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Dans l?attente d?un «waterfront» pour faire revivre le village
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Dans l?attente d?un «waterfront» pour faire revivre le village
TREIZE heures. Aucune animation dans la région du débarcadère de Grande-Rivière-Sud-Est, excepté le service de ferry faisant de temps à autre la traversée entre Quatre-S?urs et le village pour transporter des habitants. Les bateaux de plaisance restent amarrés dans l?attente de quelques rares touristes qui passent par le village pour la croisière jusqu?à la fameuse cascade. Pourtant, au loin, à la hauteur de l?embouchure, des speedboats et des catamarans bondés de touristes, venant de Trou-d?Eau-Douce, se dirigent vers cette destination de prédilection.
Cette situation est une cause de frustration chez les plaisanciers. «Depuis l?interdiction de l?extraction de sable, GRSE est devenu un village mort. Le débarcadère, où il y avait autrefois une activité intense, est désert», fulmine France Andy, président du village et de l?Association des pêcheurs.
Des anciens extracteurs de sable se sont convertis en plaisanciers ou pêcheurs. Aujourd?hui, ils regrettent le bon vieux temps où ils gagnaient facilement leur vie. «Nous attendons le projet de waterfront depuis quatre ans, projet promis par deux gouvernements successifs. On en a fait état dans les deux derniers budgets, mais jusqu?à présent, il n?y a aucune démarche de la part du gouvernement pour faire démarrer le projet», déplore Beedianand Ramessur, conseiller de district de GRSE. «Ce projet aurait attiré des touristes et permis le développement des petites entreprises d?artisanat et la création d?emplois».
Aujourd?hui, la région du débarcadère destiné aux plaisanciers est gagnée par l?érosion. «Le projet de waterfront aurait arrêté cette dégradation et permis d?avoir une plate-forme appropriée pour l?embarquement et le débarquement des visiteurs», estime le conseiller de district.
<B>Baignade dangereuse</B>
Beedianand Ramessur explique : «Les plaisanciers de Trou-d?Eau-Douce auraient dû assurer seulement la croisière jusqu?à l?île-aux-Cerfs et passer la relève à ceux de GRSE pour la visite de la cascade. Mais comme le village n?est pas doté d?infrastructures d?accueil, il n?attire pas les visiteurs qui préfèrent se rendre à Trou-d?Eau-Douce».
France Andy attire également l?attention sur le danger qui guette les enfants en l?absence de mains courantes le long du débarcadère. «A l?entrée du débarcadère, il y a un panneau pour avertir que la baignade est dangereuse à cet endroit. Quelle ironie ? Faut-il qu?un enfant se noie pour que des mesures de sécurité pour les petits soient prises ?», se demande-t-il. «Quand la marée monte, l?eau est profonde et recouvre en partie le débarcadère. Toute chute peut être fatale pour un enfant. Encore une fois, le projet de waterfront aurait réglé ce problème».
Le front de mer, dans sa phase initiale, devrait s?étendre sur une distance de 500 mètres le long du débarcadère et comprendre des boutiques touristiques et des restaurants, entre autres. Le projet est estimé à quelque Rs 30 millions.
Beedianand Ramessur déplore aussi que le projet de création d?un tourist spot dans le quartier de Camp-Pêcheur n?ait toujours pas été approuvé. Ce projet a été soumis au Local Infrastructure Fund (LIF) géré par le ministère des Finances depuis des mois. «Avant, le conseil de village pouvait soumettre des projets directement au conseil des districts de Moka-Flacq pour être approuvés. Mais maintenant, la situation se complique avec le LIF. Si le projet n?est pas bien présenté, il risque d?être rejeté», fait-il remarquer. «Les conseillers sont avant tout des travailleurs sociaux et n?ont pas une bonne notion de la préparation des documents relatifs aux projets».
Le projet de tourist spot à Camp-Pêcheur, quartier très fréquenté de GRSE, est estimé à Rs 400 000. Le conseiller demande aussi que la plate-forme du débarcadère de Camp-Pêcheur, soit réhabilitée. «Les gabions installés ont été détruits, ce qui a provoqué un grave problème d?érosion. La plate-forme est fissurée en plusieurs endroits et risque de céder lors d?un cyclone», met-il en garde.
Beedianand Ramessur affirme aussi que le village n?a bénéficié d?aucun projet avec l?argent versé par Anahita au ministère du Tourisme pour le développement des villages avoisinants. Il précise également que la National Development Unit (NDU) n?a réalisé aucun projet à GRSE ces deux dernières années.
«Dans la circonscription de Flacq-Bon-Accueil, plusieurs travaux ont été réalisés, mais au No. 10, il n?y a pas eu le moindre projet», fait-il remarquer. «Un budget additionnel de Rs 25 millions a été accordé par le ministère des Administrations régionales pour différents projets dans la circonscription de Moka-Quartier-Militaire où une élection partielle pourrait avoir lieu».
Pour attirer des touristes, des endroits ayant marqué l?histoire du village méritent d?être réhabilités. «Avant, des chalands passaient par GRSE. L?ancienne gare ferroviaire était un point névralgique du village pour le transport des voyageurs et du bois d?ébène. Malheureusement, ce patrimoine historique est aujourd?hui à l?abandon. Des gens pillent même les pierres de taille», indique France Andy.
France Andy et Beedianand Ramessur proposent la transformation de la gare routière en centre culturel. «Des photos et des gravures sur l?histoire du village doivent également être exposées en permanence dans ce centre à l?intention des visiteurs», suggère France Andy.
Le président du village estime que des infrastructures touristiques permettront aux villageois d?ouvrir par exemple des tables d?hôte ou des gîtes.
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