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Verdir la baraque
La situation est grave mais pas désespérée, comme dirait l?autre. Changements climatiques, pic du pétrole et crise alimentaire mis à part, on est de plus en plus bouleversés par l?exiguïté et le chaos d?un urbain en pleine explosion. Pour les sensibilités éclairées qui refusent de succomber à l?immobilisme, il existe des solutions pratiques qui leur permettraient de faire des économies considérables sur leur facture d?électricité tout en valorisant leur environnement.
«La construction écologique demande de gros efforts mais il y a des mesures très simples pour rendre les habitats plus confortables. C?est une question de bon sens», explique le président de l?Union internationale des architectes, Gaëtan Siew. Pour ce qui est de nos maisons, quatre solutions on ne peut plus simples : «bien penser» la maison, récupérer l?eau de pluie, installer un chauffe-eau solaire et planter autant d?arbres que possible.
Mais pourquoi se donner la peine ? Outre les bénéfices écologiques que peut apporter une meilleure gestion des ressources, un habitat moins énergétivore coûte moins cher. Tout simplement. Prenez, par exemple, une demeure qui a un cycle de vie de 25 ans. Le coût de construction de celle-ci ne représente que 5 % des dépenses totales que son propriétaire aura à débourser au fil des 25 années. Les 95 % restants se constituent de frais liés à l?entretien et aux réparations, ainsi que les factures d?électricité et de gaz.
Un exemple : les climatiseurs, qui sont très friands d?électricité, ont proliféré ces dernières années. En agençant les ouvertures de façon à permettre une bonne circulation de l?air, en installant des auvents et en plantant des arbres autour de la maison on peut réduire notre utilisation des climatiseurs. «L?agencement des pièces et des ouvertures est très important», rappelle Gaétan Siew. Les maisons traditionnelles devraient inspirer car elles restent inégalées en termes de maximisation de l?aération et de la lumière artificielle. Elles respectent davantage les lieux aussi.
«On a du soleil et de la pluie en abondance. On gaspille ces ressources alors qu?elles sont faciles à stocker. Les eaux de pluie peuvent être collectées grâce à des gouttières connectées et acheminées vers un réservoir», souligne l?architecte pour tous ceux qui l?aurait oublié. Un centre commercial des Plaines-Wilhems et l?aéroport de Port Mathurin récupèrent justement les eaux de pluie sur les toitures et dans les parkings. «Tout est une question d?attitude. Le promoteur doit faire le choix entre investir un peu plus ou consommer bien plus», souligne le président de l?UIA.
<B>Encourager la construction de bâtiments «mixed-use»</B>
Et le rôle de l?Etat dans tout cela ? Pour commencer, «il pourrait offrir des incitations sur les équipements, tels les chauffe-eau solaires, ainsi que des réductions fiscales sur les bâtiments qui réussiraient à réduire leur empreinte carbone». Le choix des matériaux de construction a un impact aussi. À titre d?exemple, chaque m3 d?aluminium consomme 141 500 kilowatts/heure d?énergie tandis que le béton et la brique consomment 700 et 1 360 kilowatts/heure respectivement.
Plus globalement, il devient impératif de repenser la manière de planifier les centres urbains. L?émergence de Highlands et d?Ébène en tant que pôles des technologies de l?information et de la communication est une occasion de soulager la circulation à Port-Louis où 100 000 voitures transitent chaque jour. Pour cela, il faut encourager la construction de bâtiments dits «mixed-use» avec bureaux, résidences, commerces en un seul lieu. Il serait souhaitable aussi de régénérer la capitale en incitant les gens à y habiter au lieu de simplement y travailler. Cela contribuerait à réduire la dépendance sur la voiture et tout ce que cela implique en termes de gaz à effet de serre.
«A quoi sert une maison si nous n?avons pas de planète ou la poser ?» écrivait le naturaliste Henry David Thoreau au XIXe siècle. Indubitablement, il avait compris les enjeux avant tout le monde.
<B>Construire simplement, construire bien : </B>
■ Selon «Construire à La Réunion», manuel publié par le Conseil d?architecture, d?urbanisme et de l?environnement, il est nécessaire «d?adapter la construction à ses besoins» mais aussi de «tenir compte des éléments naturels pour obtenir un confort maximum au moindre coût». «Un projet bien étudié, correspondant exactement aux besoins et évitant les nombreux gaspillages possibles (choix et qualité des matériaux, simplicité de mise en ?uvre, rapidité du chantier?) permet de réaliser des économies», explique le manuel qui prône aussi «le souci de simplicité» et met en garde contre les «fausses économies».
Étant donné que l?île s?ur possède un climat très similaire au nôtre, ces conseils pratiques sont bons à prendre :
? Plantez abondamment mais évitez les espèces exotiques.
? Pensez à des haies végétales.
? Pensez à l?orientation de la maison.
? Profitez des vents frais du soir.
? Protégez les façades exposées au soleil.
? Évitez les murs trop élevés.
? Utilisez les couleurs vives en petite surface.
? Harmonisez les couleurs avec le paysage.
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