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Port-Louis: interdits dans la rue que font les marchands?

19 juin 2016, 14:15

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 Port-Louis: interdits dans la rue que font les marchands?

 

Nous nous promenons le long des artères principales de Port-Louis, là où des marchands ambulants avaient jadis pignon sur rue. Que font ceux qui n’ont pas obtenu d’emplacements dans les zones délimitées? Nous rencontrons D., la cinquantaine. Il arpente la rue Rémy Ollier, où il a opéré pendant une quinzaine d’années, avec quelques articles sur les bras. Un autre marchand ambulant s’approche, muni de deux chemises qu’il propose aux passants. Les deux racontent leur quotidien de ces derniers mois quand D. sursaute: «Gard pé vini, zot laba dan kwin sémin!» L’atmosphère se détend quelques instants plus tard… «Zot pa pou vinn par isi.» La conversation reprend.

«Entre les promesses d’emploi et les mesures répressives, qu’ont fait les parlementaires depuis leur élection?» s’insurge l’un d’eux, en évoquant l’augmentation salariale à laquelle auront bientôt droit ces élus. «Tout le monde n’a pas droit aux mêmes chances», poursuit l’autre.

Deuxième arrêt : une aire de stationnement. Le premier espace est désormais occupé par le marsan konfi qui n’opérait pas très loin de là. En compagnie de sa femme et de sa fille. Il s’est arrangé avec le propriétaire du parking pour y opérer, le temps de trouver un autre emplacement. Sa priorité, continue l’homme, est de faire vivre sa famille, quitte à arpenter les rues pour écouler ses produits.

À la rue Desforges, un couloir, encadré de deux magasins. Au fond, d’un côté une boutique d’habillement féminin. De l’autre, un plus grand espace: des vêtements pour dames et une variété d’autres articles. Ce sont des marchands ambulants qui sont désormais locataires. Les langues se délient. Une vendeuse explique qu’ils sont une demi-douzaine à occuper l’emplacement, cotisant les fins de mois pour payer le loyer. «Éna resté dé sémenn apré alé akoz péna lavant.»

La moyenne du loyer varie de Rs 20 000 à Rs 25 000 par mois. Certains marchands ont dû remettre un pas-de-porte équivalant à trois mois de loyer aux propriétaires. Mais ces derniers n’ont pas manqué de faire preuve d’ingéniosité pour mieux attirer de nouveaux locataires, notamment en ne proposant pas de dépôt. D’autres demandent aux locataires d’effectuer eux-mêmes des travaux de restauration.

Un autre interlocuteur confie qu’avec ses colocataires, ils ont dû tout refaire: du revêtement des murs, des travaux de peinture, jusqu’aux luminaires, sans compter tout le système électrique. Il concède toutefois que le fait d’avoir déjà établi une clientèle solide est un avantage dans de telles situations. L’espoir est donc de mise, même si certains marchands n’entrevoient qu’un avenir sombre.

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