Publicité

Enjeux

30 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Si les rassemblements du 1er mai ne nous renvoient qu?à des enjeux politiciens, ils constitueront un gâchis. Car, au-delà de la bataille des foules, des règlements de compte et des slogans creux, cette échéance majeure du calendrier national aurait pu servir un objectif autrement plus utile. Elle représente une occasion, tant pour les gouvernants que les opposants, d?apporter des réponses aux véritables questions que se pose la population.

Au premier rang de nos préoccupations se trouve bien sûr la question du pouvoir d?achat. La cherté de la vie angoisse les Mauriciens, et pas seulement ceux appartenant aux classes laborieuses. On attend des idées concrètes sur les moyens à mettre en ?uvre pour arrêter la dégradation de la qualité de vie. Certes, les dirigeants aligneront des indicateurs de la macroéconomie pour impressionner la population. L?opposition, elle, accusera la majorité d?incompétence. Tout cela ne fera pas avancer le débat. Il faut des propositions sérieuses et réalistes pour rattraper ne serait-ce qu?une partie de la perte du pouvoir d?achat.

Question connexe qui mérite tout autant l?attention des décideurs que de ceux qui aspirent à diriger le pays : la sécurité alimentaire. Les Mauriciens ont commencé à subir les conséquences de la réduction dramatique de l?approvisionnement alimentaire ainsi que des prix élevés des denrées basiques. Que compte faire le gouvernement pour contrer la crise? Pour sa part, le MMM a créé une commission sur la sécurité alimentaire mais celle-ci n?a pas encore fait connaître son analyse de la situation. Pourtant, face à la crise montante, il y a urgence.

Sur le plan économique, la croissance est revenue mais c?est justement ce redressement qui appelle à la reflexion. Nous sommes en danger de surchauffe économique. Les premiers signes d?un emballement sont là. Il y a une dangereuse pénurie de cadres qualifiés sur le marché du travail, en particulier dans les secteurs pointus. En outre, les opérateurs économiques du pays se plaignent des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires qui sont largement inadéquates.

En tout cas, ce sera plus facile de construire des routes et un «dream bridge» que de produire des ressources humaines compétentes. D?autant plus que nous avons une université en crise. Si elle doit encore se poser la question de savoir comment payer ses enseignants à la fin du mois et où trouver des locaux pour abriter ses étudiants, on l?imagine mal en train de relever les défis d?une économie de croissance.

Avec une croissance économique de 6% par an, il faut, de plus, prévoir une augmentation de la demande en énergie électrique de l?ordre de 15 à 20 MW annuellement. Or, aucune nouvelle centrale ne sera créée avant plusieurs années. Il existe des indications que Maurice serait confrontée à des «blackouts» dans deux ou trois ans.

Et si les dirigeants politiques s?employaient demain à apporter des réponses susceptibles de dissiper toutes ces inquiétudes ?

Publicité