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Toilettes publiques insalubres «Les gens pas assez civilisés»
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Toilettes publiques insalubres «Les gens pas assez civilisés»
QUELQUES mètres avant l’arrivée à destination. Une odeur fétide sent à plein nez. Pas de doute : nous sommes bien aux toilettes publiques de la plage de Mon-Choisy. Cette insalubrité n’est pas un cas isolé. Sur d’autres plages, le problème est le même. Pis, à en croire les agents d’entretien des toilettes publiques, il s’aggrave.
En cette période de vacances scolaires, plusieurs familles ont pris d’assaut les plages. Et avec la forte affluence, les agents d’entretien que nous avons rencontrés se disent débordés, voire «découragés» pour certains. Marie Rose Carnelle, une employée de Maxi Clean affectée à la plage de Mon-Choisy, compte 31 ans de service. Et son constat est sans appel : «Les gens ne sont pas assez civilisés, ils ne cessent de salir les toilettes.»
Un constat des lieux suffit à confirmer ses dires : sol jonché de sable boueux, lunettes des toilettes barbouillées d’urine, odeur écœurante… Marie Rose Carnelle raconte qu’elle a souvent essayé de «raisonner» certains pique-niqueurs. En vain. «Quand je leur en parle, ils m’insultent et me disent que je suis justement rémunérée pour nettoyer ces immondices…», lâche notre interlocutrice.
Au cours de sa carrière, poursuit Marie Rose Carnelle, elle a souvent été confrontée à des situations peu commodes. «Parfois les gens m’empêchent de fermer les toilettes à 19 heures.» Dans d’autres cas, «la police a même dû intervenir parce que les gens se montrent violents». Clairement, dit-elle, ce n’est pas un métier de tout repos. «Il faut beaucoup de patience.»
Parlez d’incivisme aux pique-niqueurs, ils répliquent que c’est l’entretien qui fait défaut. À l’instar de Janish Rajanah, que nous avons croisé à Mon-Choisy. «Ces toilettes sont très sales, surtout lorsqu’il y a beaucoup de personnes. Bizin minténir li pli souvan.»
«Lunettes barbouillées d’urine, odeur écœurante…»
Même son de cloche du côté de Trou-aux-Biches. Lutchmee Naraidoo, venu passer la journée à la plage, n’en démord pas: l’entretien des toilettes laisse à désirer. «Ils (NdlR, les agents d’entretien) sont payés mais ils ne font rien», dit-il sans détour. Et de déplorer que les cou- pures dans la fourniture d’eau n’arrangent en rien la situation.
«Pa al laba, li bien sal», nous lance Ami Roseda. Cette employée de Securiclean, assise sur un banc, a les yeux rivés sur une bande d’estivants qui «met lambians» sous un kiosque. «Mo pé atann bann dimounn sorti dan toilet pou mo al nétoyé.» Pour notre interlocutrice, il faut «beaucoup de courage» pour faire ce travail. «Fodé pa délika.»
Direction cette fois la plage de Pointe-aux-Biches. Selon les familles Sewchurn et Daharry, les toilettes y sont mieux entretenues. «C’est assez propre, kapav servi. Mais il faut absolument les rénover», fait remarquer Luxmi Daharry. «Le sol est un peu glissant, c’est surtout dangereux pour les personnes âgées. Mais on préfère venir ici parce que les toilettes sont mieux entretenues qu’ailleurs», renchérit Rajen Sewchurn.
Depuis un mois, c’est Manoo Jirsing qui assure l’entretien de ces toilettes. Il fait le même constat que ses collègues: «Beaucoup de personnes font du désordre et ne respectent pas les normes d’hygiène. Zour apré zour problem-la pé agravé…».
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