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A Saint-Martin: le calvaire des éleveurs de porcs
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A Saint-Martin: le calvaire des éleveurs de porcs
Cela fait sept ans que leur cheptel a été frappé par la fièvre porcine.Et les éleveurs de porcs en souffrent encore. La colère gronde parmi ces éleveurs que nous avons rencontrés à Saint-Martin. S’ils font face à des difficultés financières, il s'avère aussi que même leur lieu de travail leur fait vivre un véritable calvaire. En effet, une odeur nauséabonde imprègne l’atmosphère. Les ordures sont entassées devant les cours… Lindsay Veerapen, habitant de la région et président de la Fédération des éleveurs, se fait fort de souligner que les éboueurs donnent l'impression qu'ils sont en voie de disparition tant on ne les voit pas du côté de Saint-Martin.
Ce paysage désolant fait partie de leur quotidien. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir rapporté ce problème aux autorités. «J’ai à maintes reprises écrit au Premier ministre. Mais il semblerait que nous soyons des laissés-pour-compte», lâche-t-il. D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, le président de la fédération dit avoir alerté le ministre Satish Faugoo et Navin Ramgoolam sur ce problème.
D'autre part, il y aussi les inquiétudes d’ordre financier . Ces éleveurs s’inquiètent du remboursement de leur dette contractée il y a sept ans pour renouveler leur cheptel. Une dette qu’on leur aurait imposée, disent-ils.
Désormais, ils doivent coûte que coûte faire marcher les affaires. Pas si simple quand ils n’en ont pas les moyens. Pour réussir, ils doivent être en mesure de commercialiser la viande de porc de premier choix, expliquent-ils.
«Tras enn manze au quotidien»
Même nourrir le cheptel pose problème. Tous les matins, un éleveur se doit de se réveiller à l’aube pour «tras enn manze». «Chacun fait ce qu’il peut pour pouvoir nourrir ses animaux. Certains vont chercher de la nourriture auprès des hôtels, d’autres se débrouillent comme ils peuvent», fait valoir Jean Daniel, un éleveur. L’augmentation du prix de la nourriture ne leur facilite pas la tâche.
Le coût d’un kilo de nourriture pour porc est passé de Rs 200 à Rs 800. Du coup, ils sont obligés de donner les restes de nourriture récupérés des hôtels à leurs animaux. D'autre part, les éleveurs font ressortir qu’ils mettent un point d’honneur à faire régner l’hygiène dans leurs étables
Cette situation précaire a amené Jean Daniel à exercer deux métiers. Le matin, il s’occupe de ses bêtes, et dans l’après-midi, il s'adonne à des travaux de maçonnerie. Un train de vie qui est loin de le ravir puisque, à force de devoir s’occuper de son étable et chercher de la nourriture, il se dit épuisé par cette routine. «Est-ce que vous pensez que c’est une vie ?» se demande notre interlocuteur.
Jadis, les éleveurs pouvaient compter sur la compagnie Chantecler pour avoir quelques pattes de poulet. Mais, soutiennent-ils, tel n’est plus le cas.
Selon le président de la fédération des éleveurs de porcs, le secteur est toujours rentable. Mais il leur faudrait de l’aide de l’Etat, pas forcément d’ordre financier. «Pourquoi ne pas mettre en place des foires où nous pourrions exposer nos viandes ?» suggère Lindsay Veerapen. Les idées ne manquent pas. Sauf que l’aide, elle, se fait toujours attendre…

Les ordures sont entassées devant les cours faute d’éboueurs.

Les éleveurs voudraient bien produire de la viande de première qualité, mais les temps sont durs.
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