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«Très peu d?entreprises font le suivi au niveau de la pollution de l?environnement»
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«Très peu d?entreprises font le suivi au niveau de la pollution de l?environnement»
● <B>Parlez-nous d?«Apave». </B>
«Apave Indian Ocean» est une filiale du groupe français «Apave», qui existe depuis un siècle environ. «Apave Indian Ocean» a été crée en 2002 à Maurice et on reproduit toutes les prestations du groupe au niveau Afrique et océan Indien. Parmi celles-ci, on compte les audits, les inspections, le «consulting» et la formation professionnelle. Notre domaine de prédilection c?est la technique, et notamment la sécurité des personnes et des biens.
Par ailleurs, l?environnement et l?énergie sont deux questions de plus en plus importantes. De ce fait, elles occupent une place de choix lors de nos séances de formation professionnelle. Par exemple, si l?on dispense une formation dans une station d?épuration, on va parler de la pollution que peuvent causer les effluents. Le client mauricien a toutefois, semble-t-il, du mal à comprendre l?importance de l?enjeu environnemental.Le message a du mal à passer.
● <B>Concrètement, en quoi consistent vos prestations de service autour de l?environnement ? </B>
Depuis 2002, nous réalisons un bon nombre d?audits énergétiques au sein d?entreprises mauriciennes. Mais au cours de ces deux dernières années, on a eu du mal à vendre ces prestations à la clientèle, même si le contexte international semble les favoriser. On a quand même décidé de persévérer dans les filières environnement et énergie, en formant notre personnel dans ces domaines et en faisant venir des experts d? «Apave France» afin qu?ils nous fassent profiter de leur expertise. A partir du mois prochain nous allons offrir un cours intitulé «Base en environnement industriel», dans lequel on explique ce qu?est la pollution, les différents types de pollution mais aussi les mesures pour y faire face. On apprend aussi a faire des tableaux de bord afin d?effectuer le suivi de leur impact sur l?environnement. Très peu d?entreprises font le suivi au niveau de la pollution de l?environnemnt. On espère que ce genre d?action contribuera à les conscientiser.
● <B>Qu?avez-vous constaté lors des audits énergétiques ? </B>
On s?est rendu compte que certaines pratiques qui favorisent le gaspillage sont ancrées dans les mentalités et que des petits changements peuvent apporter d?importants bénéfices. Nous avons par exemple effectué un audit dans un hôtel et avons par la suite suggéré qu?une vanne soit fermée pendant quelques heures chaque jour. Le «maintenance manager» de l?hôtel a rapporté que cette démarche lui permettait d?économiser Rs 30 000 sur sa facture d?électricité. Pour faire de telles économies, les industriels mauriciens doivent être disposés à investir dans ce type d?audit.
● <B>Justement, pourquoi pensez-vous que les industriels rechignent à faire de tels investissements ? </B>
En général, les entreprises vont chercher à avoir un retour assez rapide sur l?investissement en question. Les directions vivent un peu au jour le jour, alors que le retour sur des investissements en matière d?efficacité énergétique ne se fera sentir que dix années après, peut-être. C?est donc assez difficile pour un directeur d?entreprise de convaincre les actionnaires d?investir dans des mesures qui ne rapporteront des bénéfices que dans le long terme. La première question quand on approche une entreprise c?est, «Combien ça coûte ?». Les entreprises les plus difficiles à convaincre sont celles qui font du «Business process outsourcing» (BPO).
● <B> Comment changer cette mentalité «court-termiste» ? </B>
L?augmentation du prix de l?énergie parle déjà en notre faveur. Les entreprises réalisent qu?elles doivent commencer à trouver des solutions à ce problème, même si les actions ne suivent pas toujours. De notre côté, on espère, à travers nos cours de formations et nos intervenants étrangers, toucher les décideurs et les pousser à agir.
● <B> La mentalité prévalente semble, à tort, dire que la protection de l?environnement coûte trop cher?</B>
Au contraire : le respect de l?environnement peut générer des profits. Mais cela prendra du temps. Ce qui nous ramène à la question du retour sur l?investissement. Il faut savoir qu?en Europe, il y?a des normes très strictes dans le domaine de la construction, par exemple, pour favoriser les économies d?énergie. Ici, ce n?est pas du tout le cas.
● <B>Pensez-vous qu?il faudra mettre en place des lois similaires à Maurice ? </B>
Sans aucun doute. Il faut un contrôle plus strict du secteur de la construction, en termes de gestion de l?énergie. Ce qui implique aussi que des personnes compétentes doivent être formées pour veiller au respect de ces normes. J?espère que d?ici dix ans, il y aura de grandes améliorations.
Il y?a déjà eu une petite prise de conscience mais les mentalités n?ont pas encore changé. On voit encore des automobilistes balancer des ordures par les fenêtres des voitures?
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