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Tropic Knits licencie 112 ouvriers
C?est par lettre individuelle qu?ils ont été prévenus. 112 ouvriers de l?usine de textile Tropic Knits Ltd ont été informés de leur licenciement hier. La plupart d?entre eux comptaient une vingtaine d?années de service au sein de cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de t-shirts pour le marché européen. Pour exprimer leur mécontentement, certains ouvriers ont organisé un rassemblement en face de l?usine.
«On aurait pu nous prévenir plus tôt», estime Sandya Ramcharun. Cette ouvrière avait été transférée de l?unité de St-Pierre à celle de Vacoas dans le cadre de la restructuration des activités de Tropic Knits. «La direction aurait pu quand même organiser une réunion pour nous expliquer pourquoi elle a pris une telle décision», fait ressortir son collègue Armance.
Interrogé hier pour expliquer les raisons de ce licenciement massif, Mario Poinen, directeur des ressources humaines, a déclaré qu?elles étaient multiples. «En gros, c?est pour diminuer les coûts de production pour qu?on puisse survivre», la compétition sur le marché international devenant de plus en plus rude. Les produits de Tropic Knits Ltd sont en concurrence avec ceux fabriqués à moindre coût au Bangladesh et en Chine.
Et afin que l?entreprise demeure compétitive, la direction a décidé de se séparer d?une partie de ses employés. Il justifie cette décision en avançant que ceux qui ont été licenciés n?arrivaient pas à s?adapter au rythme de travail depuis qu?ils avaient été transférés de Saint-Pierre. «Je n?irai pas jusqu?à dire que leur performance était mauvaise, prend-il la peine de préciser. C?est plutôt la fatigue et le poids de l?âge qui les empêchent de donner le meilleur d?eux-mêmes».
D?autre part, le directeur des ressources humaines a décidé de ne pas accorder un préavis de trois mois avant le licenciement. Car il estime que cela risquait de causer encore plus de tort à l?entreprise. «Le travail aurait certainement tourné au ralenti si on avait donné un préavis», pense-t-il. Tropic Knits Ltd a donc décidé de payer les trois mois de préavis, rembourser les congés de maladies et annuels, le bonus de fin d?année au prorata et des indemnités de licenciement équivalant à dix jours par année de service. «Nous sommes en train de payer plus ce qui est prévu par l?Industrial Expansion Act», rappelle Mario Poinen.
La direction de Tropic Knits Ltd a également décidé d?accorder une nouvelle chance aux ouvriers licenciés. Elle organise jeudi prochain un mini Job Fair dans la cour de l?usine. D?autres entreprises de la région y ont été invitées pour potentiellement embaucher les anciens ouvriers. Mario Poinen a déclaré que certains employés licenciés l?ont même remercié de les avoir indemnisés.
Le négociateur des licenciés, Fayzall Ally Beegun, ne croit pas aux dires du directeur des ressources humaines. «Les indemnités finiront un jour ou l?autre. Que feront ces ouvriers après ?» se demande-t-il. Quant au Job Fair, il ne pense pas qu?elle sera d?une grande utilité. «Quelles entreprises sont prêtes à recruter des ouvriers qui ont atteint la cinquantaine ?» Le syndicaliste a invité les ouvriers de cette entreprise à se manifester bruyamment si la direction décidait de recruter des travailleurs étrangers. Fayzall Ally Beegun affirme enfin que le directeur des ressources humaines lui a donné l?assurance qu?il n?y aurait pas d?autres licenciements.
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