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Escales dans le sanctuaire des oiseaux
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Escales dans le sanctuaire des oiseaux
15 000 km de vol avec escales, voire des milliers d?escales. Ce qui est tout de même normal lorsqu?on ne dispose que de ses deux ailes, pour finalement gagner les côtes mauriciennes pour des vacances ou ce qui s?y apparente?
Délaissant le froid hivernal des régions nordiques du globe (Sibérie, Europe, Norvège?), des centaines d?oiseaux migrateurs viennent à Maurice pour se reposer pendant plusieurs mois. Depuis ce week-end, le public peut les découvrir car l?estuaire du ruisseau de Terre-Rouge sera ouvert tous les jours, même pendant le week-end jusqu?au mois de mars. Le site, qui abrite quelques rares espèces endémiques également, se trouve en plein c?ur d?une zone à intense activité économique?
Cela fait quelque temps déjà que le Soothy Turn, oiseau migrateur, a pu faire ce voyage sous notre soleil mauricien parmi les quinze espèces de migrateurs, au sanctuaire d?oiseaux de l?estuaire du ruisseau de Terre- Rouge, situé à Roche-Bois. La nourriture abondante les attire et ce sera l?occasion de se reposer et de changer de plumage avant le cycle de reproduction. Ils sont là d?octobre à mai.
Cette réserve naturelle a une particularité : elle est la seule zone humide au monde à se retrouver dans une ville, et pas n?importe laquelle. En effet, elle est située dans la capitale, en plein c?ur économique du pays, à côté de Mer-Rouge?
Entre les conteneurs du port, les pirogues des pêcheurs, la pêche qui s?y pratique, une ancienne décharge et l?embouchure où se rejoignent les déchets et produits chimiques de différentes usines, l?estuaire a pu se trouver une place. Dans le passé, il a quand même «frôlé le comblement». Mais les «voun», plantes naturelles et véritable système de filtrage, assurent que les eaux usées et polluées ne contaminent la plage où se reposent les oiseaux. En cas de pollution, adieu les vers dont se nourrissent les oiseaux et bien éventuellement, adieu oiseaux migrateurs?
«Cette réserve naturelle a une particularité : elle est la seule à se retrouver dans une ville, et pas n?importe laquelle.»
C?est aux huit employés du National Parks and Conservation Service, sous la férule de l?Assistant Park Ranger, Veekash Ragoobeer, qu?il incombe donc de préserver le site, avec les moyens du bord. Pour que ce sanctuaire en soit véritablement un, une vraie terre d?accueil.
«Pour l?heure, aucune étude scientifique n?est menée sur ces oiseaux migrateurs. On se limite à sensibiliser les gens à l?importance de protéger ce site et à le nettoyer car, avec la marée, il y a toujours de nouveaux déchets sur la plage où nichent les oiseaux. Nous sommes principalement responsables de sa préservation», explique Veekash Ragoobeer. Des plantes endémiques y sont également cultivées.
«Pour l?heure, aucune étude scientifique n?est menée sur ces oiseaux migrateurs. On se limite à sensibiliser les gens?»
Depuis sa venue, il y a quatre mois, Veekash Ragoobeer a fait défricher le terrain jouxtant le sentier menant du centre des visiteurs jusqu?à la plage abritant les oiseaux. Il essaie comme il peut, dit-il, de «populariser» le centre auprès de la population locale. Et heureusement que contrairement à certains pays d?Afrique, les gens ne tuent pas les oiseaux ici.
Le centre des visiteurs, inauguré en 2000, a pour but d?informer les gens sur la nécessité de préservation des zones humides, c?est-à-dire des zones où l?eau est présente naturellement ou artificiellement (rivière, lac, lagon?). Elles ont pour fonction de stocker l?eau pour différents usages et permettent d?éliminer les matières polluantes grâce aux plantes endémiques présentes, entre autres, comme c?est le cas à l?estuaire de Terre-Rouge.
Ceux qui visiteront l?estuaire pourront également observer les oiseaux du télescope situé au centre, histoire de voir leur comportement. Un comportement qui a dû petit à petit s?adapter aux exigences des humains, développement oblige.
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