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Décision d?envoyer une mission de promotion à H. Kong

29 août 2008, 00:00

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Moins d?une semaine après le scrutin législatif du 21 août 1983, avant même la désignation du 3e gouvernement Jugnauth, ce dernier prend la décision d?envoyer, en novembre 1983, une mission de promotion industrielle à Hong Kong. En 2008, cette nouvelle ferait, au mieux, l?objet d?un entrefilet. Pendant le quart de siècle écoulé, des missions analogues se sont multipliées et même diversifiées. Nous sommes passés, depuis, à la promotion touristique, à la quête d?investisseurs et de promoteurs de services financiers, de banking offshore. Il y a eu ensuite les retombées bénéfiques du prophétique voyage de Sir Anerood Jugnauth, rapportant de son voyage de prospection à Bangalore, le mirifique projet de cybercité et même de faire de l?île Maurice une île... intelligente. Nous avons, depuis, le Business Park, le Board of Investments, l?Enterprise Mauritius, l?Empowerment Program. Tout cela dans le but d?ajouter de nouveaux piliers économiques à notre Sucre (vache sacrée en voie de stérilisation, abstraction faite pour nos sucres spéciaux et les possibilités d?une mutation en industrie cannière), à notre textile (dans l?attente d?une augmentation des salaires en Chine et, par conséquent, d?une hausse des coûts chinois de production), à notre tourisme (que menace toute hausse du coût des billets d?avion, pour cause d?ascension vertigineuse des prix des carburants).

Il serait, toutefois, inexact d?attribuer au seul 3e gouvernement Jugnauth l?initiative des missions de promotion industrielle. Celle-ci revient tout autant à des visionnaires du secteur privé, comme José Poncini et Edouard Lim Fat, à des hauts fonctionnaires du calibre du regretté Benoît Arouff, ou encore à des politiciens comme Guy Marchand mais surtout Gaëtan Duval. Quand Sir Seewoosagur Ramgoolam boute ce dernier hors de son gouvernement, en décembre 1973, la vogue des missions industrielles connaît un dangereux ralentissement qui se prolonge pratiquement jusqu?au mois d?août 1983.

Il est, en effet, difficile d?empêcher à un gouvernement simplement travailliste et ramgoolamien, privé de son animation duvalienne, de retourner illico à ses vieux démons d?attentisme et de clientélisme. La promotion industrielle, initiée par les visionnaires précités, devient alors la cinquième roue de la carriole Maurice. Les titulaires de maroquins (marocains ministériels pour le Mauritius Today du 26 août 1983) sont davantage ministres du Commerce que de l?Industrie (comme depuis le 3 juillet 2005 d?ailleurs et nous en voulons pour preuve les épisodes de lait en poudre Amul, de farine turque, des Moulins de la Concorde, d?abord vomis pour être ensuite honteusement réingurgités ? spécialité pourtant éducative ?, les pénuries de riz de ration sur les étagères de nos supermarchés, l?ignominieuse fermeture de Desbro).

Les neuf mois du gouvernement MMM/PSM ne remédient guère au désintérêt gouvernemental pour la promotion industrielle, légué par sept ans et demi de gouvernement travailliste et ramgoolamien privé de l?éperon (ergot conviendrait mieux) duvalien. Les guéguerres intestines, opposant les frères ennemis Bérenger et Bhayat/Boodhoo, font qu?il est davantage question de coups bas, de coups de poignard dans le dos, de coutiou-coutiou, à Plaisance, au retour de Jugnauth, que de projets d?envoi de promotion industrielle.

L?on parle ad nauseam de bons et de mauvais signaux que tout gouvernement émet parfois. L?expression est souvent galvaudée. Mais si bon signal gouvernemental il y a, il pourrait bien être celui dont fait état l?express du 27 août 1983 (excellent signal qu?on chercherait cependant en vain dans la presse gouvernementale de l?époque (Le Socialiste, The Nation, Advance, Mauritius Times, Mauritius Today). Ces journaux sont trop occupés à accuser la presse indépendante de ne pas être des suiveurs gouvernementaux inconditionnels pour s?intéresser à la promotion industrielle). Ce journal annonce donc l?envoi d?une mission de promotion industrielle à Hong Kong en novembre 1983. Il n?est pas en mesure de préciser qui la présidera, ni quels ministres la composeront. Il parle aussi de l?envoi d?une autre mission pour les Etats-Unis. Il sait seulement que «la promotion commerciale, industrielle et les encouragements aux investisseurs se poursuivront dans les semaines à venir».

Les méchantes langues (bien sûr pas crédibles) insinuent que ce projet de mission promotionnelle à Hong Kong date même du défunt gouvernement travailliste et ramgoolamien. Rendez-vous sont pris et les investisseurs hongkongais s?impatientent même. Les rendez-vous pris sont renvoyés de trimestre en trimestre pour cause de 3e roue de la charrette Maurice. Après les législatives du 21 août 1983, les officiels de l?Industrie suggèrent de nouveau le renvoi aux calendes grecques des demandes de rendez-vous. Ils tombent des nues quand leur parvient la réponse d?un gouvernement pas encore officiellement désigné : «N?annulez rien ! confirmez les rendez-vous pris toujours. Les noms des ministres missionnaires seront communiqués ultérieurement ». Il n?y a pas à dire : Coq santé ! Soleil lévé ! Le miracle mauricien peut commencer.

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