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Une rencontre Etat-sucriers pour bientôt
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Une rencontre Etat-sucriers pour bientôt
Une autre lueur d?espoir se profile à l?horizon. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam a annoncé hier une rencontre prochaine avec les sucriers. Les négociations entamées dans le cadre de la poursuite de la réforme sucrière n?ont toujours pas abouti. Jusqu?ici, les deux parties n?ont pas trouvé un terrain d?entente qui pourrait déboucher sur un «all inclusive package» (une solution globale).
«Monn gagn enn lot let ankor, mo panse mo pou met enn reunion biento», a annoncé hier Navin Ramgoolam. Il était interrogé par les journalistes à l?issue de la cérémonie de lancement de la biographie d?Amédée Maingard, hier, à Rogers? House. «Nous avons fait du travail préparatoire. Si vous êtes là-bas et que moi je suis ici, il faudra un intermédiaire pour que nous puissions nous parler. Si nou koumans koste lerla kapav koze», a-t-il ajouté.
«A aucun moment, malgré tout ce qu?on entend sur les radios et dans certains journaux, à aucun moment je n?ai fait de distinction entre les Mauriciens. Il faut une société juste, c?est ce que je recherche.»
La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) confirme que sa dernière correspondance remonte au lundi de la semaine dernière. Elle dit accueillir cette annonce favorablement. «Nous souhaitons avoir l?occasion de discuter de nos propositions avec le gouvernement», commente Patrick d?Arifat, président de la MSPA.
Ce mois, les sucriers ont remis des propositions au gouvernement, mais un terrain d?entente n?a pas encore été trouvé. Navin Ramgoolam a souligné hier que du côté du gouvernement, un travail de préparation est effectué en marge de la prochaine rencontre Etat ? MSPA.
Au niveau des sucriers, on estime cependant que si les négociations n?aboutissent pas, les conséquences seront lourdes. Pour le moment, la centralisation est bloquée. Si ce processus ne suit pas son cours, l?industrie sucrière se retrouvera dans une situation extrêmement délicate ou la viabilité du secteur sera compromise.
<B>Mort certaine</B>
La centralisation a été entreprise afin de pouvoir mieux gérer l?impact de la baisse du prix du sucre. En effet l?année prochaine, le prix du sucre baissera de 17 %, et d?ici 2009, cette baisse passera à 36 %. Actuellement, le secteur sucre génère Rs 6 milliards annuellement. Une baisse de 36% représentera donc environ une baisse d?environ un tiers de ces revenus.
Un manque de viabilité de l?industrie mènera à une mort certaine. Usines dans l?incapacité de tourner, chômage technique ou forcé pour des centaines d?employés peuvent aussi être à prévoir.
Le cas des 125 employés de St-Félix, qui va vers sa liquidation après deux années durant lesquelles l?usine a été inactive, a récemment illustré le cas d?une usine dont la fermeture a fait des vagues.
Avec une baisse de revenus aussi importante, il sera difficile pour les entreprises sucrières d?être viables. «Il est important que la réforme se poursuive et que les négociations se passent dans le meilleur temps», souligne Jean Li, directeur de la MSPA.
Les stratégies entamées dans le cadre de la réforme sucrière sont aussi axées de manière à ce que l?industrie évolue de la production de sucre roux à celle du sucre blanc et de sucres spéciaux. Une telle évolution implique notamment la création d?infrastructures telle que des raffineries. Si les négociations n?aboutissent pas, un impact se fera aussi sentir au niveau des produits de l?industrie. Avec la compétition et les conditions de marché sur la scène internationale, des accords doivent se faire en amont, afin d?assurer que le produit sucrier mauricien trouve preneur. De tels accords sont liés à la poursuite de la réforme sucrière.
Des conséquences économiques sont aussi à prévoir si un accord Etat-MSPA n?aboutit pas et que la réforme sucrière ne suit pas son cours. Dans un temps immédiat, des fonds d?un montant conséquent, attendus de l?Union européenne sont compromis. Au total, l?aide de l?Union européenne s?élève à 6,5 millions d?euros, soit environ Rs 285 millions. Ce décaissement en deux tranches, dont une est fixe et l?autre variable, dépend du respect d?objectifs fixés au préalable. L?Union européenne a déjà déboursé la tranche fixe car Maurice a démontré, selon les critères établis, une stabilité macroéconomique et l?introduction d?une nouvelle loi sur les marchés publics.
La tranche variable, qui s?élève au total à 4,5 millions d?euros (environ Rs 200 millions) est quant à elle étroitement liée à la poursuite de la réforme sucrière. Et ce parce que l?octroi de ce montant dépend notamment de la fermeture de trois usines, cette année, dans le cadre de la centralisation, du Voluntary Retirement Scheme pour 1 500 employés du secteur sucre, de la formation et du recyclage professionnel de 1 500 employés, ainsi que l?épierrage sur 300 hectares.
Ces conditions sont valides par rapport au décaissement de fonds pour l?année 2007. Cependant, pour la période 2007 ? 2014, une somme totale de 301 millions d?euros, soit environ Rs12 milliards est remise en question. Si ce montant n?est pas reçu, ce n?est pas uniquement l?industrie sucrière qui sera affectée.
En effet plus de 50 % de ses fonds sont destinés à des secteurs non-sucre. De plus, une partie importante du pourcentage destiné à l?industrie sucrière devra être utilisée pour des coûts sociaux.
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