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Un cran plus haut dans l?hôtellerie
Dayana Vadamootoo-Sheehy, jeune femme de 33 ans, ne dit jamais son dernier mot. Ses proches en attestent. D?ailleurs, en l?an 2000, lorsqu?elle avait accordé une interview à l?express, elle nous avait étonnés par cette faculté, et en particulier par son pouvoir de persuasion.
Dayana a passé son enfance et son adolescence à Maurice. Si aujourd?hui, elle estime avoir réussi sa vie, tel n?était pas le cas quand elle se classe 2 000e à l?examen du Certificate of Primary Education (CPE). C?était «la fin du monde» pour elle de ne pas avoir une place dans un collège de l?élite, après avoir effectué son cycle primaire à l?école de Lorette de Port-Louis.
Anoopah, sa mère, qui est à l?époque fonctionnaire et Rama, son père, qui s?est spécialisé dans la logistique et la comptabilité, relativisent la situation. Sa tante paternelle, qui est à l?époque rectrice au Port-Louis High School, la prend sous son aile protectrice. Elle lui fait comprendre que le CPE n?est qu?une étape dans la vie. Après un séjour dans cette institution, la jeune fille complète sa scolarité secondaire au collège du Bon et Perpétuel Secours.
Bon sang ne saurait mentir. C?est donc en toute logique que Dayana s?intéresse au tourisme, comme son oncle, Cyril Vadamootoo, l?ancien directeur du défunt Office du Tourisme. Une fois son cycle secondaire complété, elle se rend au Pays de Galles, à l?université de Swansea, où son oncle Kavi est Chargé de cours et chercheur en psychoanalyse.
Elle y entreprend un Bachelor of Arts in Leisure Management and Tourism. En parallèle, elle apprend l?espagnol et l?allemand. Dayana estime, en effet, que maîtriser ces langues, en sus du français et de l?anglais, serait un sérieux atout.
Ses années d?études ne seront pas un long fleuve tranquille. Ses parents ne peuvent encourir que ses frais universitaires. La jeune fille est donc obligée de travailler à mi-temps pour pouvoir payer son hébergement et ses frais d?entretien. C?est ainsi qu?elle trouve de l?emploi chez Burger King et Mother Care.
Elle ne s?en plaint pas, ayant fait sienne la devise de son grand-père : «Il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher plutôt que de lui donner du poisson.»
Ses économies en poche, Dayana envisage de poursuivre avec une maîtrise en tourisme. Son conseiller universitaire lui conseille plutôt la communication et lui recommande une cinquième langue, notamment le japonais. La jeune fille le prend au mot. Et lors de son premier stage en entreprise chez Gullivers Travel Associate, c?est bien cette langue qui lui vaut d?être embauchée. Elle y est négociatrice d?hôtels pour la clientèle japonaise se déplaçant en groupe. Il faut dire que cette compagnie est un des plus importants opérateurs de l?industrie du voyage et vend également des chambres d?hôtels et d?autres produits non-liés à l?aviation.
Ainsi de 1999 à 2003, elle négocie des tarifs avec les hôtels dans toute l?Europe, s?assurant que Gullivers Travel Associate obtient un meilleur prix que ses concurrents. Elle gère également un important portefeuille clientèle.
La jeune femme aurait pu se cantonner dans ce registre. Mais Dayana est une femme d?action, de changement? de défis. Elle sent que l?heure est venue pour elle de découvrir les autres facettes liées à l?industrie du voyage, à savoir l?hôtellerie. «Je voulais tout apprendre sur les opérations d?un hôtel en termes de ventes, de revenus et de marketing.»
Elle obtient de l?emploi chez un franchisé de l?Inter -continental Hotel Group, après trois heures d?un entretien laborieux. Elle sera Group Director of Travel Trade Sales. Elle explique que l?Intercontinental Hotel Group opère selon différents modes et que «la franchise constitue la partie la plus importante de ses affaires avec 3 200 hôtels dans le monde opérant ainsi. De plus, ce groupe gère 524 hôtels et en possède 20. Les marques d?hôtels qu?il opère sont Intercontinental, Crowne Plaza, Hotel Indigo, Holiday Inn, Express By Holiday Inn, Staybridge Suites et Candlewood Suites».
Les journées de Dayana sont chargées. Elle doit non seulement rencontrer les clients pour négocier les tarifs et les allocations, mais également avoir des rencontres avec les représentants de l?Intercontinental Hotel Group, animer des réunions internes sur les activités de ventes et de marketing, rédiger des rapports, assister à des réunions sur les revenus et les ventes et discuter des stratégies futures. De plus, elle doit être présente à des conférences et des foires commerciales au niveau mondial.
<I>«La Toile a transformé la façon dont les gens organisent leurs vacances et leurs loisirs.»</I>
Elle trouve bénéfiques, les modifications que l?Internet a apportées à l?industrie du voyage, et en particulier dans l?organisation des vacances.
«La Toile a transformé la façon dont les gens organisent leurs vacances et leurs loisirs. Certains sites en ligne proposent les tarifs les plus bas et cela arrange les gens qui n?ont plus le temps d?aller voir leur agent de voyage. Avec ces sites, ils disposent d?une tonne d?informations sur les différents produits, ont un plus grand choix sous les yeux et peuvent réserver en un simple clic de souris. C?est fantastique.»
<I>«Pour prendre de gros poissons, il vaut mieux rester en Angleterre, pays de la liberté professionnelle et de la méritocratie.»</I>
La jeune femme s?investit pleinement dans tout ce qu?elle entreprend. Si elle apprécie énormément son travail au sein «d?une compagnie bien structurée, hautement professionnelle» et qui lui donne le sentiment de «faire partie de la grande famille du groupe», Dayana reconnaît aussi que sa vie professionnelle peut parfois être stressante. «Mais je suppose que si l?on veut réussir dans la vie, il faut accepter tout le package qui vient avec.»
L?Intercontinental Hotel Group aura bientôt un hôtel à Maurice. On a demandé à Dayana si elle est intéressée à retourner travailler au pays. Elle serait partante. Mais elle n?est pas seule maîtresse à bord. En effet, Finbarr, son époux, est responsable du graphisme à The Guardian, important quotidien londonien.
«Cela fait 15 ans qu?il y est et je ne peux pas décider en fonction de mes envies uniquement. Et puis, mon frère Jay, qui s?est spécialisé dans l?audit et l?assurance à Londres, et qui est rentré travailler à Maurice juste après ses études supérieures, a préféré regagner l?Angleterre. Il m?a dit : ?Si tu veux prendre de gros poissons, il vaut mieux rester en Angleterre, pays de la liberté professionnelle et de la méritocratie.?» Pour l?heure, elle préfère suivre ce conseil?
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