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Les victimes d?un système
Le système de santé américain est en plein marasme. Car non seulement 47 millions de citoyens n?ont aucune couverture médicale, mais des millions d?autres, pourtant bénéficiaires d?une mutuelle, se heurtent systématiquement aux lourdeurs administratives du système.
Au terme d?une enquête sans concession sur le système de santé dans son propre pays, Michael Moore nous offre un tour d?horizon des dispositifs existants au Canada, en Grande-Bretagne et en France, où les citoyens sont soignés gratuitement.
C?est en 1999 que Michael Moore a pour la première fois l?idée de développer un film sur le système de santé américain. A l?époque, il produit une émission intitulée The Awful Truth : «Pour le premier numéro, nous avons suivi un type qui n?arrivait pas à se faire payer une greffe d?organe par son assurance. En quelques jours à peine, on a obtenu de son assurance qu?elle couvre les frais de l?opération et on lui a sauvé la vie. On s?est alors dit qu?on pourrait en faire tout un film, en prenant le cas de dix personnes : on pourrait par exemple passer dix minutes avec chacun d?entre eux et essayer de leur sauver la vie.»
Ovation de 15 minutes au Festival de Cannes</B>
C?est par l?intermédiaire de son site Web, michaelmoore.com, que le cinéaste a démarré son enquête. En février 2006, il a appelé les internautes, qui avaient gravement souffert des failles du système de santé, à témoigner : «Si vous voulez me raconter ce que votre assurance vous a fait subir, ou ce que vous avez enduré parce que vous n?avez aucune couverture médicale, ou si vous voulez me parler du fait que des hôpitaux et des médecins ont refusé de vous soigner (ou, le cas échéant, du fait qu?ils vous ont ruiné en vous faisant payer des honoraires prohibitifs)... si vous avez souffert d?une manière ou d?une autre à cause de ce système honteux, pervers et uniquement voué au profit, ou si vos proches en ont été victimes, écrivez-moi.» En l?espace d?une semaine, Michael Moore reçut plus de 25 000 emails.
Afin de critiquer le système de santé américain, il a parcouru de nombreux kilomètres. Il a d?abord posé sa caméra aux Etats-Unis, en écumant de nombreuses régions, telles que la Californie, la Floride ou encore le Texas. Le cinéaste s?est ensuite éloigné de son pays et s?est tourné vers le Canada, l?Angleterre, la France pour finir à Cuba.
Après avoir remporté la Palme d?Or en 2004 pour son brûlant Fahrenheit 9/11, Michael Moore est à nouveau à l?honneur du Festival de Cannes en 2007. Sicko a fait, en effet, partie de la sélection officielle du festival, mais présenté hors compétition. Michael Moore a d?ailleurs été ovationné pendant près de 15 minutes à l?issue de la projection de Sicko pendant le festival.
Le scénariste a l?impression que Sicko lui a permis de s?améliorer dans l?exercice de la réalisation : «Quand les gens vont au cinéma, ils ont envie d?être émus, de passer un bon moment, ou d?apprendre quelque chose. Ils veulent être surpris, et quant à moi, je n?ai pas envie de me répéter. Je crois donc que certains spectateurs seront étonnés par l?atmosphère de ce film.»
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