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Bouleversant !

18 septembre 2008, 00:00

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Des Eclaireurs (habitants engagés dans le volontariat)de l?Association pour le développement de Barkly, et d?autres habitants de l?endroit, se sont rendus pour la deuxième fois dimanche dernier (leur première visite remonte à mai) à African Town à Riambel, pour distribuer des vêtements, des jouets et des savates aux enfants de cette localité. Les adultes étaient accompagnés de leurs enfants, des adolescents âgés de 12 à 15 ans.

Brian Pitchen et Joëlle Rabot, les deux principaux animateurs de cette association, expliquent : «Notre objectif est de faire nos amis et ces jeunes voir de près l?ampleur de la misère. Ils ont été abasourdis par ce qu?ils ont vu. Ils n?imaginaient pas qu?une telle misère puisse encore exister dans l?île Maurice de 2008».

Joyce et Arianne, deux jeunes, ont été choqués lorsqu?ils ont appris que beaucoup d?enfants ne vont pas à l?école parce que trop pauvres : «Nou leker serré letan nou finn trouve sa la kalité misère la».

Beaucoup d?élèves ne finissent même pas le cycle primaire. La principale cause est qu?il n?y aura pas de débouchés pour eux .

Sans eau ni électricité</B>

Ce qui frappe au premier abord, c?est que la quarantaine de familles qui habitent le quartier visité semblent être résignées à leur sort, endurcies par les épreuves. C?est le cas de Malawtee Doolbar, une veuve. Son mari s?est tué dans un accident de la route. Cette mère de quatre enfants, âgés de 4 et 12 ans, vit sans eau, sans électricité et sans toilettes depuis qu?elle est venue s?installer dans ce coin.

Elle dépend uniquement de sa pension de veuve et de l?aide financière de sa mère pour joindre les deux bouts.

«Nou bisin alle cotte voisin», confie Malawtee qui ne finit pas de parler des difficultés qu?elle rencontre pour pouvoir subvenir à ses besoins. Aucune aide du Trust Fund For The Intergration of Vulnerable Groups (TFIVG). Malawtee attend toujours l?arrivée d?un facilitateur social en la personne de Nathalie Isidore , pour enclencher la procédure usuelle.

«Mo népli conne qui la porte bisin aie frappé», dit-elle, en présence de Elodie Randhany, conseillère du village de Riambel.

Elle vient régulièrement la soutenir et ne cache pas elle aussi son irritation lorsqu?elle évoque les longues procédures administratives auxquelles sont confrontées certaines familles avant de bénéficier d?une aide officielle.

«C?est à n?y rien comprendre.. Cette famille répond à tous les critères pour obtenir de l?aide», insiste Rosemary Ramdhany.

Nathalie Isodore, facilitator au sein du TFIVG, donne sa version : «Nous n?étions pas en mesure d?aider cette famille car elle n?avait pas l?official contract du ministère du Logement pour aller de l?avant avec la construction de sa maison. Dès lundi, nous avons enclenché la procédure pour puiser des fonds du TFIVG pour l?aider», expliquait Nathalie hier.

«L?aide qu?apportent des volontaires pour aider ces familles est nettement insuffisante pour leur sortir de la misère. Le gouvernement doit impérativement mobiliser toutes les ressources nécessaires pour les soutenir, lance Brian Pitchen, visiblement bouleversé qui revient une visite chez une famille. Ce jeune prof et travailleur social n?en est pourtant pas à sa première expérience en ce qui concerne le constat de la détresse humaine. Il pense qu?il faut réparer d?urgence les sentiers sinueux et escarpés de ce patelin et faire en sorte qu?elles soient dotées de points de lumière. Il faut, en effet, faire de grands détours pour arriver à rencontrer une famille ou un voisin.Joëlle Rabot partage l?avis de Brian : «Cette situation de précarité risque d?avoir de graves conséquences sur les enfants et les familles, qui sont mal encadrées».

En attendant, Chantal et d?autres membres de cette association, mettront tout en ?uvre pour avoir des vêtements, des chaussures et d?autres objets encore utiles pour la prochaine visite qu?ils feront pour la Noël.

Quant à Marie-Josée , elle a promis de raconter à ses deux enfants la misère qu?elle a touché du doigt pendant cette demi-journée avec les familles de African Town. Il sauront ce qu?est la vraie misère et apprendront à ne plus faire du gaspillage.

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