Publicité
Port-Louis: plus d’une vingtaine de magasins ferment en deux mois
Par
Partager cet article
Port-Louis: plus d’une vingtaine de magasins ferment en deux mois
«Certains commerçants sont tellement endettés qu’ils ont dû mettre la clé sous le paillasson et aller écouler leur stock dans la rue…» Depuis le début de l’année, soutient Raj Appadu, président du Front commun des commerçants de l’île Maurice, plus d’une vingtaine de magasins ont fermé leurs portes à Port-Louis. Il met en cause les marchands ambulants.
En janvier, plusieurs commerçants avaient indiqué qu’ils fermeraient boutique. Las de concurrencer les colporteurs, ils attendaient la fin de la période des fêtes pour fermer boutique. Le magasin Le Voyageur fait partie de ceux qui ont fermé. Et rien qu’au Kinoo Square, «environ cinq magasins ont déjà mis la clé sous le paillasson depuis mi-janvier», déclare une commerçante qui y opère. Une visite sur place permet de constater que les locaux de certains magasins sont effectivement déserts.
Concurrence déloyale
Un local, situé au second niveau, attire notre attention. Les lumières sont éteintes et les rideaux à moitié tirés. La porte, elle, est fermée. «Le propriétaire s’en va à la fin du mois. Il préfère tenter sa chance à Flic-en-Flac, où il y a moins de concurrence déloyale», souligne un opérateur voisin.
Ailleurs, des enseignes ont déjà été enlevées. Nalini Sonea, employée de magasin, en sait quelque chose. «Les magasins ferment souvent. C’est peut-être lié aux difficultés financières des propriétaires», laisse-t-elle entendre.
L’expressa rencontré d’autres commerçants qui sont, eux aussi, sur le point de fermer boutique. Ils souhaitent garder l’anonymat, «akoz marsan anbulan enn size sensib». L’un d’eux confie que ses frais de location s’élèvent à Rs 25 000. «J’espérais pouvoir faire un maximum de ventes pendant le mois de décembre. Mais les marchands ambulants ont joué les trouble-fêtes», lâche-t-il. Il indique avoir fait un chiffre d’affaires de seulement Rs 60 000, comparées aux Rs 200 000 ou 300 000 qu’il engrange habituellement à cette période.
Chute de plus de 50% des ventes
Le même constat s’impose au Food Court situé au dernier étage du centre commercial Kinoo. Au moins trois échoppes ont fermé. Contacté par l’express, un des copropriétaires du centre commercial Eyaz Kinoo estime que les marchands ambulants ne sont pas la seule raison qui pousse les commerçants à mettre la clé sous le paillasson. «L’économie même du pays souffre», dit-il.
Au Workshop, à la rue John Kennedy, plusieurs étals sont vides. Quelques échoppes semblent toutefois renfermer des marchandises. «Ce sont les marchands ambulants qui louent ces échoppes pour stocker leurs produits. Ils les vendent ensuite dans la rue», laisse entendre un opérateur.
Selon lui, les ventes des commerçants du Workshop ont chuté de plus de 50 %. «Ena dimoun vinn loue letal nek de-trwa mwa. Zot pa kapav fer fas, zot ale», souligne-t-il.
Publicité
Publicité
Les plus récents