Publicité

L?intolérante

1 septembre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Aime-moi ou Tais-toi : cette devise conviendrait parfaitement à MT. Cette compagnie vient de licencier deux employés parce que ceux-ci ont refusé de se taire devant ce qu?ils considèrent être des abus de la part de leur direction. Les deux salariés congédiés sont des dirigeants syndicaux qui ne veulent pas servir de marchepieds à leur direction. Ils ont payé au prix fort leur liberté de ton.

Le premier, Raj Rughoonath, est président de la Mauitius Telecom Employees Union. Il avait, en mars 2007, porté plainte à l?ICAC contre le directeur exécutif de MT, Sarat Lallah, qu?il accusait de vouloir le soudoyer. Il alléguait alors que le CEO de MT lui aurait proposé un contrat de service traiteur valant Rs 125 000 par mois pour des prestations à la cantine de l?entreprise située à la Telecom Tower. En contrepartie, il devait, dit-il, mettre en sourdine ses désaccords avec ses employeurs.

Dans sa déposition, il va jusqu?à affirmer que l?ébauche d?un document d?appel d?offres taillé sur mesure pour lui avait déjà été rédigée. Par la suite, une analyse du disque dur d?un ordinateur de MT saisi par les limiers de l?ICAC devait, effectivement, confirmer l?existence de l?ébauche d?un contrat de service traiteur. Les fichiers en question avaient été effacés mais des spécialistes en informatique ont pu les restituer. Depuis, l?enquête de l?ICAC semble avoir été mise en veilleuse.

Le second, Indiren Carpanen, a réclamé, aux côtés de Raj Rughoonath, lors d?une récente conférence de presse, une commission d?enquête sur le passage à l?Orange de Cellplus, principale filiale de MT. Il estime que l?opération a couté plus de Rs 200 millions à MT.

L?intolérance est peut-être le trait le plus marquant de la culture de MT. Elle réagit de façon brutale quand l?usager ose lui reprocher ses tarifs élevés ou l?inefficience de ses services. Elle estime qu?elle n?a de comptes à rendre à personne. Pourtant MT est une société dans laquelle l?Etat mauricien détient 60 % des actions, ce qui donne au contribuable un droit de regard sur la gestion de l?entreprise.

C?est dans le même registre provocateur que le directeur exécutif de MT avait puisé pour répondre à un journaliste de «l?express» qui l?interrogeait en juillet 2006 sur la restructuration de la compagnie. Il a tenu des propos outrageants envers le journaliste, Patrick Hilbert, parce que celui-ci «insistait et exigeait des explications de ma part», devait-il admettre dans une mise au point envoyée au journal. Il s?est plaint, dans sa lettre, que le journaliste ne s?est pas contenté d?un communiqué officiel et voulait davantage de renseignements. En revanche, il s?est félicité qu?un autre journal avait tout simplement «repris les éléments du communiqué pour en faire son titre».

Les usagers auront raison s?ils commencent à se poser des questions sur cette entreprise qui insulte des journalistes inquisiteurs, boycotte des journaux indépendants et réprime des syndicalistes critiques.

Publicité