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Le présumé «bourreau» du cheval compte se rendre à la police
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Le présumé «bourreau» du cheval compte se rendre à la police
Il est connu sous le sobriquet de Kheerdan et il serait le bourreau dans la mise à mort du cheval, Mythical Man. Selon des sources proches des enquêteurs, il a décidé, en consultation avec son avocat, de se constituer prisonnier ce matin aux casernes centrales.
L?exécution a eu lieu fin juillet mais le flou persiste quant à l?identité de la personne qui a filmé la scène pour ensuite la diffuser sur le net.
Trois suspects sont déjà sous les verrous. Ils sont le propriétaire du cheval, Sabir Joomunally, un palefrenier de l?écurie Merven, âgé de 25 ans et habitant Vallée-des-Prêtres, Mohammad Ramizally Bhugaloo, 18 ans et aussi de Vallée-des-Prêtres ainsi qu?Ilfaan Keramuth, 18 ans et résidant à Camp-Yoloff.
Ilfaan Keramuth aurait tenu les rênes du cheval pour permettre au «bourreau» de trancher la gorge de l?animal et Mohammad Ramizally Bhugaloo aurait aidé ses acolytes à brûler le cadavre du cheval. D?après leurs interrogatoires, leur acte aurait été motivé par le désir «d?abréger les souffrances de la bête qui souffrait d?une grave infection à la patte». Après avoir été égorgé sur le flanc de la colline de Vallée-des-Prêtres, Mythical Man a été brûlé pour «éviter les risques de maladies».
Hier le suspect Mohammad Ramizally Bhugaloo, a été présenté devant le tribunal de Port Louis sous une charge de «killing animal» avant d?être reconduit en cellule. Les deux autres suspects sont en détention après leurs interrogatoires par la Criminal Investigation Division de Port-Louis Sud aux casernes centrales. Ils comparaissent en cour aujourd?hui.
Dans sa version, Ilfaan Keramuth explique qu?il avait la garde du cheval. Selon lui, la bête s?est pris la patte dans une corde et sa blessure s?est infectée. N?ayant pas les moyens de payer un vétérinaire, il dit avoir tenté de soigner le cheval avec des médicaments mais en vain.
Il affirme que ne pouvant plus supporter de regarder Mythical Man souffrir autant, ses amis et lui auraient pris la décision d?abréger ses souffrances. Cela après avoir obtenu l?approbation du propriétaire, Sabir Joomunally. Il précise que le jour de l?abattage de l?animal, il n?a fait que tenir les rênes de l?animal.
De son côté, Sabir Joomunally concède qu?il a donné l?ordre de tuer Mythical Man mais qu?il n?était pas présent le jour de la mise à mort et qu?il n?a pas demandé une exécution aussi atroce.
L?affaire éclate, mercredi dernier, lorsqu?un agent de sécurité du Mauritius Turf Club alerte la police sur un clip posté sur le net. Des images d?une rare violence, montrant l?égorgement d?un cheval. Il est persuadé qu?il s?agit de Mythical Man, un ex-cour-sier de l?écurie Ramdin.
Ce scandale prend une autre tournure lorsque les associations étrangères, militant pour la protection des animaux, attirent l?attention de la Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA), menaçant même de démarrer une campagne contre Maurice si des sanctions ne sont pas prises contre les auteurs de cet acte de barbarie. Des responsables de la MSPCA consignent à leur tour une déposition à la police.
<B>Kursley THANAY</B>
CRUAUTE ENVERS DES ANIMAUX
<B>Peines et amendes</B>
■ La cruauté envers les animaux est sanctionnée comme suit. L?article 358 du code pénal prévoit que quiconque aura empoisonné des chevaux ou autres bêtes de voiture, de monture ou de charge, des bestiaux à cornes, des moutons, chèvres, porcs, chiens de garde, animaux de basse-cour ou des poissons dans des étangs, viviers, réservoirs ou rivières, sera puni d?une peine de prison pouvant aller jusqu?à dix 10 ans et une amende à hauteur de Rs 10 000. Ces mêmes sanctions s?appliquent pour ceux qui «méchamment et à dessein, auront blessé, estropié ou encore tué un animal dont la garde leur a été confiée». Cela aux termes de l?article 361 du code pénal. Toutefois l?article 359 du code pénal précise que si le délit a été commis à un endroit autre que les bâtiments, enclos et dépendances, ou sur les terres dont le maître de l?animal tué était propriétaire, fermier, colon ou encore le locataire, il sera alors puni d?un emprisonnement qui ne pourra excéder un an de prison.
MIEUX COMPRENDRE
<B>A la retraite et après?</B>
Mythical Man, le cheval massacré, déchaîne les passions depuis vendredi. Bon nombre se posent des questions. Comment ces jeunes ont-il obtenu ce coursier à la retraite ? Que deviennent les chevaux lorsqu?ils sont trop vieux pour le Champ-de-Mars ? Il s?avère que ce n?est pas aussi difficile qu?on le croit.
«Je n?ai jamais entendu parler de transaction financière à ce niveau, affirme Khalid Rawat, assistant secrétaire et Racing Manager au Mauritius Turf Club (MTC). Les chevaux à la retraite sont offerts en cadeau et c?est ainsi que je suis moi-même devenu propriétaire d?un ancien coursier.»
Le MTC agit parfois comme intermédiaire entre une écurie et des personnes qui souhaitent avoir un cheval à la retraite. En général, ce sont des amoureux de chevaux, des propriétaires de clubs hippiques ou d?hôtels. Ces vieux chevaux sont alors «recyclés» pour les balades sur la plage pour enfants ou alors certains particuliers se font un plaisir de les enfourcher périodiquement.
Qu?on se le dise : il n?y a pas d?âge pour la retraite d?un cheval. «Un poulain de trois ans, avec un problème physique, n?est pas apte à la compétition, explique Khalid Rawat, et de ce fait, il sera mis à la retraite.» Sans soucis physiques spécifiques, c?est l?âge qui détermine la retraite de la bête mais il existe des cas où de très vieux chevaux sont toujours en compétition.
En général, ce sont les propriétaires et les entraîneurs des coursiers qui décident de leur départ à la retraite, ajoute Khalid Rawat, mais une fois, le cheval donné, le MTC ne s?en occupe plus.
Les chevaux de course reçoivent normalement des injections d?hormones pour compenser le fait d?être castrés. Une fois que le cheval ne fait plus partie du monde sportif, ces injections ne sont plus assurées. D?où la diminution de la masse musculaire et surtout s?il n?est pas bien traité.
L?entretien d?un cheval de course demande beaucoup d?argent en termes d?alimentation et de soins vétérinaires. Mais une fois à la retraite, il mange moins et son entretien revient à bien moins cher. Par contre, le cheval a un besoin vital d?espace pour se défouler.
Agé de 19 ans, Villiers est la propriété de Kush Ramdour depuis une dizaine d?années. «Le cheval est légèrement entraîné pour qu?il puisse être monté de temps en temps.» Michel Pommaret, propriétaire d?une quinzaine de coursiers à la retraite, explique que cela coûte environ Rs 8 000 par mois pour l?entretien.
<B>Vincent POTAGE</B>
REUNION
<B>Le ministre Faugoo compte revoir la loi </B>
■ Une réunion, hier, au ministère de l?Agro-Industrie a permis de faire le point sur les incidents impliquant un cheval sauvagement égorgé.
Lors de cette rencontre avec le «Mauritius Turf Club», l?organisation «Protection of Animals Welfare Society» et la «Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals» (MSPCA), le ministre Satish Faugoo a noté plusieurs faiblesses qui nécessitent des mesures correctives.
Un comité technique a été institué hier. Une deuxième réunion est prévue lundi prochain. «Il y a d?abord la loi de la MSPCA qui mérite une révision de fond tant pour les sanctions que pour le mécanisme de suivi des chevaux retraités. Nous avons constaté que ces animaux se retrouvent dans des conditions déplorables et c?est inacceptable. D?ailleurs, personne ne peut rester insensible à cette atrocité que je condamne sans réserve.»
Le ministre estime aussi que les gens ne sont pas assez conscients de la cruauté envers les animaux. D?où son souhait de lancer une campagne de sensibilisation.
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