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Maires-conseillers : je t?aime, moi non plus
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Maires-conseillers : je t?aime, moi non plus
Assurer le bon fonctionnement d?une municipalité n?est pas une sinécure. Entre les disputes fréquentes, et les coups bas, maires et conseillers passent davantage de temps à se tirer dans les pattes qu?à administrer leurs villes. Une situation que décrient nombre de citadins, excédés par ces querelles partisanes. Résultats : prises de décision reportées, des projets qui restent dans les tiroirs, boycott des réunions du conseil et dénonciations anonymes sont désormais le quotidien des hôtels de ville. Petit tour d?horizon des dissensions qui paralysent les municipalités.
■ <B>Beau-Bassin-Rose-Hill : Le billet gagnant?</B>
La fronde qui secouait, il y a quelques semaines encore, la municipalité des villes s?urs semble n?être plus qu?un mauvais souvenir. Du moins en apparence. Les conseillers, qui s?en sont pris au maire, Ramalingum Maistry, à maintes reprises en boycottant ses réunions et en allant jusqu?à réclamer sa destitution, seraient revenus à de meilleurs sentiments. Un retournement de situation qui en a surpris plus d?un.
L?un des conseillers contestataires laisse, au détour d?une conversation, entendre la raison derrière ce changement d?attitude envers le maire : un voyage à Durban ? du 19 au 23 septembre prochain ? à l?occasion du jumelage de la municipalité avec cette ville d?Afrique du Sud. Ne souhaitant pas être exclus de la délégation, les conseillers ont préféré mettre de côté leurs désaccords et regagner l?estime du maire. Sait-on jamais?
Un autre conseiller, qui s?est plus d?une fois opposé au maire, nie pour sa part tout lien entre le dégel des relations et le voyage en Afrique du Sud. « Les jumelages sont l?un des aspects importants de notre travail. Ce serait dommage que nous ne puissions pas faire notre travail à cause de certaines divergences », explique-t-il toutefois.
Ce revirement de situation n?est pas pour déplaire à Ramalingum Maistry. Et de laisser entendre que certains de ses plus farouches opposants ne se sont pas fait prier pour manifester leur souhait de l?accompagner à Durban.
Mais fair-play, il se contente de déclarer : « Les frictions qui m?ont opposé aux conseillers ne portaient que sur des peccadilles. Tout est maintenant retourné à la normale. » Et à un observateur de prédire : « Attendez-vous à ce que la contestation reprenne de plus belle une fois tous les voyages effectués. »
■ <B>Curepipe : Les petites misères du maire</B>
L?adjoint au maire, Vicky Beetun, a cette semaine étalé ses petites misères sur la place publique. Alors qu?il assure l?intérim ? le maire, Kumar Bangheeruthy étant en déplacement en Italie ? il se retrouve sans voiture officielle et donc incapable, raconte-t-il, d?assumer pleinement ses fonctions. Exigeant des explications, le maire de la ville lumière s?est vu répondre que la BMW du maire se trouve au garage pour y être réparée. Une explication qui n?a pas satisfait Vicky Beetun qui a tenu à interpeller le conseil municipal sur cette question. Ce dernier a finalement accepté de lui allouer un véhicule, mais pas de chauffeur.
D?aucuns estiment que certains membres du conseil, qui ne portent pas l?adjoint au maire dans leur c?ur, lui mettraient des bâtons dans les roues. « Ce n?est pas la première fois qu?on lui joue un tel tour. Il est clair qu?il fait l?objet d?un acharnement de certains membres du conseil, qui ne l?apprécient pas », lâche un conseiller. Les détracteurs de l?adjoint au maire estiment pour leur part que celui-ci entretiendrait des relations de travail « compliquées » avec eux. Ces derniers confient attendre le retour du maire pour se remettre au travail. Entre-temps, partisans et opposants de l?adjoint au maire s?observent du coin de l??il.
■ <B>Port-Louis : Le champ de bataille</B>
Dans la capitale, les méthodes quelque peu « expéditives » du lord-maire Fritz Thomas font toujours autant tiquer les conseillers. Ces derniers, excédés, ont même émis un stay of execution il y a un mois pour contrer une décision du lord-maire. Celui-ci envisageait en effet d?augmenter le prix de location des salles polyvalentes. « Nous pensions qu?il avait retenu la leçon, mais il n?en est rien. Il n?en fait qu?à sa tête », se désole un conseiller qui ne cache pas son ras-le-bol.
La dernière joute en date concerne l?attribution de la citoyenneté d?honneur. Aux dires de certains conseillers rouges, le maire aurait établi une liste de gens susceptibles de recevoir cette distinction sans aucune consultation. Les conseillers ont bruyamment protesté, à tel point qu?aucun compromis n?a pu être trouvé et la cérémonie, qui devait être organisée lors de la fête de la Cité, a été renvoyée à une date ultérieure. Un épisode qui illustre bien les dissensions qui minent le conseil municipal de Port-Louis.
Outre ses décisions que certains qualifient d?« arbitraires », les conseillers regrettent également que le maire effectue des site visits sans les en informer. « C?est la moindre des choses de nous tenir au courant de ces visites pour que l?on puisse y assister. Au lieu de cela, il préfère tout faire en catimini. Il n?a pas d?esprit d?équipe », lance un conseiller rouge.
Faux, réplique le principal concerné, qui assure ne faire que son travail.
« Pourquoi n?aurais-je pas le droit, en tant que maire, de descendre sur le terrain lorsqu?un citadin me fait part d?un problème. Et d?ailleurs, si les conseillers ne sont pas d?accord, ils peuvent soumettre leurs avis lors du conseil municipal. » En attendant un éventuel règlement de compte au prochain conseil, le lord-maire et les conseillers se regardent en chiens de faïence.
■ <B>Quatre-Bornes : La ville des fleurs? fanées</B>
Après un début d?année agité, la municipalité de la ville des fleurs a, semble-t-il, retrouvé une certaine sérénité. Tous ont encore en mémoire l?arrestation, en décembre dernier, du maire, Munee Seetohul, et de deux conseillers dans le cadre d?une enquête menée par l?ICAC entourant l?attribution d?étals à Quatre-Bornes. « Nous voulons nous mettre au travail le plus rapidement possible pour faire oublier aux citadins ce triste épisode », souligne un conseiller. Depuis, c?est Jean-François Batour, l?adjoint au maire, qui assure l?intérim.
Mais la transition, qui n?a pas été aisée, a laissé des séquelles. Ainsi, en coulisse, certains conseillers se tirent dans les pattes et réclament la tenue d?une nouvelle élection pour élire un nouveau maire. Car pour s?imposer, il a fallu à l?adjoint au maire donner l?assurance aux partisans du maire que celui-ci pourrait reprendre son poste à l?issue de l?enquête dont il fait l?objet. Une décision qui a été loin de faire l?unanimité auprès des opposants. Ceux-ci ont souligné que conformément à la législation, un congé ne peut être accordé que pour une période de six mois.
« Un maire digne de ce nom aurait dû démissionner dès que son nom a été mentionné dans cette affaire. Au lieu de quoi, il se permet de prendre un congé à durée indéterminée et met ainsi la municipalité dans une situation embarrassante », tempête un conseiller de la ville des fleurs. Et de déclarer qu?il serait temps de « tourner définitivement la page » et d?organiser des élections.
Une polémique qui ne semble nullement affecter le maire par intérim qui se dit satisfait du fonctionnement des comités. « Les conseillers sont motivés et travaillent dur pour faire aboutir les projets en chantier », assure-t-il. Affaire à suivre?
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