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The cleaner

26 septembre 2008, 00:00

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En tournant Die Hard 2 en 1990, Renny Harlin, réalisateur d?origine finlandaise (de son vrai nom Renny Lauri Mauritz Harjola) faisait son entrée en fanfare dans la cour des grands. Beaucoup se souviendront aussi du succès phénoménal de Cliffhanger en 1993. Deux films qui lui assurèrent une solide réputation de spécialiste du film d?action (au point qu?il put se permettre de refuser la proposition de mettre en scène le troisième épisode d?Alien), même s?il se montrait plus un artisan remarquablement habile qu?un véritable auteur.

Ce que vinrent confirmer par la suite L?Ile aux Pirates et Au Revoir, À Jamais. S?ensuivit à partir de l?année 2000, une période durant Renny Harlin toucha le fond avec série de films décevants (Driven, L?Exorciste : au commencement, Le Pacte du Sang). C?est pourquoi il est assez réconfortant de le voir revenir en plus ou moins bonne forme avec ce dernier opus, Cleaner, film qui repose aussi sur son interprète principal.

C?est l?histoire de Tom Cutler / Samuel L. Jackson, un homme ordinaire qui dirige une honnête petite entreprise se spécialisant dans le nettoyage de lieux de morts accidentelles ? ou de crimes. Il est assez amusant au début du film, de voir son personnage expliquer à d?anciens camarades de classe en quoi consiste exactement son métier. D?abord les réactions horrifiées, puis ces braves gens ayant tous des parents âgés, il finit par se faire des clients potentiels ; ce qui on le devine, était le but de sa démarche.

S?il faut se déranger pour aller voir Cleaner, ce sera pour voir Samuel Jackson dans ce rôle d?homme tranquille, bon employeur et bon père de famille qui élève seul sa fille adolescente depuis le meurtre de sa femme dix-huit ans auparavant. L?acteur est à mille lieues des personnages tonitruants auxquels on tend généralement à l?associer. Et, c?est en homme tranquille que réagit son personnage lorsqu?il se fait piéger en allant sans le savoir, nettoyer le lieu d?un crime non déclaré. Alors que Cutler veut surtout oublier cette affaire afin de préserver sa tranquillité, certains éléments troubles de son passé dans la police ressurgissent, liés au meurtre de sa femme et à certains ?services? qu?il aurait rendu.

Cleaner n?est pas ce qu?on pourrait appeler un grand film, ni même un «grand petit film». Le récit s?élabore autour d?une enquête policière que certains pourront trouver intéressante, révélant peu à peu (et encore une fois) un tableau de corruption policière avec en filigrane le propos que celle-ci est une fatalité inévitable; ce qui n?est pas sans évoquer les films de Sydney Lumet.

D?autres, s?ils choisissent de dédaigner l?enquête policière en raison des lourdeurs et des égarements du scénario, apprécieront la dimension humaine de ce film. Dans les deux cas, le simple savoir-faire du réalisateur sera évident. Certes, Renny Harlin ne fait preuve ni d?inspiration, ni d?une grande subtilité, mais il parvient à créer une harmonie entre les deux aspects (humain et policier) de son film, à donner un bon rythme à sa réalisation et il sait diriger ses acteurs. Samuel L. Jackson est tout en émotions contenues, vivant avec le fantôme de sa femme disparue. Ed Harris ne laisse pas indifférent en flic pourri obsédé par le désir de paternité. Et, auprès de ces deux vieux amis entre lesquels la tension s?installe, le réalisateur introduit Eva Mendes et Luis Guzmàn qui ne sont pas très nets.

On pourra évidemment toujours nommer d?autres cinéastes qui, mieux inspirés, auraient fait de Cleaner un grand film. À défaut, nous avons quand même un film malin avec de bons acteurs et qui se laisse regarder ?faute de mieux.

G. N.

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