Publicité

Huit ans de prison pour avoir torturé et tué un octogénaire

15 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il avait un emploi de «tomb cleaner» au Western Cemetry, à Cassis. Et c?est là, qu?en compagnie de cinq autres personnes, Mario Martha avait tué Jagarnath Bookhun, un habitant de Beau-Bassin âgé de 80 ans, qui était venu se recueillir sur la tombe d?un de ses ancêtres. C?était en mars 2000. Hier, le récidiviste, qui purge actuellement une peine d?emprisonnement pour un autre délit, a été condamné à huit ans de prison. Il a fait appel de sa sentence.

Six personnes avaient été arrêtées en 2000 à la suite de l?agression mortelle de Jagarnath Bookhun. L?octogénaire avait connu une fin atroce entre les mains de ses agresseurs au Western Cemetry.

Jagarnath, ne trouvant pas la tombe de son parent, et voulant éviter de tourner en rond, approche Mario Martha et sa femme, qui se trouvent à l?entrée du cimetière. Mais à la place des renseignements, il reçoit des coups. Il est traîné jusqu?à un endroit isolé du cimetière par le couple. Il sont rejoints par trois autres personnes.

Le vieil homme est ligoté, bâillonné et battu à mort. Il subit même des sévices sexuels. Les suspects lui volent les quelques roupies qu?il a dans la poche de sa chemise.

Violence rare

Ne le voyant pas rentrer, les proches de Jagarnath Bookhun consignent une déposition au poste de police de Beau-Bassin. Ce n?est que deux jours plus tard que le cadavre est découvert. L?octogénaire est méconnaissable. Dénudé, défiguré, démembré. L?homme a été agressé avec une rare violence.

L?enquête policière, menée par la Criminal Investigation Division(CID) du Sud, avait établi que Jagarnath Bookhun avait eu plusieurs membres fracturés. L?autopsie avait aussi révélé que la victime avait été sodomisée.

Les premiers indices recueillis par la CID de Port-Louis Sud avaient mis les enquêteurs sur la piste de la femme de Mario Martha. Arrêtée, elle devait incriminer son mari. Les révélations de la femme conduisent à l?arrestation de trois autres personnes, Louis Bruno Lutch-mee, Jean Henri Jean Pierre et Stéphano Félicité, tous des habitants de Cassis. Ces derniers étaient eux aussi poursuivis sous une accusation provisoire de wounds and blows causing death. L?acte d?accusation contre eux a toutefois été rayé en avril de cette année.

Au cours de l?enquête policière, il s?est avéré que c?est Mario Martha qui a sodomisé la victime après l?agression commune.

Appel

Le principal suspect a toutefois déclaré en cour qu?il n?était qu?un spectateur de ce crime. Il a minimisé sa participation. Mais son témoignage n?a pas convaincu le magistrat Patrick Kam Sing. «Malheureusement je ne peux vous condamner qu?à une peine d?emprisonnement de 8 ans. C?est la sentence maximale prévue par cette cour», a déclaré le magistrat. Il a par ailleurs indiqué en prononçant la sentence que «les actes commis par l?accusé sont graves et qu?il a un devoir de protéger la société et de décourager ce genre de délit, surtout envers les plus âgés».

«Mo ena kit choz pu dir la kur vot honeur», déclare de son côté Mario Martha en entendant la peine que lui inflige le magistrat. Mais trop tard. «J?ai fini de prononcer la sentence. Il vous reste deux options. Soit vous acceptez la sentence ou vous faites appel contre les 8 ans d?emprisonnement», lui dit le président de la cour. «Mo pou fer appel vot honeur», répond-il. Après avoir donné avis d?appel, Mario Martha a été reconduit en prison sous forte escorte policière.

Publicité