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Démissionnaires mais pas traîtres dit le MMM à Jugnauth
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Démissionnaires mais pas traîtres dit le MMM à Jugnauth
Mercredi soir, 23 mars 1983, le comité central du MMM se réunit à son QG de la rue de la Poudrière, jamais si bien nommée. Anerood Jugnauth ne craint pas de faire une brève apparition «même s?il n?y est pas invité». Tout membre du comité central du MMM qu?il est, c?est par la presse qu?il apprend la tenue de cette réunion. Sa brève apparition, d?une vingtaine de minutes seulement, est due à une réception officielle à l?ambassade du Pakistan et à laquelle il a promis d?assister. On connaît sa devise : «parole donnée, parole sacrée !» Il annonce même sa ferme intention de participer à la réunion conjointe du comité central et des parlementaires du MMM du jeudi 24 mars 1983, aux Quatre-Bornes. Kader Bhayat, encore plus courageux, participe jusqu?au bout à cette réunion du comité central, longue de deux heures et demie et qui, au dire du président du MMM, Dharmanand Fokeer, se déroule comme d?habitude autrement dit dans une atmosphère houleuse.
Revenant sur le limogeage de Gaëtan Essoo, Anerood Jugnauth dément l?insinuation qu?elle puisse être sa décision personnelle, après consultation du seul Harish Boodhoo. Contrairement à ce qu?allègue le MMM, il affirme que le Conseil des ministres a approuvé précédemment cette révocation, lui donnant carte blanche quant à l?opportunité de sa mise à exécution.
Les visiteurs affluent chez Jugnauth dans la soirée de l?inoubliable 22 mars 1983. Officiellement, assurent-ils, à la presse, c?est pour essayer d?arranger les choses entre le Premier ministre et ses ministres démissionnaires. Ils sont, entre autres, Mahen Utchanah, Raj Molaye, Dwarka Gungah, S. Poonith, Lutchmeeparsad Ramsewak, Jugdish Goburdhun, S. Peerthum, Rajiv Servansingh, Rashid Beebeejaun.
Pour en revenir au comité central du 23 mars, il se déroule dans une atmosphère survoltée, au dire de participants moins faux coeurs que d?autres. De la rue de la Poudrière, la foule de militants, de curieux et donc de journalistes entend parfois des éclats de voix, des cris et même des invectives. Bérenger et les porte-parole d?un front anti-chômage sont, entre autres, à couteaux tirés.
A la sortie, Bérenger confirme qu?il est hors de question que les ministres démissionnaires réintègrent leur poste. Ils sont disposés à permettre à Jugnauth de continuer à gouverner et ne feront rien pour le mettre en minorité ni l?embarrasser.
Auparavant, Jugnauth explique à la foule présente qu?il a tenu à donner sa version des choses aux membres du comité central. Sa priorité est de constituer une autre équipe gouvernementale. Le jour où il ne détiendra plus une majorité parlementaire, il demandera au gouverneur général de dissoudre l?Assemblée législative élue le 11 juin 1982 et de rappeler aux urnes les électeurs. Il n?envisage aucunement de faire appel à l?un ou l?autre ministre démissionnaire. Le Conseil des ministres (un mini cabinet donc), se réunira le 24 mars 1982 comme tous les jeudis. Il n?écarte pas la possibilité de créer son propre parti.
L?express croit savoir qu?en ce mercredi 23 mars 1982, Jugnauth doit recevoir plusieurs personnages importants ayant rendez-vous avec ses ministres démissionnaires. Il reçoit, entre autres, Dragoslav Avramovic, le Registrar de l?université B. Seebaluck, le secrétaire permanent à l?Information Chan Kin, Harry Tirvengadum, le président de la Marine Authority Hurryparsad Ramnarain, le directeur de la PSSA, Prem Burton, le vice-président de l?Assemblée législative, Me Ajay Daby (à deux reprises), Jugdish Goburdhun et Madun Dulloo qu?on donne pour ministrables, Harish Boodhoo, Rohit Beedassy et Me André Robert, le président de la commission électorale.
Le président du MMM, Dharmanand Fokeer, fait savoir que le comité central condamne la déclaration de Jugnauth, qualifiant les ministres démissionnaires de «traîtres». Le comité central ratifie leur décision de siéger en tant que «backbenchers». Il compte suivre de près la performance du deuxième gouvernement Jugnauth.
Bérenger demande aux militants présents de ne pas céder au défaitisme et de garder contact. Ceux, qui pensaient que tout serait facile avec le MMM au pouvoir, sont dans l?erreur. Il rappelle la tenue d?une réunion des membres du comité central et des députés du MMM. Anerood Jugnauth a fait savoir qu?il y participera. Cela promet de chauffer. Affaire donc à suivre.
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