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Les planteurs se plaignent de? l?abondance des légumes
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Les planteurs se plaignent de? l?abondance des légumes
Le bonheur des uns ne fait pas nécessairement celui des autres. Si actuellement votre «tente bazar» se remplit plutôt facilement, il en va autrement pour les poches des planteurs. C?est du moins ce qu?affirment ces derniers.
«A moins de Rs 10 la livre, la pomme d?amour semble orienter le prix des légumes en cette fin d?hiver», constate Mehdi Rahimbaccus, un jeune planteur de Quatre-Bornes et directeur de l?entreprise Les Serres du Nord. Il vend des légumes frais, deux fois par semaine, au bazar de Quatre-Bornes. Cependant, il affirme que les recettes ne suivent pas l?état des légumes. «Les prix sont au plus bas et aucun planteur ne peut, ainsi, rentabiliser ses investissements.»
Mehdi Rahimbaccus explique que pour bien écouler ses produits, il a développé une clientèle diversifiée et composée d?hôtels, de grandes surfaces et de particuliers. Malgré cette diversité de clients, les difficultés ne lui sont pas épargnées. Il estime que les planteurs de légumes sont victimes d?un manque de planification dans le système de production au niveau national.
«Une bonne saison» </B>
«Ces bas prix ne sont pas nouveaux et nous vivons cette situation presque chaque année», ajoute Raj Ramnauth, responsable statistique de l?Agricultural Research Extension Unit (AREU), qui parle plutôt de bonnes récoltes. Selon lui, la variété des légumes a peut-être augmenté le choix des consommateurs. Par effet de substitution, ces derniers ont, par exemple, diminué leur consommation de carottes pour manger plutôt des choux. «A mon avis, les prix sont raisonnables et les consommateurs en sont contents.»
Le phénomène est cyclique et les planteurs de légumes connaissent leur meilleure période en fin d?année où la quantité sous culture est bien souvent inférieure à la normale. Pour différentes raisons, comme le climat en été et les cyclones, les planteurs se gardent de produire. Il y a baisse de variétés et le volume des produits sur le marché est faible.
«En été, le prix de la pomme d?amour tourne autour de Rs 50 la livre et ça fait la joie des planteurs mais ce prix est au-dessus de la moyenne et cette situation ne va pas durer toute l?année», fait remarquer Raj Ramnauth. L?AREU se réjouit aussi d?une bonne saison qui a été très peu bouleversée par des aléas climatiques. Les dégâts occasionnés par les pluies torrentielles, au mois de mars, ont motivé les planteurs à se lancer à fond dans la production, ce qui a amené cette dernière à son niveau actuel.
Selon, Raj Ramnauth, la production et la productivité des légumes, enregistrées cette saison, sont satisfaisantes. Il estime toutefois que la gestion des marchés n?a certainement pas suivi la même dynamique et que les marchés de vente à l?encan sont souvent submergés de légumes. Ce qui a naturellement un impact sur le prix.
Les rapports avec les vendeurs à l?encan et les planteurs de légumes n?ont pas toujours été cordiaux. Mehdi Rahimbaccus nous raconte son expérience récente au marché de vente à l?encan où il s?est fait remettre des recettes comptant pour Rs 6 la livre de pommes d?amour vendue alors que le produit a été cédé au marchand à Rs 8 la livre. Il juge désuet le système de fonctionnement des marchés de vente à l?encan.
D?après Raj Ramnauth, les planteurs doivent revoir la manière de vendre leurs produits en développant de nouveaux marchés. Il reconnaît que l?état actuel d?un marché, comme celui de Port-Louis, ne garantit pas la vente des légumes dans des conditions appropriées. Il invite les planteurs à développer des synergies pour acquérir ensemble le stock d?intrants et les systèmes d?irrigation afin d?améliorer les coûts.
Les planteurs qui optent pour la vente à l?encan ont toutes les chances de voir diminuer la qualité physique de leur produit durant le transport et avec l?emplacement d?exposition du produit car la baisse de qualité physique fait perdre une grande valeur au produit.
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