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Entre différents maux?
La réduction du taux d?intérêt directeur de la Banque centrale de 50 points de base a été une décision difficile à prendre. Selon Rundheersing Bheenick, le «Monetary Policy Committee» (MPC) a longuement pesé le pour et le contre, non seulement du principe de la réduction du «repo rate», mais également de l?ampleur du taux de réduction à appliquer. Cet embarras, ressenti au moment de la prise de cette décision cruciale, se comprend.
Avec le phénomène de la mondialisation, nous vivons dans un village planétaire où les répercussions des événements qui se produisent à un point du globe sont ressenties à l?autre bout du monde. La diminution du taux d?intérêt de la Banque centrale en est un exemple assez frappant.
La récession économique qui sévit aux États-Unis et qui a affecté plusieurs pays dans le monde a été l?une des principales raisons qui ont motivé cette décision de baisse du «repo rate». Déjà en février, la réduction du taux d?intérêt de la «Federal Reserve» (FED) aux États-Unis avait entraîné aussitôt la baisse du taux d?intérêt de la Banque centrale. Même si le contexte économique aux États-Unis n?est pas forcément le même qu?à Maurice, il faut reconnaître que Maurice n?a pas eu le choix. Si elle avait agi autrement, les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves.
Rappelons qu?aux USA, la situation économique est à la récession, caractérisée par la baisse de la demande qui a été à la base du ralentissement de la croissance. Alors qu?à Maurice, les prévisions de la croissance pour l?année en cours sont, selon le FMI, de l?ordre de 7 %.
Aux USA, le dollar, de plus en plus faible, est en perte de vitesse face aux autres devises. À Maurice, la roupie plus forte que jamais, déconcerte les entreprises d?exportation dont les produits de plus en plus perdent leur compétitivité sur le marché international.
L?on se demande alors pourquoi le même remède est préconisé pour soigner des pathologies foncièrement différentes. La réponse est simplement le fait de la mondialisation.
La récession économique aux USA et les perspectives de croissance en Afrique ont provoqué le déplacement de capitaux spéculatifs vers des pays qui ne sont pas suffisamment préparés pour les recevoir. Cette situation renforce l?appréciation de la roupie et met à mal les entreprises d?exportation telles que celles du textile et des produits de mer.
La mondialisation, toujours elle, est à la base de la répercussion de l?inflation qui sévit dans certaines puissances mondiales sur toutes les économies du monde.
La BOM est consciente que les maux dont souffre le pays sont de différents ordres et appellent différents remèdes. Mais elle a choisi de privilégier, la compétitivité des entreprises mauriciennes à l?inflation. Entre différents maux, elle a choisi le moindre.
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