Publicité
À neuf ans: l’impossible rêve d’une vie normale pour Tayseer
17 mars 2015, 07:11
Par
Partager cet article
À neuf ans: l’impossible rêve d’une vie normale pour Tayseer
Comme tous les parents, Naushad et Rubeenah avaient eux aussi rêvé d’une vie normale avec leur enfant. Malheureusement, le destin en a décidé autrement. Car leur fils unique, Tayseer, aujourd’hui âgé de neuf ans, est né handicapé. Médicalement parlant, Tayseer est né avec une défaillance, il est un paralysé cérébral.
Ne pouvant ni marcher, ni parler, il tarde à grandir. En arrivant chez le couple Oozeer, on comprend tout de suite que le monde de Tayseer tourne autour de sa maison, de sa mère Rubeenah qui s’occupe de lui nuit et jour et de son père Naushad qui travaille comme gardien de sécurité au Caudan, à Port-Louis.
Chaque pièce transformée en un terrain de jeu
Afin qu’il se sente plus à l’aise, ses parents ont carrément transformé chaque pièce de leur maison en un terrain de jeu pour leur fils. Dans chaque chambre, on trouve un matelas et les jouets de Tayseer qui traînent partout.
«Vu qu’il ne marche pas, il se déplace partout dans la maison en rampant et il joue. Les matelas l'empêchent de se blesser et de se retrouver par terre. C’est un peu la raison pour laquelle on a préféré mettre des moquettes partout sur le sol», explique Rubeenah.
Malgré ses neuf ans, Tayseer est toujours comme un bébé. Avec beaucoup de tristesse, sa mère nous raconte que pendant les neuf mois de sa grossesse, tout s’est bien passé. «Tou ti korek ziska inn ariv ler pou akouse. Monn tarde pou gagn li. Antretan, mo baba inn toufe ek linn ne kumsa», raconte Rubeenah.
Au début, les médecins lui avaient annoncé qu’à la longue son fils aurait peut-être des troubles au niveau du cerveau. Mais les parents étaient loin d’imaginer qu'il serait handicapé. Ce n’est que huit mois après sa naissance qu’ils découvrent que Tayseer avait un problème grave.
«Li pa ti pe grandi»
«Nous avons constaté qu'à huit mois, il ne grandissait pas», dit Naushad. Dès lors, Tayseer débute des traitements à l’hôpital de Flacq. Aujourd'hui, il n’est plus sur médication mais de temps à autre il doit être confié aux médecins pour le suivi.
«Ce n'est pas facile pour la famille», indique Rubeenah en faisant état de leur situation financière. Désormais, elle dépend uniquement du salaire de son époux car elle doit consacrer tout son temps à son fils et ne peut prendre d'emploi.
Pourtant, le couple doit absolument trouver plus de Rs 5 000 mensuellement pour leur fils . «Li gagn zis enn ed sosyal de Rs 3 800 sak mwa. Sa pa asé ditou», fait comprendre Rubeenah.
N’étant pas un enfant comme les autres, Tayseer doit suivre un régime à base de lait et de céréales. «Il ne peut macher sa nourriture, nous devons donc lui donner à manger comme un bébé», confie Naushad. De plus, il lui faut des couches.
Pour mieux aider au développement de leur fils, Naushad et Rubeenah l’ont à un moment emmené à l’école de l’APEIM, à Trianon, mais ils ont dû cesser peu après car ils ne pouvaient payer le taxi pour le trajet. «Avek sitiasion ki nou été, li pa ti fasil. Nou ti anvi ki apar lakaz li gagn lezot distraksion», explique Naushad.
Pas de pension
Rubeenah s'est, elle, renseignée auprès de Sécurité sociale. Un officier lui aurait dit que Tayseer étant encore un enfant, il ne peut bénéficier d'une pension. «Je ne bénéficie même pas d’une carer’s allowance», déplore-t-elle.
Pour cette famille, son unique souhait est de voir son fils grandir bien malgré son handicap. «Nous ne savons plus à quelle porte frapper afin qu’en fin de compte cet espoir se concrétise», conclut Naushad.
Publicité