Publicité

La CTSP exige une enquête sur les conditions d’emploi des travailleurs étrangers

30 décembre 2014, 14:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La CTSP exige une enquête sur les conditions d’emploi des travailleurs étrangers

L’appel est lancé. Si le ministère du Travail n’ouvre pas une enquête sur la situation des travailleurs étrangers à Maurice, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) ira en Cour suprême. Lors d’un point de presse ce mardi 30 décembre, le syndicat a dénoncé les mauvais traitements que subiraient certains travailleurs étrangers.

 

La CTSP a évoqué le cas d’une ressortissante bangladaise de 43 ans, récemment employée comme bonne à tout faire chez une Mauricienne résidant à Sodnac. Ces six mois passés à Maurice auraient été un calvaire pour cette travailleuse étrangère. Cette dernière soutient avoir été «malmenée, séquestrée et battue» par sa patronne. Le cas a été rapporté à SOS Femmes, qui a référé la Bangladaise à la CTSP.

 

Selon le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, la ressortissante bangladaise aurait été remerciée. Mais sa patronne aurait indiqué qu’elle avait quitté son poste et qu’elle ne la reprendrait pas à son service. Elle devait aussi ajouter que la quadragénaire «ti pe zet lecor pou nanie», d’où une hospitalisation, a indiqué Reaz Chuttoo.

 

Mis sur l’affaire, le syndicat aurait sollicité l’aide du ministère. Mais, a déclaré Reaz Chuttoo, on lui a fait comprendre que «pena case». De plus, alors que l’habitante de Quatre-Bornes a porté plainte au poste de police de Sodnac, aucun officier ne s’est manifesté pour «pren lanket ar travayer la», a martelé le président. «Cela va à l’encontre de l’article 11 du rapport de la Human Rights Commission,qui établit que tout individu a le droit de clamer son innocence devant une cour de justice».

 

Reaz Chuttoo a fait ressortir, documents à l’appui, que la Bangladaise détient un permis pour travailler en tant que bonne à tout faire à Maurice. «Moris pa gagn drwa fer bann bonn vini depi letranze», car, a-t-il expliqué, ce n’est pas une compétence recherchée.

 

Selon les estimations de la CTSP, un millier de travailleurs étrangers, surtout Bangladais, sont employés comme domestiques à Maurice ou sont exploités par leurs employeurs. Le syndicat lance un appel au ministre du Travail, lui demandant d’ouvrir au plus vite une enquête à ce sujet et de faire la lumière sur l’octroi de certains permis.

 

De plus, «si le ministère ne loge pas une plainte pour ce cas présent, a prévenu Reaz Chuttoo, nous porterons plainte contre celui-ci». Le syndicaliste souhaite également qu’une Employment Of Foreign Worker Regulation soit créée pour encadrer les travailleurs étrangers.

Publicité