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A Lourdes, la guerre des restos mauriciens fait un miraculé…
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A Lourdes, la guerre des restos mauriciens fait un miraculé…
On croyait la solidarité des Mauriciens de l’étranger infaillible. Il faut croire qu’elle peut connaître quelques ratés. Preuve en est, cette guerre des restaurants mauriciens, à Lourdes, dans le sud-ouest de la France.
Pas de victime, presque miraculeusement. Mais une lourde condamnation prononcée mardi : deux ans de prison pour un Mauricien qui projetait de faire sauter le restaurant voisin, tenu par un compatriote.
Les faits remontent à juillet 2013. Charles Joseph, patron de l’hôtel-restaurant Flandria, est arrêté. La faute à pas de chance. Des écoutes téléphoniques diligentées dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants conduisent fortuitement au Mauricien. La conversation interceptée est sans ambiguïté : «On y parle de ‘mitrailler’, de ‘faire sauter’, de ‘casser la gueule’ et ainsi de suite», relate la journaliste de la Dépêche du Midi, qui a couvert l’affaire.
Démasqué in extremis, Joseph avoue tout. Sa cible ? L’Amma, un restaurant situé sur le même boulevard, géré aussi par une famille mauricienne. L’hôtelier recrute un commando de trois hommes. Leur mission : faire sauter la concurrence en posant une bombe au Amma, contre 4 000 euros (Rs 160 000 environ).
Autour des deux établissements, «le conflit de voisinage était bien connu». Mais personne n’avait imaginé qu’il prendrait de telles proportions.
Deux ans et demi plus tard, c’est le procès. Poursuivi pour association de malfaiteurs, Joseph s’est défendu comme il a pu : «Nous sommes très croyants dans ma famille, c’est pour ça que nous sommes venus à Lourdes.» Il a joué les boucs émissaires : «J’ai été constamment harcelé et menacé par les gens (NdlR, les victimes). C’est terrible pour moi d’être incarcéré, loin de mes enfants. Et en plus, c’est la double peine, avec toute la médiatisation qu’il y a eue.»
Cette attitude a eu le don d’agacer le procureur : «Ces faits sont gravissimes. On parle clairement de ‘neutralisation’, d’explosifs, de blessures graves à infliger.» Verdict : 2 ans de prison dont 9 mois ferme.
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