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Evaluation: six ministères affichent leur bilan
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Evaluation: six ministères affichent leur bilan
Dans le cadre de l’évaluation des ministres par les rédactions de La Sentinelle, nous avons invité les différents ministères à soumettre leur bilan depuis juin 2013 (date de la dernière évaluation), afin de leur donner, comme il se doit aussi, la possibilité de défendre leurs réalisations.
À l’échéance prévue le vendredi 21 mars, nous avions reçu deux envois. Nous remercions ces ministères, notamment celui de l’Environnement et de l’Énseignement supérieure pour leur contribution dans les temps, ce qui est tout à leur crédit et nous espérons qu’ils seront imités, en cela, par d’autres lors de la prochaine évaluation de la performance ministérielle. Quatre envois de plus ont été reçus après l’échéance prévue, soit ceux du ministère du Service civil, des Affaires étrangères, des Entreprises et des coopératives et celui de la Santé. Pour éviter tout doute, spécifions que l’envoi de tout autre retardataire sera bienvenu, mais ne sera pas nécessairement publié désormais.
Environnement et développement durable

Nous avons reçu un document de sept pages du ministère de l’Environnement, daté du 19 mars 2014. Il contient certes quelques informations utiles, mais est bien trop généralement ancré sur la publication de plusieurs documents (stratégique ou autre).
Ainsi, nous rappelle-t-on qu’une des plus importantes réalisations du ministère en 2013 est la publication d’un document sur la politique générale, la stratégie décennale et le plan d’action de trois ans du projet Maurice île Durable (MID). Comme ce document définit les moyens d’atteindre l’autonomie énergétique, d’assurer la protection de la biodiversité tant terrestre que marine, de gérer les déchets, de protéger l’environnement et en particulier la qualité de l’air, on a plutôt tendance à être d’accord que c’est une réalisation phare. Autres publications sur la période :
●Le National Climate Change Adaptation Policy Framework
●Le Technology Needs Assessment Report
●Un Training manual for Youth on Climate change
● Un livret intitulé : «Toolkit: 111 actions for Youth to Combat climate change»
● Un plan de communication et d’éducation : «Climate change Information, Education and Communication Strategy and action plan»
● Lancement d’un livret destiné aux enfants de Standard IV sur les moyens de protéger les zones côtières
Ce ministère est loin d’être le plus gros, mais il pèse quand même plus lourd que dix ministères budgétairement (soit ceux de la Pêche, de la Jeunesse & des Sports, des Arts et de la Culture, du Travail & des Relations industrielles, de l’Attorney General, de l’Intégration sociale, des Coopératives, de la Réforme du service civil et même du Tourisme (Rs 524 millions) et de l’Industrie – Commerce (Rs 250 millions). En fait, ce ministère qui emploie 859 personnes (dont 61 Gangmen, récemment revalorisés au titre de… Leading hands) consommera Rs 547 millions en 2014, soit plus que le judiciaire (Rs 495 millions) et juste moins que le ministère du Genre (Rs 620 millions), le ministère du Logement (Rs 738 millions), le ministère des Technologies de l’information et de la communication (Rs 822 millions) ou… les prisons (Rs 837 millions). Outre les réalisations d’édition de ce ministère mentionnons qu’entre 2013 et 2014 :
● 20 000 familles ont bénéficié de la subvention de Rs 10 000 pour un chauffe-eau solaire (Rs 200 millions du MID Fund)
● 12 000 poubelles de compostage ont été distribuées (Rs 13 milllions du MID Fund) et 10 000 nouvelles unités sont en «considération».
● 55 organisations scolaires (dont 42 écoles du Bureau d’éducation catholique) ont reçu des subventions de Rs 38 millions pour installer des panneaux photo voltaïques
● Rs 33 millions ont été dépensées pour rétablir les plages à Poudre-d’Or et à Cap Malheureux. Des travaux similaires aux plages de GRSE, Quatre-Soeurs, Baie-du-Cap et Bain-Boeuf sont en cours
● Les plans pour les plages du Morne et de La Prairie ont été reçus et sont estimés à Rs 150 millions
● 30 000 plantes médicinales et 20 000 plantes décoratives ont été distribuées dans le cadre de Clean & Green Mauritius.
● Diverses formations et campagnes de sensibilisation ont eu lieu
● S’est tenue l’inauguration d’un Climate Change Information Centre qui est relié on-line avec l’organisation météorologique mondiale et la NASA
● Il y a eu le renforcement de la plage à Mon-Choisy et Rivièredes- Galets
● A été créée une pépinière de 20 000 mangroves pour freiner l’érosion à Grand-Sable et à Quatre-Soeurs.
Finalement, signalons que la Police de l’environnement a réalisé 3 000 interventions en 2013, 883 contraventions étant établies pour déversement illégal de déchets, 450 autres pour diverses infractions au Road Traffic Ordinance, 396 pour des silencieux défectueux sur des véhicules et 227 pour conduite de véhicules fumigènes.
Ce ministère est important pour l’avenir du pays. Est-ce que le contribuable en a pour son argent avec presque Rs 550 millions de dépenses annuelles ? La question reste posée.
ENTREPRISES ET COOPERATIVES

Foires et prêts pour booster les PME
Le bilan du ministère, de l’Entreprise et des coopératives couvre la période allant de juin 2013 à mars 2014. Parmi les mesures concrètes, relevons, pour les PME :
●La création d’un «site web élémentaire gratuit» pour les PME qui en veulent.
●L’organisation par la SMEDA de quatre foires locales visant 31 PME. Toutefois, il n’est pas précisé si certaines sont présentes a plus d’une foire, ni quels sont les résultats concrets sur les ventes, au-delà d’un commentaire laconique selon lequel cellesci ont augmenté de «l’ordre de10 à 20 %». Le chiffre d’affaires pour le trimestre comparable, avant et après, aurait été plus informatif, vu que 20 % d’augmentation sur une base faible ne mène pas loin.
●L’organisation de participations à 37 foires de PME à l’étranger entre janvier et octobre 2013 (SME RefundScheme), 232 entreprises ayant bénéficié d’un montant décaissé de Rs 13,5 millions. Pas de suivi sur l’impact de ces foires non plus, ce qui ne permet pas d’évaluer si elles ont été effectivement utiles. La SMEDA a pourtant une unité statistique.
●La finalisation d’une mesure du Budget de 2014 qualifiée de «révolutionnaire»et qui promet aux micros et petits entrepreneurs (réalisant un chiffre d’affaires inférieur à Rs 10 M) des prêts sans garanties avec les banques. Comme le gouvernement ne garantit que 70 % de toute perte éventuelle, on peut cependant estimer que les négociations ne seront pas aussi simples qu’estimé.
●La poursuite du SMEFinancing Scheme qui aura vu les banques commerciales décaisser environ Rs 2,6 milliards de décembre 2011 à janvier 2014, ce qui est assez impressionnant encore qu’il n’y a aucun paramètre additionnel de disponible, style valeur ajoutée créé, taux de «default» sur les prêts etc…, pour juger du véritable impact du scheme.
●Un deuxième parc industriel (de 40 unités) a été livré à La Tour Koenig en août 2013.
●Lancement d’une brochure explicitant «Assistance,Schemes and facilities to SMEs»(16.12.2013). La brochure est compréhensive, mais elle fait l’hypothèse que l’éventuel entrepreneur peut se retrouver en anglais (un CD en créole aurait plus de rayonnement effectif?)
Signalons (même si cela couvre bien plus que la période demandée) que le Mauritius Business Growth Scheme (MBGS) opère un Start Up Entrepreneurship Scheme qui fournit un salaire mensuel, pour un an, aux entrepreneurs novateurs, le temps que leur entreprise décolle. Les critères requis pour l’approbation d’un tel dossier ainsi que pour le décaissement de l’argent public ne sont pas connus, mais à octobre 2013, si 802 demandes ont été reçues, seulement 207 ont été approuvées. Peut-être encore plus inquiétant pour ce projet pourtant bien intentionné, Rs 221,6 M de décaissements ont été approuvés, mais seulement Rs 90,5 M décaissées.
Finalement au niveau des PME, mentionnons (il n’y a aucune référence a la fréquence et à l’audience réunie), plus 24 cours de formation dispensés, ainsi qu’une tentative de coordonner les bureaucraties existantes ; la SMEDA, le National Women Entrepreneurs Council, le National Institute for Cooperative Entrepreneurship,l’Enterprise Mauritius,la DBM et le NPCC ayant créé un comité de coordination pour offrir une aide «plus synchronisée a l’entrepreneur». Gageons que ce comité ne remettra pas en question les structures existantes.
Quant au secteur des coopératives, il fêtait ses 100 ans en juillet 2013 en célébrant les jalons suivants : chiffre d’affaires de Rs 5,5 milliards, 120 000 adhérents, 1 021 sociétés coopératives et plus de 31 000 emplois directs, ce qui est assez impressionnant.
Parmi les initiatives concrètes :
●Des «Excellence Awards» pour le mouvement coopératif,répartis en 13 catégories.
●Trois plans d’aide financière, développés en collaboration avec la Mauritius Post
& Cooperative Bank. Les prêts sont de Rs 100 000 chacun.
●La mise en oeuvre de quelques nouvelles idées : FairTrade, Just in Time, Dual Controletc…qui permettraient d’améliorer la performance des sociétés coopératives.
●La fête du poisson les 29 et 30 mars dernier, une initiative qui sera désormais annuelle.
●La production de poisson fumé, comme un produit «terroir», par la Trou d’EauDouce Fishermen CooperativeSociety.
●L’utilisation d’un séchoir solaire par la Lyons FishermenCooperative Society de Mahébourg pour sécher du poisson et faire le saumurage de fruits et de légumes. Ce ministère coûtera au pays Rs 171 M en 2014. C’est le plus petit des ministères. Il dépense cependant plus que ce que dépense le bureau de la présidence (Rs 52,8 M), le bureau de l’audit (Rs 122,2 M), la PSC (Rs 62,8 M), les subventions aux religions (Rs 74,6 M), le Government Information Service(Rs 54,6 M), le bureau de l’état civil (Rs 71,3 M), l’AttorneyGeneral (Rs 167,9 M) ou l’imprimeur du gouvernement (Rs 140,5 M).
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, SCIENCES, RECHERCHE ET TECHNOLOGIE

Des campus pour accueillir plus d’étudiants étrangers
Le ministère de l’Enseignement supérieur nous a fait parvenir un document bien présenté, esthétiquement parlant. Cependant, contrairement aux instructions qui invitaient les ministères à parler de leur bilan depuis juin 2013, date de la dernière évaluation des ministres par les journalistes de l’express, ce document couvrait la période 2010- 2013. Ce qui suggérait, a priori, qu’il avait été fabriqué pour un autre usage que celui d’informer les lecteurs de l’express sur la période des neuf derniers mois.
Ainsi, il faut souligner que nous avons identifié, dans cet envoi, 53 sujets se référant en fait à la période qui a précédé juin 2013 ! De plus, 26 autres points mentionnés comme des «achievements» sont aussi, potentiellement, de cette période que nous ne visons pas parce que les dates ne sont pas précisées. Ils ont donc été mis de côté. Il n’est pas outrecuidant de notre part d’insister sur le fait que le ministère, n’ayant pas répondu à la question posée, c’est-à-dire de faire le bilan depuis juin 2013, s’est pénalisé au-delà du raisonnable. Nous ne savons pas qui en est responsable, mais ceux qui s’en sont chargés n’ont pas dû retenir une leçon première des examens auxquels ils ont été soumis dans le passé : «Take your time to understand the question and answer it precisely !»
Sur les neufs derniers mois, à mars 2014, il nous reste donc :
●La production d’un document stratégique pour le secteur de l’enseignement supérieur (août 2013). Celui-ci vise à démocratiser l’accès aux études supérieures et au développement professionnel de 68 000 élèves jusqu’en 2025. Pour ce faire, le ministère dit vouloir s’assurer de la pertinence de ces programmes éducatifs aux besoins économiques et sociaux du pays et de la région et se fait fort de «achievehigh quality standards» et de «improve the ranking of tertiaryeducation institutionsin Mauritius». Tout un programme ! De plus, l’objectif est de transformer Maurice en une «prime destination forhigher learning», de fortifier nos capacités nationales de recherche et de créativité et de concrétiser une structure institutionnelle qui soit, à la fois, efficace et financièrement fiable.
●Sur le plan législatif, 2013 aura vu la mise en route de la Tertiary EducationCommission (TEC) (control of misleading advertisements)Regulations 2013 et d’amendements à la Tertiary Education Commission (via l’Economic and Financial Measures Miscellaneous Act 2013) pour augmenterles pénalités infligées pourdiverses offenses.
●La construction de trois campus modernes à Montagne-Blanche (50 arpents), Pamplemousses (50 arpents) et Réduit (27 arpents) débute en 2014 et devrait être achevée en 2015, offrant ainsi 8 000 sièges de plus. L’EducationVillage de Médine a vu le jour en 2013.
●Des prêts de trois ans (maximum de Rs 100 000 par an) pour financer des études universitaires à faible taux d’intérêts et sans garantie se montaient à Rs 145 millions à janvier 2014. Au-delà des montants prêtés et puisqu’il s’agit d’argent public, il serait peut-être aussi utile de savoir si ces prêts se remboursent ou pas. Des statistiques seraient bienvenues.
●Le nombre d’étudiants étrangers a triplé à 1 834 en 2013. Selon les estimations du Board of Investment, chaque étudiant étranger dépense en moyenne Rs 25 000 par mois, on peut extrapoler des revenus annuels de Rs 600 millions. Pour important que cela soit, le ministère qualifie cette somme de «considerable injection offunds for... the economy», ce qui laisse rêveur, le ministère lui-même dépensant deux fois plus par an.
●Les Assises de l’enseignement supérieur se sont tenues en octobre2013 avec le concours de la Quality Assurance Agencyde Grande-Bretagne et du Council of Private Educationof Singapore. Un protocole d’accord a été signé, enpassant, avec la TEC. Des recommandations faites, rappelons les commentaires virulents contre la qualité de l’Internet qui était jugée comme un «show stopper» pour nos ambitions de hub éducatif
●Le Centre for Biomedical & Biomaterials Research (CBBR) du DrJhurry a obtenu, en octobre 2013, la première patente sud-africaine jamais obtenue par Maurice. Il s’agissait d’une méthodologie pour créer, à partir de sucrose, un «amphiphillic graftcolpolymer».
●Le Mauritius Research Council (MRC) a poursuivi ses recherchessur le blé. L’étude pilote ayant été un succès, une recherche étendue a été activée. De plus, des études sepoursuivent sur l’usage des algues pour la consommation humaine et animale, lacosmétique, l’usage pharmaceutique et médical.
●Un Business & Research Incubation Centre a démarré en 2013à Curepipe avec six projetspilotes.
●La National Science Week a été lancéeen 2013 et son exposition itinérante a visité dixrégions touchant 18 000 citoyens.
●En 2013, un Memorandum of Understanding (MoU) a été signé avecl’université de Genève et le gouvernement de Tanzanie. Dans ce dernier cas, l’idée étant la reconnaissance mutuelle des diplômes, entre autres. Un autre MoU entre IIT New Delhi et le MRC promet un campus IIT à Maurice (une premièreen dehors de l’Inde) en… 2019 !
Le ministère s’est par ailleurs retrouvé au centre de l’actualité ces derniers mois pour d’autres raisons que le document fourni n’explicite pas. Ce ministère consommera Rs 1,17 milliard au Budget national 2014.
AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Spécialité : signature d’accords et de traités
Ce ministère, qui dépensera près de Rs 946 millions en 2014 (dont Rs 561 millions pour les missions à l’étranger), nous a fait parvenir cinq pages de notes, sous huit têtes de chapitre. Il emploie environ 330 personnes. Mais ses activités sont souvent très peu visibles, peu controversables et se mesurent difficilement du point de vue de l’efficacité directe. Autant de raisons pour s’assurer que notre argent public est bien utilisé. Ce qui, a priori, implique que l’on n’abuse pas de nominations «politiques» dans nos ambassades et, au moins, si celles-ci sont inévitablement faites, que l’on s’assure que nos représentants sont alors à la hauteur de leurs fonctions et ne nous fassent pas honte !
Notons, au bilan de 12 mois au 30 mars 2014 : Un accord d’exemption de visa sur la Chine pour des séjours de moins de 30 jours, à partir d’août 2013. Le maintien, après discussion, de l’exemption de visa pour les Mauriciens se rendant en Grande-Bretagne pour tourisme ou affaires.
Un comité privé-public pour coordonner la stratégie mauricienne en Afrique, même si on ne précise pas le nombre de réunions ou ce qui en a résulté. Quatre accords signés avec le Gabon. Traités de non double imposition conclus avec le Gabon et le Rwanda, alors que celui avec l’Afrique du Sud a été révisé (en mieux ?) et qu’un accord sera sans doute signé bientôt avec le Ghana. Accords cadres signés avec les Comores et les Seychelles, celui avec les Seychelles se focalisant en particulier sur la lutte contre le crime, dont le blanchiment d’argent et la sécurité, incluant la piraterie maritime.
Mise en route du Mauritius Trade Portaldonnant accès à des informations pratiques pour le commerce extérieur. Accord de libre-échange avec la Turquie (juin 2013). Dérogation aux règles de l’Union européenne pour l’exportation de 2 000 tonnes de thon de plus (avril 2013).
Deux accords finalisés avec l’Arabie saoudite, dont un Bilateral Air Services Agreement. Protocole d’accord avec le Qatar et les Émirats arabes unis concernant la main-d’oeuvre qualifiée. Accord bilatéral avec l’Italie sur la migration circulaire, mais aucun chiffre sur son utilisation effective. Protocole d’entente entre l’université de Maurice et l’université de Genève permettant de déployer une formation complète de six ans en médecine générale. Signature d’un Tax InformationExchange Agreementavec les États-Unis dans le cadre de l’entrée en vigueur de la Foreign Account TaxCompliance Act (décembre 2013). Négociations en cours avec l’Australie pour la migration circulaire et avec les États-Unis pour un traité bilatéral d’investissement. Protocole d’entente avec la World IntellectualProperty Organisation pour accélérer l’application des protocoles requis pour protéger la propriété intellectuelle. Un projet de loi à l’étude pour établir une loi-cadre pour l’installation d’organisations internationales à Maurice.
L’ex-chef juge Bernard Sik Yuen a été élu au Committeefor Elimination of RacialDiscrimination ET à l’African Committeeon Human and People’sRights. Joseph Tsang Mang Kin a rejoint le panel de personnes éminentes de l’AfricaPeer Review. Le haut-commissariat des droits de l’Homme des Nations unies a choisi Maurice pour tenir son séminaire interrégional sur la participation des petits pays insulaires et des pays en voie de développement au Conseil des droits de l’Homme.
Les efforts se poursuivent concernant la souveraineté de Maurice sur les Chagos et Tromelin. Et Maurice, active à Madagascar pour la sortie de crise, a contribué, via la Commission de l’océan Indien, à hauteur de Rs 15 millions à l’organisation des dernières élections.
Finalement, les services consulaires disent avoir traité entre 2 000 et 3 000 appels de particuliers concernant des séjours à l’étranger et ont assisté plus de trente étudiants en difficulté à l’étranger. Une cinquantaine de citoyens morts à l’étranger ont été rapatriés grâce aux bons offices de ce ministère.
Comment mesurer le «value for money» de ce ministère, comme celuides autres, reste une question centralepour le pays et sa productivité nationale,car il nous faut évidemmentaméliorer notre efficacité budgétaire.Y a-t-il des suggestions ?
SANTÉ ET QUALITÉ DE LA VIE

Pierre angulaire de l’État providence
C’est un des ministères les plus importants du pays car il emploie 13 395 personnes en 2013, alors que son budget 2014 atteindra Rs 8,811milliards. Il pèse donc plus lourd que les pensions de retraite (Rs 6,8 milliards) ou les services de la police (Rs 8,3 milliards) et seuls les infrastructures publiques (Rs 9,8 milliards), la sécurité sociale (Rs 13,7 milliards), l’éducation (Rs 11,9 milliards) et le paiement des intérêts sur la dette (Rs 12,6 milliards) coûtent plus cher que cela au trésor public.C’est un ministère clé puisque 80 % de la population ne peut pas, sauf situation d’exception, avoir le choix de fréquenter les services de santé privés, faute de moyens. Pilier doncde l’État providence, les services de santé du ministère sont à la fois complexes, souvent sujets à controverses, coûteux et incontournables. Pour toutes ces raisons, une gestion efficace des services de santé est capitale.On peut, entre autres, se demander si la gratuité universelle de tous ces services doit perdurer, ou si un service «means tested» ne permettrait pas de mieux servir la population en général.
Du document de 23 pages que ce ministère nous a communiqué, signalons :
●Deux nouveaux Health Centres ouverts à Pailles Ouest (cité Mauvilac) et Sainte-Croix, ce qui mène à un réseau de santé de base de 21 Area Health Centres (AHC),de 117 Community Health Centres (CHC), de trois medi-clinics et de deux community hospitals. Presque 3 millions de visites ont été effectuées à ces centres depuis juin 2013. À noter que seulement 40 % de ces visites se soldent par une consultation avec un médecin.
●Deux nouvelles cliniques dentaires aux CHC de Pailles et de Roches-Bois. On a, par ailleurs, enregistré118 738 visites auprès des cliniquesdentaires sur la même période.
●Publication du Planning & Demographic yearbook 2012… en janvier 2014 et application d’un National Sexual & Reproductive Health Strategy and Plan of Action, 2009-2015. Notons à cet effet que le taux de contraception de la population est de 75,9 % et que la population croît de 0,2 % en 2013.
●Plus de 82 % du budget du ministère est canalisé vers ses hôpitauxet ses services spécialisés. On enregistrait plus de 2,4 millions de visites aux hôpitaux sur la période de 12 mois s’achevant au 30 mars, dont 1,1 million aux services des urgences et des accidents. En parallèle, on enregistrait 35 476 interventions chirurgicales dont 5 624 pour les yeux et 555 pour le coeur. De plus, 157 261 patients ont été admis pour des soins, 4 368 cas canalisés vers le SAMU et plus de 4,1 millions d’échantillons ont été analysés au laboratoire central.
●Les services d’endoscopie et de chimiothérapie sont désormais étendus aux hôpitaux Jeetoo et Nehru.
●Le ministère reste vigilant face aux maladies contagieuses importées (dengue, malaria, H1N1…). Qui ne s’est pas senti, au prix d’une petite piqûre pour une goutte de sang au retour d’un voyage, rassuré, voire impressionné, que l’on s’en occupe avec efficacité ? La récente alerte de dengue à Triolet a révélé une quarantaine de cas. La réaction du ministère paraît avoir été efficace depuis.
●L’inspectorat de la santé a aussi rendu visite à 66 305 bâtiments pour assurer les standards sanitaires appropriés, dont 3 100 ont été mis à l’index et 56 à l’amende. De plus, 20 838 débits de nourriture ont été visités, dont 1 635 ont reçu un ordre d’amélioration, 431 mis à l’amende et 90 tout simplement fermés. Plus de 113 tonnes de nourriture impropre à la consommation ont été saisies/détruites.
●Si l’Environmental Health Engineering Unit suggère une redondance avec le ministère de l’Environnement, elle a analysé, pour les huit mois à février 2014, 160 permis de morcellement, 23 projets du gouvernement et 48 Environmental Impact Assesments. De plus, près de 4 000 échantillons d’eau ont été analysés et 1 000 visites effectuées dans des industries, des hôtels, des restaurantset des night-clubs ; le bruit étant aussi un de leurs soucis.
●L’Occupational Health Unit a examiné 7 239 employés du privé, 6 968 travailleurs immigrés et 1 008 officiers de la fonction publique sur la période. Son but ? Détecter et contrer les mauvaises conditions médicales causées au travail.
●Le ministère coiffe aussi le Dangerous Chemicals ControlBoard, qui a effectué 42 visites à des unités de stockage, 18 visites dans des usines et délivré plus de 800 permis pour 2013.
●La prévalence du VIH menant au sida, dans la tranche d’âge 15-49 ans, aurait, elle, baissé à Maurice de 1,24 % en 2011 à 1,10 % en 2013. En moyenne, 90 000 tests sont effectués annuellement au département de virologie et le nombre de cas détectés par mois a chuté de 50 à 21. Ces résultats découlent d’une série de mesures plutôt impressionnantes, du moins à les lire. Faute d’un tableau complet des progrès contre les maladies, il est difficile de dire si toutes les maladies sont en recul…
Aux dépenses d’infrastructures médicales, notons un budget deRs 938 millions pour 2014 (Rs 1,160 millions en 2013) et signalons la livraison de la medi-clinic de Triolet, la rénovation/amélioration du ward 8 et des toilettes de l’hôpital de Flacq et la rénovation de l’intensive care à l’hôpital SSRN. On attend, en 2014, la livraison de la phase III de l’hôpital Jeetoo, de blocs opératoires et de wards à Victoria et de la medi-clinic de Goodlands.
Au niveau des équipements et au-delà d’environ Rs 100 millions de dépenses en remplacement d’équipement obsolètes, signalons :
●Un CT scanner pour Jeetoo (Rs 23 M), des appareils pour l’angiographie à Victoria et à Jeetoo (Rs 64 M) et en cours d’installation à Victoria (Rs 30 M), des équipements d’anesthésie à Jeetoo et Bharati (Rs 3,6M), un équipement de mammographie (Rs 13 M), des colonoscopes et des gastroscopes pour SSRN (Rs 10,6 M), une intra-aortic balloonpump pour le Cardiac Centre (Rs 5 M).
Le ministère reconnaît candidement que malgré ses efforts, le service de réparations et de maintenance laisse encore à désirer. Le diagnostic reste le même : les fournisseurs sont souvent de simples agences de vente pour des firmes étrangères et il n’y a qu’un seul Biomedical Engineer dans le service public et le recrutement d’autres est impossible aux conditions actuelles. On peut supposer que ce corps de métier spécialisé a été sous-évalué par le Pay Research Bureau, puisque l’on se propose de revaloriser la fonction. Espérons que les conséquences des appareils médicaux spécialisés en panne soient prises en compte lors de cet exercice et qu’on paie donc ces ingénieurs spécialisés comme il faut, c’est-à-dire comme requis par le marché !
Le ministère entreprend aussi plusieurs efforts au niveau de la formation, de la recherche et de l’éducation de la population. Plusieurs programmes sont à venir. Citons, entre autres réalisations :
●Le recrutement d’un consultant pour établir, avec l’aide de l’Organisation mondiale de la santé, un Master Plan sur les ressources humaines requises à l’avenir.
●132 nouveaux étudiants inscrits en août 2013 pour le diplôme national de nursing de niveau 5. Le «top-up programme» de six mois a été complété par 257 nurses en novembre 2013 (une page plus loin, on parle pourtant de 259 étudiants achevant ces mêmes études en novembre 2013…) et 223 autres suivent actuellement le même cours. Un cours de deux ans sur le diabète, au Mauritius Institute of Health, s’est déroulé pour 60 nursing officers le 19 mars dernier.
●La collaboration avec l’université de Bordeaux a assuré, cumulativement, la formation post graduate de cinq pédiatres, six chirurgiens orthopédistes, six psychiatres, six cardiologues, 11 médecins en médecine interne, huit anesthésistes et six ophtalmologues.
Sur le plan d’accords institutionnels promettant la collaborationet le soutien sur le plan médical, le ministère indique 11 protocoles d’accord signés, dont ceux avec :
●L’hôpital universitaire de Genève pour les cas complexes.
●L’University College de Londres pour les maladies cardio-vasculaires, la santé féminine et la formation.
●L’Al-Sifta Trust Eye Hospital, du Pakistan, pour des opérations oculaires compliquées.
●L’institut Baker & Heart de Melbourne pour le diabète et les maladies non contagieuses en général.
●Le National Board of Examination de l’Inde pour les examens pré-enregistrement de médecins et de dentistes avant leur accréditation par le Medical et le Dental Council (est-ce l’examen qui fut, in extremis, annulé pour 160 médecins, aspirantsinternes, cette année au motif que les étudiants n’avaient pas été «prévenus» ?)
Finalement, dans ce qui se veut être un ministère «focalisé sur le patient» et qui soit «accessible, équitable, innovateur et efficient», on s’est aussi occupé de :
●Décentraliser les tests de Hba1C vers les Regional Health Laboratories.
●Ajouter de nouvelles facilités pour détecter la fièvre jaune, le Rift Valley ou la malaria, entre autres.
●Pourvoir des injections d’Herceptin pour combattre le cancer du sein et de Tenecteplase pour contrer l’infarctus du myocarde et ses effets.
●Donner aux patients faisant de l’angioplastie des stents spécialisés, gratuitement.
●Activer un système de priorisation automatique des patients par ticket à Victoria.
●Construire une nouvelle aire de stockage moderne pour les médicaments.
●Poursuivre deux actions «coup de poing», en conjonction avec la Mauritius Revenue Authority, pour stopper l’importation de médicaments contrefaits.
●Établir des comités pour imposer un meilleur contrôle sur la vente de produits ayurvédiques et des suppléments santé divers.
●Permettre que 155 077 sessions de dialyse gratuites soient dispensées en 2013 à 787 patients dans les hôpitaux et 265 patients de plus dans les cliniques privées.
Si l’espérance de vie a progressé jusqu’à 73,9 ans en 2013 et que le taux de mortalité infantile a baissé à 12,2 par millier de naissances (ce taux a d’ailleurs baissé régulièrement du niveau de 103,9/1 000 dans les années 1950-1955 et 23,1/1 000 en 1985-1990), il y a matière à satisfaction. Cependant, il ne faudrait ni pavoiser, ni relâcher ses efforts, la qualité des services publics de santé pouvant sans doute être améliorée de beaucoup encore (nous n’étions, après tout, selon la CIA, que 98e au monde au niveau espérance de vie en 2014 – juste derrière la Colombie et devant les Maldives – et selon Wikipédia, 62e au monde pour la mortalité infantile en 2005-2010). Toute amélioration a un prix évidemment, ce qui suggère une attention de tous les instants contre l’inefficient, le gaspillé, le paressé et l’incohérence coûteuse, par exemple, de la santé gratuite universelle.
FONCTION PUBLIQUE ET RÉFORMES ADMINISTRATIVES

Mieux servir le grand public ?
Ce ministère nous a gratifiés d’un document de 13 pages (en double espacement). Il employait 757 personnes en 2013, dont 628 sont engagées, sous le code budgétaire 304, dans du «Human ResourceManagement». Il dépensera Rs 380 millions en 2014.
Parmi les initiatives devant mener à un service gouvernemental plus efficient et à des services publics de meilleure qualité pour les citoyens, citons :
●La certification ISO qui aura permis d’améliorer les systèmes et procédures dans 36 unités et divisions de divers ministères. Ces unités n’étant pas listées, par exemple dans une annexe, il est impossible de commencer à jauger l’impact véritable de cette certification sur l’ensemble de la fonction publique. La certification ISO touche-t-elle xx % des fonctionnaires? On aimerait bien le savoir et pouvoir les localiser !
●Le Public Service Excellence Award est désormaisobligatoire pour tous les ministères et départements qui doivent soumettre au moins un projet par an. S’il est vrai que cette initiative peut effectivement créer un «performance-oriented, responsive, customer-friendly and accountable public service», on serait plus à même d’en juger si on pouvait accéder aux dossiers de participation d’une année quelconque. Est-ce possible, ne serait-ce que dans un esprit de transparence pouvant mener à encore plus de progrès ?
●Le ministère fait aussi du Mystery Shopping – un outil visant à mesurer la qualité du service et l’intégrité des employés – depuis 2007, ce qui est fort louable en soi. La clé cependant c’est de mesurer l’envergure des améliorations enregistrées après le rapport des «mystery shoppers». C’est-à-dire qu’il faut, en fait, récidiver… Le ministère nous annonce que le mystery shopping a été «successfully carried out» dans cinq organisations. Quelles sont ces organisations et quelles sont les améliorations apportées ne devraient pas relever du… mystère, tout de même.
●Le ministère s’est aussi occupé de revoir les opérations de certains comptoirs et guichets qui desservent le grand public. L’initiative est fort louable. Dix projets valant Rs 2 millions ont été soutenus ces 12 derniers mois. Une fois encore, il eût été intéressant de laisser le public savoir où mesurer les améliorations de service, ne serait-ce que pour savourer ce à quoi nous pouvons nous attendre, plus généralement, dans les années à venir. Une brochure décrite comme «user-friendly» a été distribuée dans tous les services pour rappeler les pratiques de base qui permettent d’assurer un meilleur service-comptoir au public. C’est un document un peu simplet, mais s’il est lu et appliqué, il pourrait être transformationnel, surtout si la citation de Gandhi* est vraiment assimilée ! Parmi les réformes institutionnelles, mentionnons :
●La mise en route d’un Reform Steering Council (RSC), présidé par le SeniorChief Executive du ministère et constitué de cinq (hauts) représentants des ministères et de trois représentants des syndicats. La mission ? «Reengineer the reform agenda of Government with a view to establishing a public service that is not only open (tiens !), flexible and responsive
to the needs of the citizens but also one that does compromise the quality of life of public officers and individual aspirations.» Tout un programme, à ce que l’on voit, courageux aussi, surtout si le simple mot «not» ne s’est pas, ironiquement, éclipsé devant le «compromise»… Mais il ne s’agit, notons-le, que de réformer l’agenda lui-même pour le moment. Un Public Sector Re-Engineering Bureau, à l’intérieur du ministère, dont c’était, pensions-nous bêtement, déjà la mission, serait l’implementation arm du RSC.
●Le Performance Appraisal Form (PAF), jugé plus crédible, remplacera à terme (quand ?) l’Annual Confidential Report et tentera de lier la performance à l’increment et à la promotion. La première phase est enclenchée, si nous avons bien compris, pour revoir le PAF et les procédures qui vont avec. Une formation est aussi dispensée aux officiers HR et aux dirigeants des sections/divisions de tous les ministères/départements. La phase II consistera à établir un mécanisme de modération et d’appel (bonne chance !), à instituer un encadrement pour évaluer et gérer, à proposer des systèmes permettant de revoir les rôles et responsabilités des stakeholders divers, à considérer les systèmes de récompenses de nature non monétaire et à réfléchir à des systèmes pour mesurer la performance (et récompenser?) des chefs.
Ce ministère indique aussi que 2014 sera l’année de la «révolution numérique» de la fonction publique grâce au projet HRMIS (HR ManagementInformation System). En fait, six sections/
organisations feront partie d’une opération pilote à partir d’octobre 2014 et le système sera étendu à tous les services publics jusqu’à décembre 2016.
Par ailleurs, en attendant le projet du Collège de la fonction publique, ce ministère dispense ou organise plusieurs cours de formation pour la fonction publique. Il gère également une Occupational Safety & Health Unitqui fait des audits et établit des recommandations pour améliorer les conditions physiques du travail. Ainsi, apprend-on, ce ministère a financé des projets pour :
●Améliorer les installations électriques à StatisticsMauritius, à l’Assay Office,au ministère du Commerce et de l’industrie et à l’unité de pathologie à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo.
●Fournir des facilités appropriées de stockage pour le Forensic Lab ainsi
qu’à la division de commerce extérieur du ministère du Commerce et de l’industrie.
●Assurer l’installation d’unités d’air conditionné dans divers hôpitaux (Nehru, Flacq, SSRN), au ministère de l’Agro-industrie, dans des postes de la National Coast Guard ainsi qu’au ministère de l’Égalité du genre.
●Pourvoir des chaises ergonomiques au bureau de la présidence et au bureau de la commission électorale.
●Combattre l’invasion des pigeons, des rats et d’autre nuisibles représentant des dangers pour la santé des employés ! Les services de pompiers, les Archives nationales, le ministère de l’Éducation, des hôpitaux, le ministère des Infrastructures publiques (!), la NationalDevelopment Unit, la Public Service Commission, des Citizens Advice Bureaus ont ainsi bénéficié de l’expertise évidente et de la grande polyvalence de ce ministère en ce domaine.
Finalement, au-delà d’un objectif déclaré d’être encore plus flexible et proactif pour améliorer les environnements de travail, comme ci-dessus (comment faisait- on précédemment ?), ce ministère fait des audits sécuritaires de lieux de travail. On nous annonce que ces audits atteindront 1 500 cette année. On ne sait si c’est le chiffre de l’année ou le chiffre cumulatif.
*A customer is the most important visitor on our premises
●He is not dependent on us. We are dependent on him
●He is not an interruption of our work. He is actually the purpose of it
●He is not an outsider to our business. He is a part of it
●We are not doing him a favour by serving him. He is doing us a favour by giving us an opportunity to do so…
Mahatma Gandhi
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