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Nos archives nationales donnent l?exemple

9 février 2008, 20:00

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Nos archives nationales, à Coroman-del, ont organisé jusqu?à mercredi dernier une exposition de documents originaux ou photocopiés sur le thème de l?abolition de l?esclavage à Maurice. Des esprits chagrins allèguent volontiers que de précédents archivistes se sont fait le malin plaisir de faire disparaître tous les documents disponibles, concernant l?esclavage à Maurice. Il s?agit, bien sûr, d?allégations non fondées.

Ce qui est certain c?est que, depuis que le département des Archives est condamné à une sorte de nomadisme forcé, après leur regrettable expulsion de leur bâtiment historique, situé dans le périmètre en face de l?hôtel de ville de Port-Louis, elles ont perdu bon nombre de documents, exposés aux intempéries, notamment pendant leur séjour à l?hôtel Sunray, à Coromandel.

Seuls les chercheurs d?antan peuvent raconter leur calvaire de jadis quand ils devaient se munir de parapluie pour consulter, dans des locaux pas plus étanches qu?un panier percé, des documents pourtant dits d?archives.

Ces mêmes esprits déplorent aussi l?installation, bien au sec, de nos Archives dans le complexe résidentiel de Coromandel. D?éponges gorgées d?eau de pluie, nombre de documents et de collections de journaux et d?imprimés peuvent alors redevenir trésors d?archives.

Il paraît que notre ministère des Arts et de la Culture songe à investir deux milliards de roupies pour construire, dans l?humide climat mokassien, un immeuble pour loger tous les documents de nos Archives et de la Bibliothèque nationale. C?est oublier que nos Archives devaient, au nom du droit élémentaire du locataire, sinon propriétaire, expulsé, avoir la priorité sur tous les autres occupants du Registrar Building, dédié au malheureux Emmanuel Anquetil.

Il en faut davantage pour décourager les fonctionnaires, présentement au service de nos Archives à Coromandel, désormais sous les ordres inspirés de M. Roland Chung Sam Wan. Dans une des pièces à l?entrée, ils exposent donc un nombre considérable de documents qui sont autant de repères fondamentaux pour celui qui veut connaître l?histoire de l?esclavage à Maurice.

Des photocopies de documents de choix tapissent les parois de l?espace ainsi ouvert aux visiteurs. Les lire tous prendrait des heures. On peut dire autant de tous ces registres du XVIIIe siècle pouvant être feuilletés par les nombreux visiteurs.

Trésors Patrimoniaux</B>

Nos Archives comptent, à leur actif, la publication de divers documents dont le fameux Code Noir ou lettres patentes en forme d?édit concernant les esclaves des Isles Bourbon et de France, de décembre 1723, document en vente pour une centaine de roupies seulement. Il y a aussi les témoignages des survivants du naufrage du Saint-Géran, en août 1744. Sans oublier les publications antérieures.

Aujourd?hui, la fée Ordinateur permet de scanner aisément des documents d?archives, de les conserver en mémoire et de les imprimer en fonction de la demande.

Il convient surtout de féliciter chaleureusement la nouvelle direction de nos Archives, de comprendre si bien que les trésors patrimoniaux, qui lui sont confiés, doivent être mis à la disposition du public, disposé à investir les petites dizaines de roupies requises pour acquérir des documents d?une telle valeur.

Bravo aussi de comprendre si bien l?importance d?organiser des expositions sur des thèmes d?actualité comme l?abolition de l?esclavage, les 40 ans d?indépendance, la fête du Travail, etc. Rien de mieux pour augmenter fructueusement le nombre de visiteurs à nos Archives.

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