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PRB: les moyens à disposition pour augmenter les fonctionnaires

1 avril 2016, 03:54

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PRB: les moyens à disposition pour augmenter les fonctionnaires

Jour J pour les quelque 85 000 fonctionnaires. Iils seront fixés sur la révision salariale dont ils bénéficieront suivant la publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) le vendredi 1er avril. Pour le gouvernement, toutefois, le plus dur est à venir : il aura à trouver Rs 3 milliards pour financer cet exercice. Et, dans la foulée, gérer l’effet en cascade sur l’économie domestique.

Déficit budgétaire

Première garantie de l’économiste Swadicq Nuthay : cette hausse salariale ne devrait pas résulter en une augmentation de l’inflation. «En revanche, prévient-il, le financement de ce rapport devrait creuser le trou du déficit budgétaire.» Deux options s’offrent au gouvernement : utiliser l’arme fiscale ou laisser filer le déficit budgétaire.

«Le déficit budgétaire est estimé à 3,5 % du PIB pour l’année fiscale se terminant au 30 juin 2016. Or, cet exercice budgétaire n’a pas fait provision pour les recommandations salariales du PRB, analyse-t-il. Du coup, si le gouvernement passe la totalité du coût de ce rapport dans le budget de capital, il aura à sacrifier des projets de développement, alors même que le déficit budgétaire dépasserait 4 % du PIB.»

Une solution serait d’avoir recours au Consolidated Fund constitué de «windfall gains» sur la vente de produits pétroliers, remarque Rajiv Servansingh, directeur du groupe MindAfrica et observateur économique. «Ce petit trésor regorge de centaines de millions de roupies qui peuvent être utilisées partiellement pour financer l’application du rapport du PRB.»

 

Autre moyen : l’arme fiscale. «Il est un fait que le gouvernement a, depuis plusieurs mois, maintenu, voire baissé, les prix du mogas et du diesel. Il peut commencer maintenant à passer toute nouvelle augmentation du cours du brut sur les marchés internationaux aux consommateurs», propose Rajiv Servansingh.

Risques inflationnistes

L’injection d’une telle masse d’argent ne risque-t-elle pas de provoquer une hausse de l’inflation ? Non, dit Swadicq Nuthay. Avant de citer un taux d’inflation en territoire négatif (-0,5 % en février 2016) et un niveau de consommation relativement bas. «Aujourd’hui, il faut comprendre que la majorité des salariés, qu’ils soient fonctionnaires ou pas, sont prudents dans leurs achats. Il y a aussi le facteur prix des articles de consommation à prendre en considération.»

Directeur de la défunte Mauritius Employers’ Federation, Azad Jeetun se veut plus nuancé. Une augmentation salariale tournant autour de 15 %, voire plus, devrait augmenter de façon significative la masse salariale dans la fonction publique. «Même si les risques d’inflation ne sont pas réels, il faut afficher la prudence car une accélération de la consommation exercera de fortes pressions sur les prix de certains produits.»

Reste que le profil des fonctionnaires ne plaide pas en faveur d’investissements risqués, dit Rajiv Servansingh. «Les fonctionnaires sont traditionnellement des conservateurs par rapport à la prise de risques. Ils ne vont pas investir à la Bourse ou dans l’or, qui sont des investissements hautement spéculatifs. En revanche, ils vont privilégier des instruments classiques comme le fixed deposit ou les Bons du Trésor

Productivité

Quid de la productivité dans la fonction publique ? À chaque fois que le rapport du PRB est déposé, des voix s’élèvent dans le privé pour que ces révisions salariales soient accompagnées d’une hausse de la productivité. «Il serait utile qu’à l’avenir, le bureau du PRB éclaire les stakeholders sur les gains de productivité, s’il y en a, dans les ministères et autres entités gouvernementales, entre le dernier exercice et l’actuel», avance Jameel Khadaroo, économétricien et Associate Professor à l’université de Maurice.

Il faudrait aussi, poursuit-il, montrer les outils et mécanismes utilisés pour calculer cette productivité. Quoi qu’il en soit, la publication du rapport du PRB en ce vendredi 1er avril risque de mettre le climat social sous pression, avec des revendications salariales venant des employés du secteur privé.

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