Publicité

COI : brandir l?identité commune

17 septembre 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Nad SIVARAMEN</B>

On attend du concret de Callixte d?Offay, qu?il redynamise la COI. Les grands discours sur la coopération régionale, il y en a eu des kilomètres et des kilomètres. A chaque occasion qui se présente, on vend ce même concept. Dans le concret, alors que la commission compte pratiquement un quart de siècle d?existence, il faut se rendre à l?évidence que la COI (a) encore à faire pour affirmer son image dans la région et imprimer sa présence d?une manière forte et durable.

«En créant la première organisation de coopération régionale dans la zone Afrique orientale et australe, nos Etats membres ont fait ?uvre de pionniers. Mais force est de constater, 25 ans après, que les missions et les réalisations de la COI restent encore mal connues des populations», reconnaît Callixte d?Offay, dans sa première note aux lecteurs de la zone.

Selon lui, il y a trois raisons qui plombent la commission. Primo, on a tendance à comparer la COI avec la SADC ou le Comesa «organisations dont la taille et les moyens sont sans commune mesure avec les nôtres.» Deuxio : les cinq Etats membres ne verraient «pas toujours les retombées des programmes et projets de la COI sur leur développement national.» Et tertio : il y a une nécessité de renforcer «le professionnalisme et l?efficacité du secrétariat de la COI pour faire face à l?évolution d?un portefeuille de projets qui a triplé au cours des cinq dernières années.»

C?est clair que sans financement, la COI tombe à l?eau. Et que les faibles contributions des Etats membres ne pèsent pas lourd dans la balance régionale. Mais ce qui importe c?est qu?on arrive, malgré tout, à créer ce sentiment d?appartenance à un bloc commun. Dans son livre, «Du rêve à l?action», Paul Vergès confie que «la tâche qui est devant nous est de savoir comment forger dans le Sud-Ouest de l?Océan Indien une unité entre ces îles».

Valeur du jour, Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles et La Réunion comptent quelque 22 millions d?habitants. Ce nombre va doubler en 2050. Ce qui nous donnera une masse critique encore plus intéressante en termes de commerce régional.

A La Réunion, les assises du Tourisme ont évoqué l?expérience du tourisme mauricien qui pourrait servir de phare pour la sous-région. Alors que la crise alimentaire, Madagascar, avec l?appui de la COI, pourrait redevenir le grenier à riz. Les Comores qui souffrent d?une grave crise énergétique pourraient bénéficier grandement de l?expertise réunionnaise dans le domaine des énergies renouvelables. Pour gérer ses îlots, Maurice pourrait s?inspirer des Seychelles. Et ainsi de suite...

Aujourd?hui si la région fait parler d?elle dans l?actualité internationale, c?est surtout à cause de la zone de pêche située au nord-ouest des Seychelles, qui est infestée de pirates. Les navires des pirates sont rapides et modernes, alors que le système de surveillance côtière de chaque pays de la COI est dérisoire (hormis la Réunion et sa marine française). Le programme de surveillance régionale est un bon début mais il faut faire plus...

Pour ne pas être en reste, en cette période d?alerte aux pirates, la COI doit se faire plus visible et surtout venir de l?avant pour sécuriser la zone et rassurer les opérateurs touristiques que le sud-ouest de l?océan Indien n?est pas encore comme les eaux troubles de la Somalie...

La COI qui se définit comme une organisation sous-régionale appelée à défendre les intérêts insulaires (l?isolement, l?étroitesse des marchés, la fragilité environnementale, la prédisposition aux catastrophes naturelles) a plus d?une chance, en ces temps agités, de démontrer que notre identité commune peut se hisser à la hauteur de la coopération régionale, derrière laquelle on court inlassablement...

Publicité