Publicité

Propos controversés sur la méthadone: levée de boucliers contre Anil Gayan

6 octobre 2015, 07:23

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Propos controversés sur la méthadone: levée de boucliers contre Anil Gayan

Les feux des projecteurs restent braqués sur le ministre de la Santé. Après l’Equal Opportunities Commission (EOC) qui avait ouvert trois enquêtes sur Anil Gayan, cette fois c’est l’avocat Rama Valayden qui porte plainte contre le ministre auprès de la commission. Raison: la déclaration à charge du leader adjoint du Muvman Liberater (ML) contre les patients sous traitement de méthadone lors d’une réunion politique.

 

Rama Valayden invite l’EOC à ouvrir une enquête à la suite des propos d’Anil Gayan à Rose-Hill, le 1er octobre. Le ministre de la Santé avait déclaré : «Il (NdlR : Rajesh Bhagwan) a remporté les élections par 400 voix aux législatives. Samem kan monn vinn minis lasante monn met tou metadonn déor.»

 

Dans sa lettre à Brian Glover, Rama Valayden indique même comment retrouver cette déclaration. L’ancien Attorney General explique que le National Security Service garde un enregistrement de toutes les déclarations faites lors d’un meeting public et des experts sont aussi présents pour transcrire les enregistrements. Cette déclaration peut aussi être obtenue à travers l’Independent Broadcasting Authority, car elle a été diffusée sur deux radios privées, le vendredi 2 octobre, ainsi que dans la presse écrite.

 

Déclaration explicite

 

Rama Valayden affirme à l’EOC que cette déclaration d’Anil Gayan est explicite et couvre toutes les formes de discrimination. «Ce qui a été dit ne peut être toléré. C’est insultant et discriminatoire», a-t-il déclaré à l’express.

 

Du côté de la classe politique aussi, les critiques fusent de toutes parts à l’égard du ministre de la Santé. «Le MMM demande qu’Anil Gayan soit remplacé pour toutes ses frasques. Si SAJ est un Premier ministre digne de ce nom, il devrait le révoquer lui-même. Anil Gayan va trop loin et son leader le tolère, on ne comprend pas comment Ivan Collendavelloo peut défendre l’indéfendable. Il faut prendre des sanctions avant que les choses n’empirent», martèle Ajay Gunness, secrétaire général du MMM.

 

Du côté du PTr, aussi, on s’insurge contre le leader adjoint du ML. Les travaillistes estiment qu’il a dépassé les limites et doit être rappelé à l’ordre. Arvin Boolell n’y va pas par quatre chemins: «J’étais outré quand Anil Gayan avait commenté avec dédain le fait que Shakeel Mohamed soit leader du groupe parlementaire du PTr. Je ne m’attendais pas à cela et il agit avec arrogance et provocation. Sa déclaration concernant les patients à la méthadone est condamnable et blessante, pas uniquement pour les victimes, mais pour leurs familles aussi. Gayan doit mesurer ses propos et il ne faut pas continuer à le soutenir. Cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait une motion de censure contre lui

 

Nando Bodha, le secrétaire général du MSM, est resté injoignable. Et si le ministre orange Sunil Bholah a rappelé que le ministre de la Santé a déjà présenté ses excuses, il n’a toutefois pas souhaité faire de commentaire officiel, tout comme ses collègues de parti. Même réaction du côté du PMSD: aucun membre sollicité n’a voulu s’exprimer.

 

Démission d’Anil Gayan réclamée

 

Quant aux ONG, elles préparent aussi leur offensive. Elles envisagent d’envoyer une lettre au Premier ministre réclamant la démission d’Anil Gayan, estimant que ce type de dérive est inadmissible. De plus, selon plusieurs responsables, les explications qu’il a données par la suite ne tiennent pas la route et sont contradictoires. Avec leurs conseils juridiques, ils envisagent aussi de déposer une seconde plainte devant l’EOC.

 

Les déclarations successives du ministre sur le fonctionnement et les actions des ONG avaient déjà, en début d’année, suscité une levée de boucliers. Les chiffres énoncés par le ministère pour juger les actions des ONG étaient systématiquement contestés par les responsables de celles-ci. Et la déclaration d’Anil Gayan sur les salaires des responsables d’ONG qui gagneraient plus de Rs 250 000 par mois avait tué dans l’oeuf tout espoir de collaboration entre le ministère et les associations.

 

L’express a envoyé des questions au leader du ML, Ivan Collendavelloo, concernant les propos tenus par son adjoint, mais à l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avions reçu aucune réponse.

 


 

 

Les faux pas d’Anil Gayan

 

 

■ Au Parlement, en réponse à une question sur la nomination de Vijaya Sumputh: «Government is government, and government decides!» L’EOC avait ouvert une enquête.

 

■ Le commentaire jugé communal sur le fait que Shakeel Mohamed soit leader parlementaire du PTr.

 

■ «Brian Glover était un candidat du PTr et il a un agenda politique. S’il a de la décence il devrait démissionner.» Déclaration faite à l’express contre le président de l’EOC dans le cadre de l’enquête sur la nomination de Vijaya Sumputh.

 

■ «Il (NdlR : Rajesh Bhagwan) a remporté les élections par 400 voix aux législatives. Samem kan monn vinn minis lasanté monn met tou métadonn déor.»

 

■ Une visite à l’hôpital Brown-Séquard lors de laquelle les sacs des infirmiers ont été fouillés.

 

■  «Je n’ai pas voulu être ministre de la Santé», déclarait Anil Gayan dans les locaux de l’ONG PILS.

 

 

 

Publicité