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Cancer du col de l’utérus: la prévention débute tôt

23 août 2016, 05:52

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Cancer du col de l’utérus: la prévention débute tôt

 

Protéger les femmes de demain contre le cancer du col de l’utérus. Tel est le but de la campagne de vaccination qui a été lancée, jeudi dernier, dans les écoles primaires. Causes, traitements et préventions… voici ce que vous devez savoir sur cette maladie.

«Le cancer du col de l’utérus naît quand les cellules de la partie inférieure de l’utérus sont infectées», explique le Dr Anand Mokoonlall, gynécologue. Ce cancer gynécologique, comme l’indique le spécialiste, est dû principalement au Human Papilloma Virus (HPV), un virus contracté lors de rapports sexuels. Si chez certaines femmes, le HPV peut causer des verrues génitales sur le col de l’utérus qui peuvent souvent être éliminées, dans quelques cas l’infection persiste. Transformant ainsi les cellules en lésions précancéreuses, ensuite cancéreuses, et éventuellement en tumeur quand les cellules se multiplient à un rythme incontrôlé.

Il convient de savoir que plusieurs facteurs augmenteraient le risque de contracter ce cancer. «Entre autres le fait d’avoir de nombreux partenaires sexuels», soutient le gynécologue, ajoutant que cela multiplierait les risques d’infections par HPV. Autres facteurs : «Devenir sexuellement active à un jeune âge, ou encore beaucoup fumer.»

Si le cancer touchait auparavant des femmes dans une tranche d’âge de 40 à 50 ans, le gynécologue souligne que les plus jeunes peuvent désormais être atteintes de cette maladie. «J’en ai moi-même été témoin quand j’ai découvert qu’une de mes patientes, âgée de 23 ans, avait ce cancer», note le Dr Anand Mokoonlall. Ce cancer peut, cependant, être évité par deux moyens de prévention, poursuit-il.

La première méthode est une prévention primaire: la vaccination chez la jeune fille qui se fait en trois fois. La deuxième dose peut ainsi être administrée un mois après la première dose et la troisième six mois après. «Le Cervarix est un vaccin consistant à protéger contre le HPV qui provoque le cancer du col de l’utérus.»

«Si le risque d’effets secondaires est très minime, – quasi inexistant – des études ont prouvé que le vaccin est très efficace. D’ailleurs l’Organisation mondiale de la santé le recommande.» Or, comme cette injection ne peut traiter le cancer ou le virus et qu’elle agit surtout en guise de prévention avant les premiers rapports sexuels, il est conseillé de «l’administrer à un jeune âge, entre 12 et 14 ans».

Dépistage

Il serait, toutefois, important de noter que la vaccination ne remplace pas le frottis de dépistage qui est la prévention secondaire. Ce dépistage est pratiqué chez les femmes à partir de 30 ans, par un médecin, généralement un gynécologue, en utilisant un spéculum qui permet d’accéder au col. «Le frottis est un test qui permet de prélever des cellules de la surface du col de l’utérus pour qu’elles soient ensuite analysées sous microscope», précise le Dr Anand Mokoonlall.

«Comme tout autre test, il existe un risque que celui-ci ne soit pas exact à 100 % et que les cellules soient étiquetées normales alors qu’il y a une infection du col», fait ressortir notre interlocuteur. D’où l’importance d’avoir recours au dépistage régulier, une fois tous les deux ans.

D’autre part, il est primordial de ne pas confondre dépistage et diagnostic. Car après avoir décelé des cellules anormales lors du frottis, un diagnostic pourra être établi à la suite d’une colposcopie. Cet examen consiste à visualiser les cellules de façon à définir la nature exacte des lésions.

Ainsi, explique le Dr Anand Mokoonlall, les traitements appropriés seront administrés selon le stade du cancer. «À une phase précoce, la conisation, une intervention consistant à enlever une partie du col chirurgicalement, pourra être menée.» La patiente aura aussi le choix de se faire enlever l’utérus totalement si elle le désire.

Par ailleurs, à un stade avancé, soit quand le cancer aura commencé à attaquer d’autres organes, la chirurgie et la radiothérapie seront les traitements proposés. Dans certains cas, la femme atteinte du cancer devra également avoir recours à la chimiothérapie.

Si le cancer du col de l’utérus ne présente pas nécessairement des signes au stade précoce, par contre, à un stade avancé, la femme peut avoir des pertes vaginales abondantes entre les menstruations ou des saignements notamment après les rapports sexuels. Mais comme ces signes ne sont pas toujours dus à la présence d’un cancer, le Dr Anand Mokoonlall conseille de consulter un médecin.

 

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