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Jano Couacaud chez IBL David Constantin au Moulin Cassé

19 octobre 2008, 00:00

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Jano Couacaud, que tous les esthètes locaux connaissent, avec nostalgie, nous revient en frère prodige, avec des trésors photographiques ramenés de Cuba mais aussi du Cambodge, de la Thaïlande, de Chine, des Seychelles et même de Maurice.

Donnons la primauté aux visages cubains. Sa princesse cubaine au cigare, à l?ample jupe, relevée de couleurs, nous ramène à Vélasquez ! Sa voisine, une vieille toute ridée, nous renvoie plutôt à Francisco Goya. Le temps s?est arrêté à La Havane.

La preuve : ces belles voitures américaines que Fidel Castro n?a jamais pu expulser de son paradis communiste.

Jano Couacaud les photographie, Cadillacs garées, dans leur robe bleu nuit, mais jamais aussi triomphantes que lorsqu?il choisit de nous montrer leur emblème aérodynamique, surmontant un capot rouge à damner un taureau.

D?autres personnages se fondent et se diluent dans ce Cuba d?un autre âge : les vieux recroquevillés, images d?une fatalité pleurant une époque perdue. La nuit enveloppe La Havane, lui donnant un ciel Van Gogh. L?aube suivante se veut prometteuse. Veni, vidi, photographie.

L?avion transporte ensuite Jano Couacaud au Sud-Est asiatique, terres de fleuves à la fois tranquilles et terribles, de bonzes, de la sérénité à toute épreuve, invitant à la méditation mystique.

Mon enfant, mon frère / Songe à la douceur d?aller là-bas / Méditer ensemble / Méditer à loisir / Méditer et mourir... Quand le ciel descend, quand le brouillard estompe la distance, tout devient possible car le ciel nous semble accessible.

Jano Couacaud promène sa caméra sur la voie royale des temples d?Angkor. Il photographie frises et bas-reliefs, aux motifs amoureux ou belliqueux.Le fromager envahit-il le temple fait de main d?homme ? Il peut y plonger ses racines pour s?élever jusqu?au ciel et servir de passerelle aux hommes comme aux dieux.

Heureux qui comme Jano Couacaud nous ramène une moisson de photos extatiques. Les plus belles photos de l?exposition sont encore de Maurice . La maison abandonnée à La Louisa, photographiée par lui, devient aussi belle et légendaire que le Parthénon dominant l?Acropole. Que dire de la boutique bleue de Saint-Antoine, rivalisant de flamboiement avec l?étincellement d?un flamboyant en fleurs. Du grand art qui nous apprend à admirer la beauté qui nous entoure.

David Constantin expose, pour sa part, une cinquantaine de toiles, à la Galerie du Moulin Cassé, à Peyrébère, jusqu?à demain. Je persiste à préférer le David Constantin des vieilles maisons en bois de Port-Louis. Faut dire qu?il se surpasse et ce, pour plusieurs raisons.

Il n?a pas son pareil pour tremper ses pinceaux dans un pot de tendresse humaine. On devine l' émotion qui étreint ce peintre, à la vue de ces vieilles bâtisses qu?il sait inexorablement condamnées à mort. Ce n?est pourtant pas faute de ministères du Tourisme, des arts, de la culture et de notre Patrimoine national.

Ah ! Si seulement, on pouvait inscrire toutes nos maisons en bois et en tôle au patrimoine de l?Unesco, seul moyen pour sauver ces trésors patrimoniaux de l?extinction. Certaines maisons à étage se dégagent dans le ciel portlouisien avec un romantisme n?ayant rien à envier aux manoirs féodaux des romans de Walter Scott. On retrouve ce peintre de l?atmosphère pour faire de nos temples la voie privilégiée pour parvenir au Nirvana, habilement symbolisé par notre Pieter Both.

La Mosquée domine la cité besogneuse. Elle est présence de Dieu sur la terre des hommes.

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