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Pour Paul Bérenger, c’est échec et maths

22 juin 2015, 08:06

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Pour Paul Bérenger, c’est échec et maths

C’est évident, le boss du MMM n’a pas la bosse des maths. Déjà, l’année dernière, nous avions vu ses limites en arithmétique électorale. À sa décharge, il n’était pas le seul. Mais là, quand même ! Avez-vous vu comme il s’est fracassé sur un problème de niveau Std 1 ? Le libellé disait ceci : «Aux élections municipales, le gouvernement obtient 120 sièges et l’opposition aucun. Qui a remporté le scrutin ?» Pour vous et moi, qui avons un minimum d’hygiène algébrique, la réponse est évidente. Elle ne l’est pas pour M. Bérenger.

 

Je sais. À vos yeux, ce monsieur ne croit aux chiffres que lorsqu’il les a lui-même falsifiés. Sur ce terrain, il faut le reconnaître, il est champion du monde, une sorte de Cristiano Ronaldo de la mauvaise foi, en encore plus fort. Quand il a explosé un record, il est capable d’en battre un nouveau. Même châtié 120-0, il peut vous vendre un triomphe ! J’exagère à peine. Depuis mercredi, M. Bérenger nous explique que le MMM est le premier parti du pays.

 

Son raisonnement est le suivant : le MMM a obtenu 31,3 % des suffrages, contre 27,3 % au MSM, 15,8 % au PMSD et 11 % au ML.

 

Évidemment, vous tiquez. Pourquoi diable n’ont-ils aucun élu ? N’y a-t-il pas un truc qui cloche ? Bien. Je vois que vous suivez. Effectivement, M. Bérenger a omis un détail. Un petit détail qui s’appelle l’alliance Lepep et qui fait que les Mauves présentaient autant de candidats (120) que leurs trois adversaires réunis (60 MSM, 34 PMSD, 26 ML). D’où le classement biaisé de notre Nobel de mathémanip’. Attention ! Je ne dis pas qu’il l’a fait sciemment. Je constate juste que le matamore du MMM déteste les maths à mort !

 

M. Bérenger, jamais en reste quand il s’agit de raconter n’importe quoi avec un aplomb qui n’est qu’à lui, compare ce qui n’est pas comparable. Certes, le MMM est devant en termes de suffrages. Mais ce parti alignait, en moyenne, trois fois plus de candidats que les autres ! Emporté par son élan, notre matheux acrobate n’a pas vu la situation de proportionnalité. Poser une règle de trois est pourtant une compétence que l’on exige au cycle primaire. Comme quoi, on peut être un cancre de 7 à 70 ans et devenir Premier ministre dans l’intervalle. Et ça, pour nous, parents, c’est rassurant.

 

Le problème, c’est qu’à prendre les choses sous l’angle mathématique, on douche facilement l’enthousiasme militant. Un tableau de proportionnalité montre en effet que le parti plus performant des municipales n’est ni le MMM, ni le MSM, mais le PMSD. Eh oui. Les coéquipiers de XLD possèdent le meilleur ratio nombre de candidats/ suffrages obtenus. Le MMM, lui, a le plus mauvais ratio. Ou comment un produit en croix crucifi e un raisonnement !

 

On comprend alors à quel point M. Bérenger a raison de contourner la mathématique. Cette science est trop dangereuse pour lui : elle dévoile ses supercheries. CQFD.

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