ?
Et la majorité dans tout ça ? Le député trublion du n° 6, Sangeet Fowdar, fait régulièrement parler de lui. Pour ses prises de position et ses coups de gueule qui égratignent le gouvernement. Partira, partira pas ? Et le PMSD ? Les Bleus sont comme les chats : ils finissent toujours par retomber sur leurs pattes. Même dans les pires scénarios. Si la barque Lepep continue à faire eau de toutes parts, cela n’étonnera personne de voir le PMSD abandonner le navire le moment venu. Pour mieux rebondir dans une autre équipe, de «champions» cette fois ?
Nous sommes, théoriquement, à trois ans des prochaines élections. On parle ces jours-ci de la reforme électorale, qui tarde à montrer le bout de son nez. Et qui, on l’espère, portera dans sa besace des règlements contre ce type de mercato évoqué plus haut. Afin d’avoir un système électoral vraiment «free and fair». Propre. Et qui sait, peut-être que le voeu de Zouberr Joomaye d’avoir une classe politique rajeunie, débarrassée des vestiges de notre passé colonial – tel le «Best Loser System» – et résolument tournée vers l’avenir, se réaliserait dans un futur proche. D’ici là, espérons que les jeunes s’intéresseront davantage à la chose politique, assez en tout cas pour y participer activement. Sans attendre ni prime de transfert, ni salaires mirobolants, ni offre publique d’achat…
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