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On a testé: le Rocher à Grand-Baie et le Ritz à Mont-Choisy
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On a testé: le Rocher à Grand-Baie et le Ritz à Mont-Choisy
Un samedi soir, après un anniversaire dans le Nord, on a voulu se changer les idées. Et, en même temps en profiter pour varier le contenu de cette rubrique et vous embarquer avec nous jusqu’au bout de la nuit. Cap donc sur Le Rocher et le Ritz, deux boîtes de strip-tease qui ont leurs clients discrets et réguliers, à partir de minuit. Quelques barres de pole dance, une lumière tamisée, des filles qui s’échauffent au bar en remuant les poignets, un peu comme des athlètes qui vont prendre un nouveau départ, le bâton du témoin en main… Découverte, à pas feutrés, du royaume des effeuilleuses anonymes.
HEURE : Il est 22h30, on a fini les apéros dans deux bars presque vides qui se situent côte à côte à Grand-Baie. Il fait froid, le temps est maussade ce soir. Il pleut par à-coups. Et l’on se dit : c’est l’heure d’aller tâter le terrain au Rocher, qu’on connaissait un peu quand il était à quelques mètres du collège du Saint-Esprit, à Quatre-Bornes. Depuis, le club et ses activités nocturnes, qui avaient choqué les esprits prudes de l’époque, ont déménagé à Grand-Baie, au coeur de la nite-life, où marins étrangers, jeunes excités et filles libérées se croisent, sous des néons qui rendent les sourires et les boissons fluorescents.
Mais on se retrouve seuls à l’intérieur – seul un groupe de filles se concerte en cercle, au milieu d’un frêle jeune homme qui semble être le manager des lieux. Un serveur, au ventre pas du tout sexy, me propose un tabouret au bar, où deux jeunes filles en nuisette rose à pois noirs sont plantées. «Il faut patienter, cela va commencer dans pas longtemps.» Nous attendrons près d’une heure avant que la première fille fasse son apparition au son d’une musique techno… Le spectacle est soigné. On restera un bon bout de temps.
Et puis on est allés à Mont-Choisy, au Ritz. Parking discret. Un homme qui nous accueille rapidement et nous indique des escaliers. On pousse une porte. Un bar, une quinzaine de personnes, un podium, une barre, et une musique de variété. C’est moins cossu et plus glauque qu’au Rocher…
SPECTACLE : Nous sommes surtout venus boire un coup et explorer l’univers de ces boîtes de strip-tease qui ne font de la publicité qu’à travers le bouche à oreille ou par… textos (vous comprendrez pourquoi plus tard). Contrairement à l’Europe, l’Asie ou aux States, c’est clair que le strip-tease mauricien n’est pas encore devenu un phénomène de mode ou de grande consommation. La preuve : nous ne connaissions que deux endroits qui proposent des séances d’effeuillage. Le strip-tease mauricien, maladroitement certes, a trouvé ses repères (repaires) et ses acteurs – qui font tourner une petite économie underground – qui existent en complémentarité et pas forcément en opposition aux discothèques du Nord.
Constat : c’est la première fois que nous voyons nos compatriotes s’essayer à l’effeuillage. On craignait le pire. Mais il faut y aller avec l’esprit ouvert pour comprendre que le strip-tease se met au goût du jour et au diapason de notre société. On a vu des filles de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Il ne manquait que, si l’on milite pour l’égalité des sexes comme nous, des garçons pour les rares femmes qui viennent, au bras de leur partenaire. Et ce spectacle fait partie des entertainment realities, que l’on aime ou pas. Ce soir, la performance éprouvée des strip-teaseuses nous a invités à revoir cette discipline avec légèreté – dans le but avoué d’écrire ce texte. Et pour qu’on ne dise pas qu’on passe notre temps à manger au resto...
Au Rocher, à Grand-Baie, malgré le côté obscur, le striptease met tant bien que mal l’accent sur la beauté du spectacle, calqué sur ce qui se fait ailleurs, bien évidemment, et préfère la suggestion au vulgaire. Pas de séga, pas de chansons en bhojpuri. Emma, 29 ans, comme la plupart des strip-teaseuses rencontrées, ne souhaite pas en faire son métier. C’est pour elle juste un «loisir sain», sa façon à elle, nous dit-elle sans détourner le regard, de faire «du sport tout en restant féminine et sexy». Elle me fait un compliment sur ma veste – elle cherche en fait à communiquer, et me glisse dans l’oreille qu’elle va «bientôt on stage»… Voilà ce qui se passe dans la tête d’une fille mauricienne qui s’essaye au striptease. Ailleurs, on pense que cela doit être la même chose. Il faut avoir confiance en soi et si on t’admire, ce n’est pas parce que tu montres ton corps, même si tu es à quatre pattes dans la position du «reverse»…
Au Ritz, à Mont-Choisy, le spectacle est moins réussi, et a un côté légèrement vulgaire. Les filles sont plus enveloppées, même si elles ont l’air de faire de la pub pour une boutique de lingerie fine… Elles ne sont pas bien entraînées, et apprennent visiblement à être sexy en talons aiguille, désirables, à l’aise avec leurs formes et leurs courbes, se sentir désirées, par un public d’hommes (on n’a vu que deux couples discrètement assis dans un coin plus sombre), sur un podium d’effeuillage…
SERVICE : Au Rocher, les serveuses en culotte courte viennent nous demander à chaque minute si on veut un autre verre – même quand votre verre est à moitié rempli. Les danseuses, une fois leur «danse» finie, viennent à la rencontre de leur (maigre) public ; elles vous serrent la main, et proposent de prendre un verre avec vous. Devinez qui paye ! Elles proposent, dans la conversation, une danse privée. Mais rien de trop osé, un lap dance, à la rigueur top less. Au Ritz, les filles sont plus entreprenantes. Et peuvent se coller à vous. Mais dans les deux cas, il faut dire que c’est régulé – pas de prostitution ! Ce qui est bien. C’est pour se rincer les yeux seulement. En revanche, une fille est venue carrément me demander mon numéro de portable. «Mo pou avoy twa mesaz, mo fer sexto tou, mé pa ar tou dimounn.» Comment est monnayé ce service ? «Nou met dialog, apré nou met randévou pou koz kozé é to kapav buy mwa enn dé drinks…» C’est l’invitation la plus osée qu’on ait eue….
VALUE FOR MONEY : On ne saurait vous dire ! Mais l’entrée, au Rocher, c’est Rs 1 000 par mâle, et au Ritz c’est à Rs 600 – la différence de prix est visible à l’oeil nu. Les boissons coûtent dans les Rs 300. Conseil: les deux lieux restent glauques, malgré tout. Il faudrait y créer une ambiance plus festive, au lieu d’avoir juste des filles qui, manifestement, ne maîtrisent pas les techniques du pole dancing. Sauf au Rocher, pour la star des lieux, qui ressemble un peu à Lady Gaga et qui peut tout faire avec le pole ! Pour les femmes, il faudrait aussi des chippendales. Et souhaitons que ces endroits puissent contribuer à «défrustrer» certains sadiques qui ont des yeux rivés aux fesses des femmes dans la rue ou au bureau…
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