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MBC : 10 pistes pour le prochain directeur général
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MBC : 10 pistes pour le prochain directeur général
Ça ne va pas fort du côté de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Entre les dettes, le renvoi de l’ancien directeur général (DG) Pritam Parmessur, les critiques, les employés ne savent plus sur quel pied danser. Que faut-il revoir? Voici quelques suggestions et interrogations qui pourraient aider le prochain responsable de la station de radiotélévision nationale dans sa tâche.
1. «Mentalité»
Un esprit de soumission au gouvernement du jour a toujours plané dans les locaux. Dans certains bureaux, la photo du Premier ministre guette tout ce qui se trame. Cela se sent, et se voit, dans les JT et autres émissions. Pire, cela a une importante incidence sur les opérations internes avec le protectionnisme causant des allers-retours entre le placard et le projecteur, dépendant de la couleur politique. Or les articles 3 (3) et 4 (a) de la MBC Act stipulent clairement que celle-ci opère de manière indépendante et impartiale. À quand le changement?
2. Stratégie numérique et les nouveaux médias
Comparée à la BBC des années ’90, la MBC semble déjà archaïque. Désormais, à l’ère numérique et de la concurrence d’Internet, la compagnie n’a absolument aucune stratégie numérique. Elle souffre du vieillissement de son audience. Sur son compte YouTube, la MBC ne compte que quelque 3 200 «subscribers».
Sur Facebook, chaque animateur semble avoir créé une page. L’interactivité à l’antenne se limite aux dédicaces par SMS alors que le vote des téléspectateurs lors des émissions de téléréalité est banalisé dans le monde entier. Au moment où la télé se veut à la demande et non-linéaire, la MBC a un énorme retard à combler.
3. Logo
Il a fait son temps et est aujourd’hui dépassé, d’autant qu’il traîne avec lui l’image de cette MBC victime des abus de tous les partis politiques qui se sont retrouvés au pouvoir. Cela peut paraître accessoire, mais une nouvelle MBC – nouvelle mentalité, nouvelle ligne éditoriale, nouvelle qualité, nouvel habillage, nouveaux programmes – mériterait bien un nouveau logo, plus frais, plus léger, plus moderne. Cela faciliterait, au passage, le développement d’un habillage d’antenne beaucoup plus artistique.
4. Habillage d’antenne
C’est la vitrine d’une chaîne. La beauté et l’homogénéité des jingles et des génériques reflètent la beauté de la chaîne. Prenez le temps d’analyser ces petits écrans de deux secondes que proposent M6 ou TF1 juste avant ou après la pub et comparez-les aux écrans 3D archaïques de la MBC. Et là, plus beau ne veut pas dire plus cher. Le marché des jingles et des graphiques s’est complètement banalisé ces dernières années. Il suffit de cliquer sur le lien suivant : www.envato.com, pour trouver de tout et pour pas cher...
5. Pub
La MBC croule sous les dettes. Elle est pourtant en situation de monopole et jouit en plus de la manne de la redevance. Une télé comme celle-ci, dans une société de consommation qu’est la nôtre, devrait crouler sous les demandes publicitaires. Or, les recettes sont infimes. Un publicitaire explique que ses clients ciblant une certaine niche refusent catégoriquement l’option de la MBC puisque c’est «dévalorisant» et la compagnie doit donc se contenter de la pub pour les produits de grande consommation offerts à bas prix. À méditer...
6. Programmation
C’est un des plus gros défis que doit affronter la MBC. Comment, sans argent, trouver un meilleur contenu pour attirer les téléspectateurs et donc les annonceurs? La clé du succès se trouve à la sortie de ce cercle vicieux. Il faut un directeur des programmes créatif, avec un carnet d’adresses mondiales, qui comprend les mutations de la société mauricienne et surtout ouvert aux productions locales. Tout en sachant que d’excellents vidéographes et producteurs privés locaux se contentent aujourd’hui de filmer des mariages ou de faire des vidéos «corporate».
7. Décor studios
Trop statiques et pas du tout artistiques, les plateaux de la MBC ne donnent pas «envie». Ici encore, la qualité ne coûte pas forcément plus cher d’autant plus que la MBC est déjà dotée d’excellents équipements. Mais ceux-ci sont trop peu utilisés. Pourquoi, par exemple, ne pas dépoussiérer les grues dont dispose la compagnie pour proposer des plans mobiles et filmés en hauteur? L’on note tout de même, depuis un certain temps, un petit effort au niveau du mobilier des studios...
8. Ligne éditoriale
Pour l’heure, celle-ci est purement gouvernementale et ministérielle, ce qui explique pourquoi le JT est tellement impopulaire. La MBC devrait se débarrasser de ses complexes vis-à-vis de ses compétiteurs. Elle doit se permettre de parler de sujets populaires même s’ils fâchent le pouvoir. C’est ce que veut l’audience et aussi longtemps que la MBC nagera à contre-courant, elle s’éloignera encore plus de ses téléspectateurs. Cette ligne éditoriale ministérielle est aussi contre-productive puisqu’elle n’incite pas les journalistes, vidéographes et monteurs à être créatifs. Pour eux, il n’y a aucun challenge, puisque de toute façon, seuls la couleur et le «backing» politique comptent.
9. Vous avez dit «religion»?
Le crédit reviendra au gouvernement qui aura le courage d’amender la MBC Act pour que les programmes religieux ne soient plus obligatoires. L’article 4 (f) impose à la MBC une balance juste dans l’allocation de son temps d’antenne pour les courants religieux. Pourquoi la MBC doit-elle produire du contenu religieux? Ce n’est pas son rôle.
Bien sûr, étant quasi nationales et étant des sujets de société, l’Eid, le Maha Shivaratree, la Pâques et les autres fêtes religieuses doivent figurer – avec une réflexion éditoriale rigoureuse et créative – dans les JT. Mais ce n’est pas à la MBC de fournir des heures d’antenne aux émissions religieuses. Pour cela, il existe des chaînes thématiques câblées ou en ligne. Sinon, on n’aurait qu’à prier pour la MBC et tout irait mieux!
10. Des chaînes en trop
Pourquoi tant de chaînes pour une télé qui ne marche pas et qui croule sous les dettes? Dans des sondages internes à la compagnie, certaines ne sont regardées que par 1% des téléspectateurs de la MBC. Qui dit chaînes, dit contenu, et qui dit contenu dit coûts. Au lieu d’être médiocre sur 14 chaînes, ne vaut-il pas être bon – et surtout rentable – avec une, deux ou trois de ses chaînes?
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