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Santé: Dépendance à l’alcool : un mal qui nous guette

18 août 2015, 09:24

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Santé: Dépendance à l’alcool : un mal qui nous guette

«Le taux de dépendance à l’alcool est plus élevé à Maurice que dans d’autres pays se trouvant dans la région africaine». C’est ce qu’arévélé le Global Status Report on Alcohol and Health 2014 de l’Organisation mondiale de la santé. Etselon Priscilla Martial, directrice thérapeutique chez Étoile d’Espérance, «nous voyons de plus en plus une féminisation de l’alcoolisme». Comment devient-on dépendant de l’alcool ? Comment s’en sortir ? Voici quelques pistes.

 

«On devient dépendant de l’alcool quand on en prend pour calmer quelque chose, une tristesse ou un stress, quand sa consommation devient régulière et qu’on ne peut plus s’en passer», explique notre interlocutrice.«Quand on parle de dépendance à l’alcool, il ne s’agit pas du taux d’alcool consommé : une personne peut être dépendante avec un verre.»

 

La dépendance à l’alcool, c’est aussi avoir tendanceà se sentir bien seulement lorsqu’on a bu. «Cet état des choses fait qu’on est alors constamment à la recherche d’alcool. (…) La vie s’organise autour de sa recherche», souligne Priscilla Martial.

 

Quand la personne dépendante de l’alcool arrête sa consommation, elle est en proie à de terribles souffrances autant physiques que physiologiques. Parmi les symptômes dont elle souffre, on note les tremblements, la sudation, les troubles du rythme cardiaque, l’angoisse, et le delirium tremens, soit un état d’agitation accompagné de troubles de la conscience et de fièvre, entre autres.

 

«UN COMBAT À VIE»

 

On a tort de croire que la seule volonté suffit pour arrêter de consommer de l’alcool. «La dépendance à l’alcool est une maladie. Et le sevrage doit être accompagné de l’avis d’un médecin», avance notre interlocutrice. La privation brutale d’alcool sans contrôle médical peut être mortelle. La personne malade doit donc être soumise à une cure médicamenteuse accompagnée d’un suivi thérapeutique.

 

Selon notre interlocutrice, chaque année un peu plus de 200 cas de femmes souffrant de problèmes liés à l’alcool sont recensés au Brown Sequard Mental Hospital, à Beau Bassin. «Nous nous en occupons de près de 80 femmes par an. Nous les suivons pendant 1 an et trois mois. Dans ces cas, 50 % d’entre elles réussiront leur sevrage mais comme le suivi s’arrête à un moment, nous ne savons pas si elles rechutent, indique l’interlocutrice. La rechute fait partie de cette maladie.»

 

Cette rechute souvent accompagnée de honte est parfois difficile à vivre. Mais Priscilla Martial encourage tous ceux qui se trouvent dans cette situation de reprendre le combat contre l’alcool. C’est «un combat à vie. Une personne malade de l’alcool qui est arrivée à se sevrer ne devra plus toucher à l’alcool pendant toute sa vie».

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