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Essence : automobilistes et industries dans l?attente d?une baisse
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Essence : automobilistes et industries dans l?attente d?une baisse
Quelle incidence aura la baisse spectaculaire du prix du baril de pétrole brut ? Alors qu?il y a un mois, il était de 147 US$, il est aujourd?hui de moins de 113 US$. Les points de vue varient tant sur les effets de cette baisse que sur le moment où ils se feront sentir. A première vue, la baisse pourrait bien avoir des répercussions positives, aussi bien pour les particuliers que pour les industries locales. Les opérateurs des divers secteurs surveillent tous le coût du baril du brut. Aubaine ou fausse alerte, on sera bientôt fixé.
Philip Lam, économiste, explique que la baisse du prix du baril de brut sur le marché international devrait normalement être synonyme d?une baisse des prix pour les produits pétroliers. De quoi rendre le sourire aux automobilistes. Une autre conséquence positive serait la tendance à la baisse de l?inflation au niveau international qui pourrait être accentuée par les nouveaux prix du baril de brut. Cette tendance mondiale pourrait être ressentie à Maurice également, à travers les prix des produits importés.
«Nous devons suivre la situation de près», dit Philip Lam. Pour lui, plusieurs facteurs peuvent également jouer contre une chute des prix, notamment une appréciation du dollar américain contre l?euro, en relation directe avec les nouveaux prix du pétrole. Cela défavoriserait les entreprises d?importation. Aussi, ceux qui importent leurs matières premières en dollar avant d?exporter le produit fini vers l?Europe pourraient souffrir d?une telle situation.
«Certains pays d?Europe vont mal, d?un point de vue économique», ajoute Philip Lam. De ce fait, les producteurs mauriciens pourraient être affectés par une baisse de la demande provenant de ces pays. Avec l?appréciation du dollar, les produits mauriciens pourraient perdre encore plus de compétitivité face à ceux des pays d?Asie.
Georges Chung Tick Kan, président de la Mauritius Export Association, affirme de son côté qu?il «est trop tôt pour se prononcer» quant à une baisse possible des prix des matières premières. «Nous serons fixés sur une baisse éventuelle dans deux à trois semaines», dit-il. Il s?agira alors de savoir si les effets se feront sentir sur le court terme ou sur le long terme. Il concède que la diminution notée du prix du baril de pétrole brut est en elle-même une bonne nouvelle. «C?est un début», affirme Georges Chung Tick Kan. Reste à savoir si la suite sera aussi réjouissante. «Dans peu de temps, nous en aurons le c?ur net», annonce-t-il.
Jayen Chellum, directeur de l?Association des consommateurs de l?île Maurice (ACIM), annonce qu?il rendra visite aux importateurs. Le but ? S?assurer que les intérêts des consommateurs ne sont pas lésés. «On garde un ?il sur les augmentations», dit le directeur de l?ACIM. Pour lui, les nouveaux prix du baril de pétrole brut auront des répercussions à Maurice, bien entendu au niveau des produits pétroliers. «Nous ferons le suivi des baisses», affirme-t-il.
Les compagnies maritimes seront également une priorité de l?ACIM, ajoute Jayen Chellum. L?augmentation des tarifs du fret est encore récente, explique-t-il. Il attend pour voir s?il y aura une baisse des tarifs pratiqués par ces compagnies maritimes. Il considère qu?elles seront parmi les premières qui seront touchées par la baisse du prix du baril de pétrole brut.
Du côté de la Mediterranean Shipping Company, on ne peut pas encore parler de baisse. «Les effets ne se feront pas ressentir avant un certain temps», affirme René Sanson, son directeur. Pour lui, seul un recul maintenu du prix du baril de pétrole brut aura une incidence réelle sur le marché local. René Sanson souligne le terme «décalage», pour expliquer que si baisse il y a, elle ne se fera pas ressentir avant quatre ou cinq mois.
Toutefois, si le prix du pétrole repart à la hausse, il ne devrait pas y avoir de changement, explique le directeur de la compagnie maritime.
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