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En attendant Sepp
C’est fascinant, quand on y pense : les plantes peuvent nous amener tellement haut ! Ameenah GuribFakim et les Tiken Jah Fakolysés de Grande-Rivière-Nord-Ouest savent de quoi je parle. Probablement aussi Patrick Assirvaden. Songez à cette phrase irréelle crachouillée mercredi après la quatrième arrestation de Navin Ramgoolam : «Le Parti travailliste sortira grandi de tout cela.» Je l’écris avec admiration, réussir à sortir une phrase aussi dénuée de sens confine au génie.
Le drame de la drogue, c’est bien connu, c’est l’escalade. Pourtant, on m’affirme le contraire. La plupart des études sérieuses prouveraient que l’immense majorité des consommateurs ne passent jamais du doux au dur. L’exemple de M. Assirvaden montre que cet optimisme est à revoir. En même temps, personne n’a envie d’accabler le garçon. Voyez l’engrenage infernal dans lequel a été pris le malheureux. Il y a six mois, il se voyait ministre. Aujourd’hui, on le retrouve président d’un parti plaqué si fort dans la boue et les querelles intestines qu’il est infoutu de présenter des candidats aux municipales. Vous me direz, ce forfait est tactique. Par les temps qui courent, il est plus facile de tomber sur une 250e interview de la cheftaine de l’État que sur un électeur travailliste, ce qui nous amène à cette conclusion affligeante : dimanche prochain, le Party Malin fera plus de voix que le PTr. On s’étonne, après, qu’ils aient besoin de se chanvrer les idées !
Au registre des plus enfumés, tout de même, on s’en voudrait de passer sous silence cette saillie mémorable d’Anil Bachoo. C’était dans la «Minute Info» de jeudi qui l’interrogeait sur son éventuel retrait du parti le temps que l’enquête (pour trafic d’influence) le concernant soit bouclée : «Il n’en est pas question du tout ! répondait-il. Si je me retire, la plupart au Parti travailliste devront se retirer.» C’est fascinant comme aveu. «T’as été arrêté, toi, dans l’affaire Betamax ? Euh non, mais Anil a l’air de dire que c’est pour bientôt.»
Résumons la situation dans sa brutale vérité : un sombre avenir s’annonce pour ce pauvre Parti travailliste. Entendons-nous. Je ne suis ni sondologue, ni politolâtre, je ne fonde ce propos sur le travail d’aucun expert. C’est bien pourquoi je sais ce que je dis : le PTr a du souci à se faire. Il suffit, pour s’en convaincre d’étudier un élément objectif, la liste des gens qui entendent l’aider : Patrick Assirvaden, Anil Bachoo, Navin Ramgoolam. Dites ce que vous voulez. Tenter de redorer son image avec un casting pareil, ce n’est pas un bon présage. À ce train, dans trois mois, il ne faudra pas s’étonner si Sepp Blatter demande l’asile politique au Parti travailliste.
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