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Croissance de 17 % pour le «seafood»

14 décembre 2007, 00:00

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La pêche industrielle retrouve peu à peu sa vitesse de croisière. Le pays a exporté entre janvier et septembre des produits de mer (fish and fish related products) pour une valeur de Rs 4,2 milliards, ce qui constitue une hausse de 17% par rapport à la même période en 2006. Le business retrouve peu à peu sa vitesse de croisière après que l?Union européenne (UE) a enlevé les obstacles phytosanitaires qui pesaient sur les produits «Made in Mauritius».

«Les perspectives sont très bonnes. Nous enregistrons une forte demande de la part des clients européens. Les entreprises ont des carnets de commandes bien remplis», se réjouit Evert Liewes, chief executive officer (CEO) de Prince Tuna (Mauritius), la principale société de conserverie de thon à Maurice.

Pour couronner cette performance, Maurice a même déplacé son redoutable concurrent seychellois comme premier fournisseur de thon en boîte vers le Royaume-Uni, un important marché en Europe.

Les produits de mer consolident leur assise dans les exportations industrielles. Cette catégorie de marchandises qui représente 15% des exportations totale de la zone franche se place en deuxième position derrière les vêtements qui eux en comptent pour 65%.

Après la solution aux problèmes phytosanitaires, l?industrie bénéficie d?une nouvelle ouverture avec la récente décision de l?UE d?assouplir les règles d?origine sur les produits de mer. En effet, les entreprises de transformation à Maurice et dans les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) pourront s?approvisionner en poissons auprès des pays tiers et bénéficier d?une réduction de 24% des droits de douane en Europe. Cette dérogation permettra d?écouler jusqu?à 10 000 tonnes de poissons transformés sur le marché. Ainsi, Maurice pourra acheter son poisson auprès des bateaux «non-originating», c?est-à-dire des bateaux ne battant pas pavillon des pays ACP ou des pays européens.

«Cette facilité arrive à un moment opportun car nous faisons face à un déficit de poissons. Ces nouvelles sources pourront nous assurer un approvisionnement régulier pour faire face à la croissance de la demande», indique Evert Liewes.

Les opportunités se présentent bien. Il y a cependant quelques nuages à l?horizon. La pêche au thon devient une activité coûteuse. «Il y a une flambée des prix du thon. Les coûts d?opération augmentent. Cela pourrait affecter la croissance du secteur dans les années à venir», s?inquiète Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association.

Les effets de réchauffement climatique se font sentir dans nos bancs de pêche. Le thon se réfugie dans des eaux plus profondes à la recherche de températures plus basses. Capturer le thon dans ces conditions devient plus cher. Il faut ajouter à cela le coût du carburant qui ne cesse d?augmenter et une note salariale qui s?alourdit. En une année, le prix que payent les entreprises de transformation pour se procurer du poisson a pratiquement doublé.

Certains opérateurs de pêche industrielle se plaignent que les autorités ne leur accordent pas toutes les facilités nécessaires pour travailler sereinement. «Nous avons un problème de main-d??uvre. Or, les autorités ne nous autorisent pas à en importer», se plaint Hemraz Ghina, directeur de la compagnie National Cold Storage, opérateur de bateaux de pêche.

«Il faut nous laisser travailler sereinement et contribuer pleinement à l?activité du thon à Maurice. Il y a trop de paperasserie. J?ai l?impression que les exploitants locaux sont désavantagés par rapport aux compagnies étrangères qui bénéficient de toutes sortes de facilités», souligne-t-il.

LE TEXTILE CONFIRME SA REPRISE

Les exportations du secteur manufacturier pour les neufs premiers mois de l?année s?élèvent à Rs 28 mds. Ce chiffre représente une amélioration de 16,3 % sur la période janvier-septembre 2006. Sur la base de cette performance, l?industrie s?apprête à dépasser la barre des Rs 40 mds pour 2007. En 2006, la zone franche avait brassé Rs 33,6 mds de chiffre d?affaires à l?exportation. Le textile-habillement confirme sa remise en forme avec des recettes d?exportation de Rs 18,3 mds sur les trois premiers trimestres. Le Royaume-Uni, la France et les Etats Unis sont nos principaux marchés et absorbent 65 % de nos produits (Rs 18 milliards).

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