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Madagascar : l?opposition persiste et signe

4 septembre 2008, 00:00

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Pas de recul pour l?opposition malgré l?arrestation de certains de ses membres. Au contraire, elle durcit les manifestations dans les anciens chefs-lieux de province, surtout à Toliara, Toamasina et Antsiranana. Bruno Betiana, porte-parole de l?association des opposants alliés, a lancé, hier, ce défi au pouvoir, lors d?une conférence de presse donnée par l?équipe de permanence, à la villa Elisabeth à Ivandry. Il n?a pas mâché ses mots en s?adressant aux responsables de la sécurité nationale.

«Le ministre de l?Intérieur, les responsables de l?armée et de la gendarmerie devront donner un contre-ordre afin de mettre fin à ces arrestations. Dans tous les cas, les manifestants ne reculeront pas et il faudra les laisser s?exprimer tant que Madagascar est considérée comme une République», a-t-il signifié en présence de l?ancien président de la République Albert Zafy et des dirigeants politiques de l?opposition.

Parmi ceux-ci, Maurice Beranto du Rassemblement des démocrates de Madagascar, Julien Reboza du Parti socialiste et démocratique pour l?union à Madagascar, Pierre Tsiranana du Parti fort démocrate de Madagascar, Tabera Randriamanantsoa du Conseil national des Etats fédérés, et Benjamin Vaovao, ancien sénateur de l?Avant-garde pour la rénovation de Madagascar.

Bruno Betiana a aussi profité de l?occasion pour dénoncer l?attitude de certains parlementaires qui abusent de leur titre pour inciter les autorités locales à recourir à la répression contre les manifestants. «Si l?Etat trouve que ces derniers ne sont pas nombreux, qu?il les laisse continuer et on verra ce qu?il en sera trois jours plus tard», a-t-il ajo uté.

Même si l?intervention d?Albert Zafy n?était pas inscrite au programme de la rencontre avec les membres de la presse, l?ancien chef d?Etat a montré un journal d?archives pour appuyer sa déclaration. Il a souligné l?acharnement avec lequel le pouvoir poursuit les opposants.

Un péché mortel

«Une prise de position contre le pouvoir est devenue un péché mortel», a-t-il soutenu, avant de condamner l?emprisonnement du contrôleur général de la police Emmanuel Razafindrazaka, plus connu sous le surnom de Bolo, du général Randrianafidisoa et de tous les détenus pour raison politique.

Dans le camp du pouvoir, des parlementaires jouent l?apaisement. C?est le cas de Dina Jeanne Fotomanantena, vice-présidente du Sénat issue de Toliara. Elle affirme que des négociations ont commencé pour calmer la situation.

«Nous voulons éviter d?éventuelles arrestations ou l?intervention musclée des éléments du maintien de l?ordre, car nous vivons avec les opposants dans la même circonscription», a-t-elle confié sans pourtant garantir l?aboutissement de la démarche.

Fano Rakotondrazaka

L?express de Madagascar

AVEC OU SANS AUTORISATION

■ Bruno Betiana a rapporté, hier à la villa Elisabeth, l?état actuel des manifestations dans différentes circonscriptions. Dans le Sud, les opposants se sont réunis, hier, à la crèche de l?Arema à Tsimenatse, en attendant la réponse à leur demande d?autorisation. Mais d?ores et déjà, ils ont soutenu que la descente dans la rue se fera avec ou sans consentement officiel. Même position de ceux d?Antsiranana, qui ont rempli les formalités administratives nécessaires auprès de la mairie, et de Toamasina, qui réclament la libération des manifestants arrêtés vendredi.

En ce qui concerne la capitale, une réunion du comité d?Antananarivo s?est tenue hier, sans qu?aucun programme de meeting n?ait été fixé.

Selon les chiffres avancés par Bruno Betiana, 32 districts ont vécu une fin de semaine agitée.

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