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Un nouvel escadron de la mort dans le Sud

26 mai 2016, 13:33

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Un nouvel escadron de la mort dans le Sud

Est-ce qu’un gang organisé opère dans le Sud ? Selon des victimes d’agressions, il y a bien un groupe d’individus qui utilisent la violence pour faire part de son opinion. La police affirme, elle, qu’il n’y a pas de groupe organisé et que tout est sous contrôle.

Le Comité de soutien pour la justice a tenu une conférence de presse à Port-Louis, mercredi 25 mai. Son porte-parole, Riyad Allemuth, déclare que plusieurs personnalités politiques et apolitiques ont été contactées depuis mars aux fins de dénoncer certains membres de ce groupe, mais sans résultat jusqu’ici. «Nous avons fourni des renseignements à la police et avons même rencontré le commissaire de police.»

Certaines «victimes du gang», présentes, ont témoigné à cette rencontre avec la presse. Nicolas Adrien, 34 ans, et son épouse Véronique, du même âge, ont été agressés à deux reprises par ce groupe en octobre 2014. La première agression a eu lieu dans un champ de canne à Saint-Hilaire. Ils revenaient d’une partie de chasse vers 21 heures lorsqu’une vingtaine d’individus leur sont tombés dessus.

Agressée à coups de sabre, son épouse a perdu l’usage de son bras gauche. Quelques jours plus tard, le même groupe s’est présenté chez eux pendant la nuit et a saccagé leur maison. «J’ai reconnu un homme et j’en ai informé la police mais rien n’a été fait. Il n’y a même pas eu une parade d’identification», déplore Véronique Adrien.

Le 25 février 2015, une centaine de personnes ont débarqué chez Das Ramaswamy, habitant Plaine-Magnien et caporal de police à la retraite âgé de 65 ans. Sa maison a été saccagée et son petit-fils de deux ans a manqué de se faire tuer par une roche qui avait atterri dans son lit.

Das Ramaswamy déclare avoir reconnu plusieurs personnes lors de cette attaque et noté les numéros des plaques d’immatriculation des véhicules. Il dit avoir donné ces informations à la police. «Rien n’a été fait et l’information que j’aie est que plusieurs policiers sont affiliés à ce groupe», affirme l’ancien policier.

Incantations

Aslam Noorsing, un garagiste de 27 ans, a eu les poignets tranchés lors d’une agression par une vingtaine de personnes à Cluny, le 2 mars. «C’était un cauchemar : alors qu’une personne me sectionnait les poignets, les autres récitaient des incantations.»

Il affirme avoir identifié le conducteur du véhicule qu’il devait dépanner cette nuit-là et allègue qu’il est celui qui aurait porté le premier coup. Il ajoute avoir divulgué l’identité de cet homme à la police «mais il est toujours en liberté, on ne m’a même pas convoqué pour une parade d’identification».

Toutefois, un visage revient à chaque fois parmi les gens qui auraient été identifiés lors de ces trois agressions. Non seulement cette personne aurait été présente mais elle y aurait même participé, selon les victimes. Il s’agirait d’un habitant du Sud. «Il se croit au-dessus de la loi et il a raison car il n’a pas été inquiété par la police jusqu’à présent», laisse entendre Riyad Allemuth.

Présent aussi au point de presse, le maulana Shameem Khodadin, responsable de la Jummah Musjid de Rose-Belle, explique que son lieu de culte et cinq autres de la région Sud, à savoir Nouvelle-France, Surinam, Britannia, Rivière-des-Anguilles et Tyack, ont été saccagés par le même gang en septembre 2015.

«Heureusement que cela n’a pas dégénéré pour prendre l’allure d’une bagarre raciale. Il faut préserver la paix sociale, l’harmonie dans le pays et arrêter ce gang.» Le religieux souhaite rencontrer le Premier ministre, «le seul qui puisse arrêter cela».

«Il n’y a pas de groupe ou de gang qui sème la terreur», affirme une source des Casernes centrales. «Il n’est pas question de l’existence d’un second escadron de la mort.» La source fait comprendre que le département de la sécurité nationale, aidé des Field Intelligence Officers, «tue la poule dans l’œuf».

C’est-à-dire que dès que l’on apprend qu’un groupe tente de semer la terreur, la police l’informe qu’elle est au courant de ses activités et que ses membres risquent de moisir longtemps en prison selon les dispositions de la Prevention of Terrorism Act de 2002. «Le groupe est vite démantelé.»

De tels groupes qui attaquent des gens, explique la source, ne sont pas organisés mais se composent de «têtes brûlées qui se regroupent pour se venger». Dans les trois cas d’agression cités plus haut, entre deux et quatre personnes ont été arrêtées avant d’être remises en liberté sous caution en attendant que la justice suive son cours.

Le Comité de soutien pour la justice conclut  en disant que si rien n’est fait par la police ou le Premier ministre, ses membres débuteront une campagne à travers le pays contre ce groupe. «Ces gens sont-ils politiquement connectés ? Est-ce la raison pour laquelle ils ne sont jamais inquiétés ?» s’interroge le maulana Shameem Khodadin.

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