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Unanimité sur la création de la Commission Justice et Vérité
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Unanimité sur la création de la Commission Justice et Vérité
Le projet de loi sur la mise sur pied d?une Commission Justice et Vérité a fait l?unanimité dans le gouvernement et l?opposition, contrairement à la tranche matinale de la séance parlementaire. Le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a d?emblée soutenu que cette commission façonnera la voie de la réconciliation, de la justice sociale et de l?unité nationale.
C?est l?attente légitime de tous les Mauriciens de connaître notre histoire, a-t-il précisé. Pour le PM, ce n?est qu?après avoir pris connaissance de cette vérité que nous pouvons consolider l?unité dans notre pays.
Il est important, a dit le chef du gouvernement, que nous reconnaissions notre passé historique pour que nous puissions aller de l?avant avec la réconciliation, la justice et l?unité nationale : «Nous devons tourner la page de l?histoire mais il nous faut la lire avant.»
Le principal objectif de ce projet de loi est d?établir une Commission Justice et Vérité pour entreprendre une étude sur les conséquences de l?esclavage et l?engagement de la période coloniale à ce jour. La commission devra mener son enquête sur 24 mois et fera ses recommandations au président de la République.
La commission sera indépendante et constituée d?éminentes personnalités ayant une grande expérience dans le domaine de l?histoire. Elle comprendra un président, un vice-président et trois membres.
Le PM a rappelé qu?en instituant cette commission, une nouvelle dimension sera donnée aux droits humains dans le pays. Navin Ramgoolam a indiqué que l?Alliance sociale avait pris l?engagement, dans son manifeste électoral, de mettre sur pied cette commission. Une démarche reprise dans le programme gouvernemental.
L?esclavage et l?engagisme</B>
Lui succédant, le leader de l?opposition, Paul Bérenger, s?est prononcé en faveur de la mise sur pied de la commission. Il a dit son désaccord à l?effet que la présidence soit confiée au Professeur Robert Shell. A la place, il a proposé qu?elle soit présidée par un historien et une historienne mauriciens.
Paul Bérenger a aussi déclaré que le PM donne l?impression, dans son discours, que c?est maintenant que la population va connaître l?histoire de Maurice. Il a rappelé que plusieurs Mauriciens, dont des historiens et historiennes et lui-même, ont écrit, publié et donné des conférences sur l?histoire de Maurice.
Ils ont tous fait référence, dit-il, à la période de l?esclavage et de l?engagisme. Il s?est dit fier d?avoir présidé, en tant que vice-Premier ministre, un comité d?experts qui a décrété jour férié le 2 novembre.
Un pays qui ne connaît pas son histoire est comme un navire sans gouvernail, a-t-il dit, en mettant l?accent sur le trafic des esclaves et des coolies. Un trafic qu?il considère comme un crime contre l?humanité.
Pour le leader de l?opposition, Le Morne n?est pas seulement une montagne mais un monument et une cathédrale. Les esclaves ont été chassés et se sont jetés dans le vide par peur de la répression.
Il a rappelé que la période de 1835 à 1839 est une époque charnière où les esclaves et les travailleurs engagés ont cohabité à Maurice et que des 450 000 travailleurs engagés, 300 000 sont restés à Maurice. On ne connaîtra jamais assez sur l?esclavage et l?engagisme, a conclu Paul Bérenger.
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