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Naïvetés de Marco François
Sans prétention. Marco François peint ce qu?il connaît. Ce qu?il a vécu. Une existence de pêcheur à habitant Saint-Gabriel, Rodrigues. Des jours entre mer et ferme. Entre ourites mises à sécher, entre soleil tapant dur sur le chapeau de paille. Que ce soit debout dans une pirogue. Ou le dos courbé, la pioche à la main, à faire venir du maïs et des légumes dans son jardin. Ou encore à s?occuper de poules, vaches ou cochons.
C?est dans cet univers à la fois si familier mais peint avec une étonnante fantaisie que nous convie Marco François. Ses ?uvres sont exposées jusqu?à vendredi au premier étage du Craft Market au Caudan.
Visiter le monde de Marco, c?est faire le plein de soleil, de couleurs. De ciels roses, de personnages peints en noir ? rappelant l?une des caractéristiques de l?art africain. Le jeune peintre lui n?a que faire des étiquettes. Lui, a appris sous la conduite de celle qui est aujourd?hui sa femme : Emilie Poupard, chanteuse et peintre elle-même.
Quand on demande à Marco François si cela a été dur d?apprendre, si cela lui a pris longtemps, il répond, «pa bizin dir komye letan, dir zis boukou letan». On l?imagine appliqué, penché sur sa feuille. Traçant ses bonshommes avec doigté. Agrémentant une jupe de motifs soleil, une blouse de triangles assortis.
Avant de s?essayer à la perspective. De placer des maisons en hauteur par rapport aux personnages, pour montrer la distance relative de tous les éléments de son tableau. Puis, il s?est passionné pour le travail de coloriste. Jouant avec les pâles et foncés, pour signifier, là le bombé du toit d?une échoppe au marché, là, la pente d?un chemin.
Tant pis si les sujets finissent à force par être un peu répétitifs. Que l?on visite au moins quatre bazars, qu?on fasse le tour de plusieurs plaines. Marco François n?y perd rien de son âme d?enfant.
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