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Nos récifs en sursis

17 mars 2008, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On les surnomme les « forêts vierges de la mer ». Pour cause, les récifs coralliens abritent et nourrissent pas moins de 25 % de la vie marine. Au-delà de leur contribution incommensurable au maintien des écosystèmes marins, les récifs sont une des raisons principales pour lesquelles les touristes se ruent vers Maurice avec la même ferveur que des prospecteurs pétroliers vers un gisement. En effet, sans ce collier quasi ininterrompu de polypes qui bordent notre littoral, le pays n?aurait pas ses lagons turquoise qui font sa gloire. Mais voilà, nos récifs font actuellement face à une pléthore de menaces, tant locales que globales, qui risquent de les affaiblir mortellement.

Sur le banc des accusés : blanchissement dû aux perturbations climatiques, la montée du niveau de la mer, acidification, surexploitation de la pêche, méthodes de pêche destructives, tourisme non-durable, développement côtier sauvage et pollution. Fait aggravant, ces facteurs sont susceptibles de se cumuler. Alors même si la destruction des récifs n?est pas infligée de manière « délibérée », elle semble inéluctable tant ses causes sont légion.

Gérald Rambert, moniteur de plongée dans l?Ouest et photographe sous-marin, rage non seulement contre la dégradation des récifs, qui s?est accélérée au fil des cinq dernières années, mais aussi contre la raréfaction des espèces marines qui en dépendent pour leur survie. Des bancs de carangues, des requins et des tortues qui jadis occupaient Rempart Serpent et Cathédrale, des sites de plongée mondialement connus, il ne reste «plus rien». De plus, les jours de bonne visibilité peuvent se «compter sur les doigts de la main». « Certains touristes ne reviennent plus après la première plongée. Ils disent que cela ne vaut pas la peine », déplore-t-il.

Pour Mathieu Bayon, moniteur de plongée dans le Nord, le tableau est un peu plus nuancé. Il rappelle notamment que Maurice, contrairement aux Sey-chelles, n?a pas subi les sévices liés au phénomène climatique, El Nino. Et même si, à l?instar de Péreybère, il y a des endroits où les récifs sont très appauvris, il existe également des zones «très riches», comme l?Aquarium à Trou- aux-Biches qu?il qualifie d?«extraordinaire». Fait encore plus encourageant, Mathieu Bayon a même noté que certains sites «semblent se régénérer». «La dégradation des récifs n?est pas irréversible.» Cependant, il concède que, globalement, il existe une «nette détérioration». Refrain souvent repris par ses clients.

Ancrage et pêche Interdits</B>

«Pour beaucoup de pays en développement, la conservation des récifs coralliens est plus qu?une question d?esthétique. Pour plus d?un milliard de personnes qui peuplent des communautés côtières à travers les tropiques, des récifs en bonne santé représentent une source de nourriture et d?emploi», a expliqué la directrice de la Global Marine Team de The Nature Conservancy, Lynne Hale, lors du lancement de l?Année internationale du récif 2008 à Washington DC récemment.

Parmi les objectifs de cette initiative qui veut conscientiser le monde à «la valeur et à l?importance des récifs coralliens et de motiver des actions pour les protéger», on dénote celui «d?augmenter la superficie globale de récifs protégés de 15 % à 30 %».

A Maurice qu?en est-il des récifs dits protégés ? Les Zones marines protégées (ZMP) couvrent un peu plus que 7 200 hectares. Mais seuls 838 hectares (soit 12 %) des ZMP sont des parcs marins (Blue-Bay et Balaclava), lieux protégés où sont interdits l?ancrage et la pêche. Les Fishing reserves où est interdite la pêche à la seine constituent 88 % des ZMP. Avec ses 26 hectares, l?estuaire de Terre-Rouge complète le tableau.

Mais suffit-il d?augmenter les parcs marins pour endiguer ce déclin tragique ? «C?est sûr que cela aidera mais il faut assurer une gestion plus efficace des parcs marins pour espérer une amélioration», explique Ian Watt, biologiste marin et président de Reef Conservation Mauritius. Il rappelle la nécessité d?inclure tous les partenaires, tels les pêcheurs, dans tout projet de protection des récifs. Il faut adresser la situation en amont. «Les récifs sont menacés par un ensemble de facteurs. La pollution et la surexploitation sont le haut de l?iceberg. Il faut une approche holistique car la dégradation des récifs indique la dégradation de l?environnement en général.»

Tous comme leurs équivalents terrestres, la survie des « forêts vierges de la mer » passe par un changement drastique de nos façons de vivre et de penser.

<B>A quoi servent les récifs ?</B>

● Habitat - ils abritent un million d?espèces marines,dont des milliers d?espèces de poisson.

● Revenues ? ils sont responsables pour la création de milliardsde roupies de revenus et des millions d?emplois à travers le monde.

● Nourriture ? les récifs font office de garde-manger, surtout pour les communautés des Petits états insulaires en développement.

● Barrière naturelle ? les récifs protègent les villes et communautés côtières, ainsi que les plages, contre les cyclones.

● Médecine ? les récifs offrent des traitements potentiels pour certaines maladies graves.

<B>Le chiffre

Entre Rs 6 millions et Rs 27 millions </B>

C?est l?apport économique annuel des mangroves et récifs coralliens, selon les régions, chiffré par le Programme des Nations unies pour l?environnement.

<B>Comment protéger l?environnement marin</B>

● Ne jetez pas de détritus dansla mer. l Ne marchez pas sur les coraux. l Interpellez les opérateurs de bateau qui jettent l?encre à proximité des récifs. l Faites attention à ne pas abîmer les coraux avec vos palmes quand vous faites de la plongée.

● N?achetez pas de coquillages, de coraux ou de poissons juvéniles.

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