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À bas le mal de dos !
Vous vous penchez pour lacer vos chaussures et là, crac? une dé-charge électrique vous parcourt la jambe et remonte ! Une pression agrippe votre dos et une douleur lancinante vous transperce?
Le scénario est malheureusement classique ! Votre dos vient de vous faire comprendre qu?il va mal. Car il faut savoir qu?il exécute plus de 5 000 mouvements de rotation par jour, qu?il doit aussi se montrer flexible et droit, résistant et souple ! Il a de quoi nous tomber? sur le dos !
Ils sont nombreux à se plaindre de ces fameuses douleurs de dos. Elles se présentent sous plusieurs formes, nécessitent divers soins, et provoquent moult complications : difficulté à effectuer ses activités régulières, à bouger, etc. Et la douleur, elle, montre toujours le bout de son nez !
« De plus en plus de Mauriciens en souffrent, tout comme les autres populations du monde. Certains spécialistes qualifient même le mal de dos de mal du siècle », constate Rajendra Ramyead, spécialiste en médecine physique et rééducation fonctionnelle. Ses propos sont repris par le kinésithérapeute Georges Ng : « C?est un mal fréquent, qui touche également les enfants à l?école primaire. Imaginez qu?à dix ans, certains ont déjà de gros cartables à transporter ou adoptent de mauvaises postures en se cambrant. Résultat : des maux dorsaux. »
Consulter de vrais professionnels
Que faire alors ? « La première règle est d?établir un diagnostic », soutient Cyril Fischhoff, chiropracteur et membre de la Mauritian Chiropractic Association. En fonction de l?histoire de la maladie, d?un examen clinique, voire d?examens complémentaires spécifiques, ce spécialiste pourra vous prodiguer les soins adaptés ou vous aiguiller vers un autre professionnel pour traiter la douleur. Car il existe divers praticiens qui peuvent vous soulager (voir encadré). « Par exemple, on peut effectuer un renforcement musculaire par la chaleur, avec une bouillotte, ou par le froid, avec une compresse froide », explique le kinésithérapeute.
Le plus important, c?est de ne pas banaliser ce mal, et surtout de consulter de vrais professionnels ! Car mis entre les mains de personnes qui ne sont pas correctement formées, votre dos peut en pâtir. « Souvent, quand on a ce mal, on pense au massage. Mais au lieu d?arranger les choses, cela peut être néfaste », affirme Rajendra Ramyead.
Avec un bon traitement conservateur, on peut soulager ces douleurs, mais si elles persistent, il existe une autre option : la chirurgie. On y a recours dans 1 % des cas pour les maux de dos. Et une fois que vous avez dit adieu à ce vilain mal, mieux vaut prendre quelques précautions pour éviter toute récidive. En complément des traitements, évitez les mauvaises habitudes et postures pour mieux ménager votre dos au quotidien. « L?excès de poids peut contribuer au mal de dos. Pour éviter cela, vous pouvez faire plus de sport et éliminer l?excès de poids et le stress. Vous devez aussi soulever les objets en évitant d?arrondir votre dos », ajoute le kinésithé-rapeute. En maîtrisant ces petites techniques, vous pourrez ainsi garder bon pied, bon ?il !
Elle se compose de sept vertèbres cervicales, douze thoraciques ou dorsales, cinq lombaires et cinq sacrales? Elle, c?est la colonne vertébrale ! Pour mieux percevoir le fonctionnement du dos, il faut d?abord étudier la colonne vertébrale, appelée médicalement le « rachis ». Elle soutient et protège la moelle épinière. Entre chaque vertèbre, on trouve un disque intervertébral fait de fibres de collagènes et d?un noyau qui absorbe les chocs. Et lorsqu?on ressent des douleurs au dos, cela touche souvent la région lombaire. Des muscles et des ligaments entourent la colonne vertébrale, assurant sa stabilité et permettant sa mobilité. Protégée par les vertèbres, la moelle épinière descend tout le long de la colonne et distribue à chaque étage vertébral les racines nerveuses motrices et sensitives, grâce à des orifices appelés trous de conjugaison. C?est à ce niveau que peuvent être comprimées ces racines, avec comme résultat une névralgie dans le territoire correspondant, par exemple la sciatique (la compression a lieu au niveau de la 4e ou 5e lombaire ou la 1re sacrée).
LA CEINTURE ORTHOPEDIQUE
Si vous souffrez d?une lombalgie ou d?une lombo-sciatique aiguë, vous pouvez utiliser une ceinture de soutien lombaire.
« Le port de la ceinture doit être momentané. On doit inciter le patient, dès que possible, à s?en passer, car sur le moyen terme, la ceinture de soutien entraîne une diminution de l?activité musculaire, ce qui est incompatible avec une stabilisation rapide du rachis lombaire », soutient Cyril Fischhoff. Les ceintures orthopédiques de la gamme Pro-sport pour le back support, Cooper ou Unigrip, sont disponibles dans les pharmacies Link et St-Jean.
ET QUAND ÇA FAIT BOBO ?
Dès que vous ressentez une douleur, il faut établir un diagnostic. Celui-ci peut être effectué par un chiropracteur, un médecin généraliste ou un orthopédiste. En premier recours, vous pouvez aussi consulter un rhumatologue, spécialiste des os et des articulations. En fonction des symptômes, le chiropracteur ou le médecin, procédera à plusieurs examens poussés pour identifier la cause du mal. « Ce que le dentiste est pour les dents, le chiropracteur l?est pour le dos. Par exemple, pour un problème discal, on va opter dans un premier temps, et en fonction du cas, pour un traitement conservateur à base de manipulations, de flexion/distraction, ou encore d?exercices », confie le Dr Cyril Fischhoff.
Ce traitement peut être complété par des exercices avec un physiothérapeute ou un kinésithérapeute. Et si la méthode conservatrice ne porte pas ses fruits, ou n?est pas indiquée, on optera pour le traitement invasif, et donc, place à la chirurgie orthopédique ou à la neurochirurgie. On y a recours quand un problème discal vient comprimer la moelle épinière ou un nerf, ce qui provoque une sciatique hyperalgique (très douloureuse) ou paralysante (rare). On peut aussi effectuer une infiltration d?un produit anti-inflammatoire dans la colonne vertébrale. D?autres alternatives, comme des massages thérapeutiques, le shiatsu, l?acupuncture (pour les problèmes de dos chroniques) peuvent aussi être utilisées pour soulager la douleur. À proscrire : cette vieille méthode qui consiste à demander à quelqu?un de vous marcher sur le dos, une man?uvre très dangereuse, et qui peut aggraver votre état.
1) Je choisis la bonne position pour dormir
Évitez de dormir sur un matelas trop mou qui peut être source de douleur. Privilégiez la position couchée sur le côté, celle du f?tus (avec les jambes recroquevillées), ou dormez sur le dos, mais surtout pas sur le ventre.
Pour vous lever, tournez-vous sur le côté, glissez les jambes hors du lit et tout en contractant vos abdominaux, poussez sur les bras pour redresser le tronc et pour ne pas faire de mouvement brusque.
2) Je me sers de mes genoux et de mes fesses
Lorsque vous devez vous pencher pour effectuer une tâche ou tout simplement ramasser un objet, évitez d?avoir le dos rond. Il faut se mettre en position de verrouillage, donc fléchir les genoux, le dos bien droit, les fesses en arrière, ou à la limite un seul tandis que l?autre se pose par terre. Tendez les mains et ramassez votre objet.
3) Je m?assieds correctement
Au bureau ou à la maison, il faut bien caler son dos contre le dossier de son fauteuil. Si possible, inclinez légèrement le dossier vers l?arrière, calez votre nuque et posez les bras sur des accoudoirs.
Si vous regardez la télévision, placez votre siège en face de l?écran et gardez la tête à la hauteur de celui-ci pour éviter de tourner, de baisser ou de lever la tête.
4) J?évite de fumer
Lorsqu?on fume, le disque recevra une moins bonne irrigation sanguine ; ce qui peut déboucher sur une maladie du disque. Cessez de fumer peut vous protéger du mal de dos.
5) Je me ménage en faisant? le ménage
Vaisselle, repassage, bricolage. Autant de petites tâches ménagères qui nécessitent que vous restiez debout pendant longtemps. Mais pour se faire, veillez à travailler à une hauteur confortable, en positionnant le plan de travail ou à utiliser un tabouret en vous tenant le plus près de la table.
6) Je porte mes courses autrement
Ne trimballez pas tous vos sacs de provisions à bout de bras. Surtout si la charge est lourde, portez-la contre vous ou répartissez-la dans deux sacs distincts. Si vous avez un seul sac, essayez de le porter en bandoulière.
7) Je me tiens bien en voiture
Réglez l?inclinaison de votre siège et installez-vous, bien calé, en prenant le volant. N?hésitez pas à placer un coussin entre votre dos et le dossier de votre siège. Pour monter ou descendre de voiture, faites pivoter votre bassin au lieu de le plier et de vous contorsionner le dos.
8) Je fais du sport
Des abdos et des dorsaux bien entretenus et une activité physique régulière, comme de la marche pendant une demi-heure par jour, aident à renforcer sa masse musculaire, et donc, à prévenir le mal de dos. Si vous en souffrez déjà, le sport est tout aussi recommandé. Par exemple, vous pouvez pratiquer de la natation, ou encore du yoga.
UN DOS, CENT DOULEURS
Il n?existe pas un mais plusieurs types d?affections du dos. Voici un petit lexique pour vous y retrouver :
L?arthrose : Il s?agit d?une maladie dégénérative des articulations (usure), qui peut survenir après 50 ans. Dansle cas d?une lombalgie, elle se localise au niveau des vertèbres lombaires (dans le bas du dos) et entraîne des douleurs.
La lombalgie : C?est la douleur la plus répandue, et elle représente environ 85 % des cas. Elle est provoquée ou aggravée par des gestes ou des attitudes du quotidien, tels de mauvaises postures, la pratique d?un sport violent, le stress ou le surpoids.
La hernie discale : C?est une anormalité du disque intervertébral, c?est-à-dire un disque déformé faisant une saillie qui peut être contenue ou déchirée. Cela se produit quand le c?ur interne du disque intervertébral ? le noyau ? forme un « gonflement » et repousse les ligaments entourantle disque. Cette déchirure provoque alors des douleurs lombaires au niveau de la hernie.
Le lumbago : Aussi appelé « tour de rein », c?est une douleur qui survient brutalement dans la région lombaire, parfois d?un seul côté, souvent à la suite d?un faux mouvement, ou quand on soulève un objet lourd.
La sciatique : Ce mal est souvent associé à une hernie discale. Dix fois moins répandue que la lombalgie, la sciatique se produit quand le nerf sciatique se trouve comprimé par un disque intervertébral endommagé, d?où la douleur. Elle survient souvent vers la quarantaine, mais peut également toucher les adolescents ou les personnes âgées.
ILS TEMOIGNENT :
« Avec l?entretien de la maison, les enfants, il fallait courir dans tous les sens. Je me penchais souvent pour faire, par exemple, le nettoyage. Mon dos me tiraillait un peu, mais je n?y accordais pas d?importance. Puis après quelque temps, cela devenait pénible. J?ai dû consulter un spécialiste qui m?a prodigué des soins et aujourd?hui, me voilà enfin débarrassée de ce fichu mal de dos. »
Céline, 45 ans
« Au bureau, je passe le plus clair du temps devant mon ordinateur. Cela a contribué à une prise de poids et à un mal de dos incessant. J?ai décidé de me prendre en main et d?être plus actif, en suivant les conseils d?un médecin. J?ai réaménagé mes horaires afin de pouvoir pratiquer un sport. Et depuis, tout est rentré dans l?ordre. »
Veeshan, 36 ans.
QUESTIONS A CYRIL FISCHHOFF, CHIROPRACTEUR
« Les Mauriciens ne sont pas à l?abri »
Les douleurs de dos, est-ce un mal fréquent ?
Ce mal frappe de manière alarmante les habitants des pays industrialisés. On estime, selon les enquêtes épidémiologiques, que 60 à 90 % de la population a souffert ou souffrira de douleurs lombaires. Du fait de leur mode de vie, les Mauriciens ne sont pas à l?abri. L?inci-dence du mal est en augmentation depuis 20 ans ce qui pose à l?évidence un problème de santé publique majeur.
Les maux peuvent être aigus, donc récents, ou franchir une phase chronique et perdurer au-delà de trois mois. Heureu-sement, seulement 5 % des lombalgies deviennent chroniques. Dans la majorité des cas, les gens souffrent de maux de dos mécaniques, c?est-à-dire liés à une ou à plusieurs structures anatomiques du dos. Dans d?autres cas, beaucoup plus rares, le mal de dos révèle une infection, un rhumatisme inflammatoire, une tumeur ou une maladie viscérale. Nous parlons alors de maux de dos symptomatiques.
Qu?est-ce qui cause ce mal ?
De nombreux experts attribuent les maux de dos à un mode de vie plus sédentaire, et au travail prolongé dans la position assise. Aujourd?hui, nous avons une activité professionnelle plus exigeante, mais nous restons aussi plus souvent assis, scotchés à l?ordinateur, tout en faisant moins d?exercices physiques.
Les mauvaises postures, les gestes répétitifs, le fait de soulever un objet trop lourd peuvent causer le mal de dos. Sans parler du stress ! Ces facteurs de risque peuvent entraîner l?apparition de douleurs lombaires. Le tabagisme diminue également l?irrigation discale, ce qui augmente le risque de maladies touchant le disque. Certaines activités prédisposent également aux affections lombaires, par exemple, des activités avec vibrations (un ouvrier utilisant un marteau-piqueur, un chauffeur de taxi soumis aux vibrations de la route, etc.).
La recherche a également permis de mettre en évidence l?existence de facteurs génétiques, notamment des variations de la structure discale. Il y a aussi des petites habitudes qui peuvent y conduire. Par exemple, le port de chaussures à talons trop hauts chez les femmes, ou le fait de dormir sur un matelas trop mou !
Que se passe-t-il si on ne se soigne pas convenablement ?
Le mal de dos non traité peut entraîner des complications. Les douleurs, qui deviennent chroniques, peuvent avoir des conséquences sociales (incapacité professionnelle qui peut devenir permanente), psychologiques (angoisses liées à la douleur), voire psychiatriques (certains cas de dépression).
Du fait de leurs conséquences psycho-sociales, ces douleurs chroniques deviennent, en fait, autonomes et se superposent aux douleurs physiques. Nous parlons de douleurs chroniques lorsqu?elles persistent plus de six mois après l?apparition de la lombalgie. Un mal de dos non traité, peut, d?autre part, s?accompagner de complications neurologiques sévères, pouvant dans certains cas nécessiter une intervention chirurgicale.
Même s?il n?y a pas de complication mortelle à la lombalgie mécanique, les séquelles peuvent considérablement affecter la qualité de vie des patients.
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