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Marie, femme universelle
Figure de la mère, de la femme qui marche toujours aux côtés de son fils. Son culte transcende la religion catholique, explique Alain Romaine, prêtre. Un culte qui s?exprime également dans les nombreuses grottes disséminées partout dans l?île. «Je crois que c?est aussi un phénomène d?identification. Je vois beaucoup de femmes, de mères ? moins les jeunes ? qui viennent, pas seulement la prier mais lui parler, lui confier leurs peines, comme à une maman.» Et Marie, c?est aussi celle qui intercède auprès de son fils.
Aujourd?hui 15 août, l?église catholique célèbre la fête de l?Assomption. Le diocèse de Port-Louis précise que par le mot «Assomption», l?«Eglise désigne l?élévation de la Sainte Vierge au ciel après sa mort». Deux traditions, disent-ils, évoquent la fin de la vie terrestre de la Vierge Marie. «L?une, orientale, parle de la dormition : Marie s?est endormie pour l?éternité. L?autre, occidentale, parle d?assomption : Marie a été élevée dans la gloire de Dieu auprès du Christ ressuscité.»
Toujours selon le diocèse, l?Assomption a toujours fait partie de la «foi constante de l?Eglise». Depuis l?église primitive. «Ce que la foi populaire reconnaissait depuis le IIème siècle, le pape Pie XII l?a proclamé solennellement, en 1950, comme faisant partie de la foi catholique.» C?est le 1er novembre 1950, le jour de la fête de tous les Saints, que le dogme de l?Assomption a été proclamé par le pape Pie XII. «Marie, l?immaculée, mère de Dieu, toujours vierge, à la fin de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.»
A Maurice, la fête de Marie, c?est aussi un aspect populaire bien présent. «Congé ou pas congé, les gens vont à la mer, passent la journée en famille.» Et n?oublient pas le «gato Marie», spécificité festive locale. «Il y a beaucoup d?affectivité liée à cette fête. Beaucoup, si ce n?est la plupart des catholiques, portent le prénom Marie.» Pour deux raisons : «elle est bénie entre toutes les femmes et elle a mis au monde le Sauveur».
Pour revenir à la symbolique spirituelle de la fête, Alain Romaine l?explique comme étant, «Marie qui participe à la gloire de son fils. Elle est la première à monter au ciel, c?est-à-dire à passer par la porte que Jésus a ouverte, parce qu?elle est une figure de proue, un modèle de chrétienne accomplie».
Humilité et pauvreté
L?Assomption est avant tout à être considérée, «pas dans son aspect chronologique ni biologique», précise Alain Romaine. «Mais dans ce que Marie incarne. On dépasse l?espace et le temps pour atteindre le ciel ? bleu comme la couleur que l?on porte ce jour-là.»
Marie femme universelle. Dépendant des interprétations, et des traditions, pour la vierge, c?est son côté maternel qui est mis en avant. «Dans les traditions plus récentes, c?est plus l?aspect humilité, pauvreté mais dans le sens de la disponibilité qui est mis en avant.» Ce qui relève de la «théologie de la libération», associée au Magnificat, chant de Marie où elle glorifie Dieu. Projetant l?image d?un Dieu qui se penche sur la plus petite de ses servantes afin de s?élever à lui.
Cette année, la messe de l?Assomption célébrée en l?église Notre-Dame-de-l?Assomption, à Roche-Bois, sera retransmise en direct à la télévision sur la MBC1 à 9 heures. Messe qui sera présidée par l?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice E. Piat. La messe de 9 heures célébrée en la chapelle Notre-Dame-de Banneaux, à Beau-Champ, sera quant à elle retransmise en direct à la radio. Un programme spécial à l?occasion du 150ème anniversaire de l?apparition de la Vierge Marie à Lourdes, en France, sera diffusée à 20h30 sur la première chaîne de la télévision nationale.
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