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Quand la contrefaçon présente un risque pour la santé

25 mars 2008, 00:00

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Quand la contrefaçon présente un risque pour la santé

Habillement, CDs et DVDs, pièces de voitures, jouets, médicaments et cosmétiques : l?empire de la contrefaçon ne connaît pas de limites. S?acheter une chemise de grande marque contrefaite porte surtout un préjudice économique aux créateurs et à leurs entreprises. En s?attaquant aux produits de consommation courante, la contrefaçon a ouvert une brèche en ce qui concerne la santé et la sécurité des consommateurs.

«La contrefaçon de parfums et de cosmétiques a pris de l?ampleur à Maurice ces dernières années. Il faut faire très attention car l?acheteur ne sait pas ce que contient le tube ou le flacon de produit qu?il achète. L?appliquer sur sa peau peut être très dangereux», soutient Marcel Lapierre, Head of Intelligence & Operations de Fakebusters Cie Ltée, une entreprise qui traque la contrefaçon.

En fin de semaine dernière, la Société Desvaux de Marigny & Cie Ltée (SDDM), distributeur exclusif des produits Pierre Fabre à Maurice, fait publier un communiqué dans la presse : «Des produits contrefaits de la marque Avène, principalement des écrans solaires, sont actuellement vendus sur le territoire mauricien en dehors des circuits officiels de commercialisation.» Alors que les produits Avène ne sont vendus qu?en pharmacie et même sur ordonnance de dermatologues, certaines personnes se sont procurées de l?écran solaire de cette marque lors de ventes au porte-à-porte. «Il y a tout un réseau de salesmen ambulants qui sévit auprès des entreprises», soutient Marcel Lapierre.

Ce n?est qu?après avoir réglé leur achat, s?être félicités de leur «bonne affaire» et avoir utilisé le produit une première fois que des consommateurs ont commencé à s?interroger et téléphonent chez SDDM. Aucune allergie ou autre n?est à déplorer mais désormais conscients de s?être fait avoir, ils veulent tout simplement prévenir le distributeur. «Ils avaient acheté des écrans solaires SPF90+ alors que cet indice n?est même pas fabriqué par Avène. Conformément à la législation française, nous n?allons pas au-delà de l?indice SPF50+», souligne Stéphane Desvaux, directeur de SDDM. Certains consommateurs, ignorant ce fait, «se sont fait avoir».

Des analyses effectuées en France sur les crèmes vendues au porte-à-porte à Maurice confirment la contrefaçon et l?«absence totale de filtre solaire dans ce produit». Dans ce cas-là, au pire, il provoque des allergies, au mieux, il ne protège pas. Mais là encore? «Il n?y a peut-être pas de risque d?allergie pour les utilisateurs mais quelqu?un qui doit impérativement utiliser de l?écran solaire car il a la peau fragile ne sera aucunement protégé s?il utilise cet écran total qui ne contient aucun filtre solaire», explique Stéphane Desvaux. Si une personne souffre d?acné ou d?une autre affection, cela peut alors aggraver son état. Le risque est le même pour les autres cosmétiques contrefaits tels les savonnettes, le maquillage et les parfums. Les grandes marques dépensent des millions d?euros et de dollars en développement dans leur laboratoire. Ce n?est pas sans raison : les risques pour la santé ne sont pas négligeables. «Il n?y a aucun contrôle. Aucune enquête au sujet de ces produits cosmétiques contrefaits. Le ministère de la Santé devrait se pencher dessus», suggère Marcel Lapierre.

Une question se pose : lorsqu?un consommateur achète une crème normalement vendue à Rs 700 en pharmacie à Rs 200 n?a-t-il pas conscience que quelque chose ne colle pas ? «Ceux qui nous ont appelés pour nous prévenir ont reconnu que compte tenu du prix auquel ils ont acheté le produit, ils auraient dû savoir que c?était un produit contrefait. Ils ont prétexté le fait que la vendeuse avait du bagou. C?est comme ça, disent-ils, qu?ils se sont fait avoir», explique Stéphane Desvaux. «Et pourtant, le prix et le lieu de vente du produit sont souvent les seuls moyens, pour des non-initiés, de reconnaître un produit contrefait», souligne Me Sanjeev Ghurburrun, représentant de plusieurs marques déposées.

Dans le cas des écrans solaires de la marque Avène, l?expertise française a également démontré que «les étuis sont de grossières copies de (leurs) articles : copie de tout le texte du SPF50+ en intitulant SPF90+, copie de la police de caractères, fautes d?orthographe?» La vigilance est donc de mise lorsque le prix des cosmétiques que vous achetez vous semble ridiculement bas et le lieu de vente pour le moins inhabituel. Ne surtout pas oublier que le bon marché peut coûter cher?

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