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?L?investissement étranger est trop axé sur le marché local?
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?L?investissement étranger est trop axé sur le marché local?
● <B> Le pays a reçu un volume relativement élevé d?investissements directs étrangers (IDE) cette année. Cela a permis d?alimenter le marché des changes correctement. Mais dans quelle mesure les IDE ont-ils un effet plus durable sur l?économie ? </B>
Lorsqu?on parle d?IDE, l?on pense en termes de son apport par rapport à la croissance économique et le transfert de technologies et de connaissances. Toutefois, je ne suis pas sûr que ces objectifs sont en train d?être réalisés.
Dans les années 80, nous avions une stratégie qui consistait à attirer les investissements étrangers dans le cadre d?une politique d?exportation. Les capitaux servaient à créer des industries qui écoulaient leurs produits à l?étranger. L?investissement étranger, aujourd?hui, est trop axé sur le marché local. L?objectif est d?amener plus de compétition sur le territoire.
Dans ces conditions, les gains des IDE ne sont pas très intéressants et ne s?inscrivent pas nécessairement dans la durée. Au fait, il y a plus d?effet d?entassement. Cela se voit sur le marché financier, entre autres. Les nouveaux opérateurs viennent partager le même marché.
● <B> Mais Tianli, qui est le plus gros investissement étranger à Maurice, vise, lui, les marchés d?exportation essentiellement?</B>
Je ne suis pas sûr que tel sera le cas. Personne ne sait exactement ce que Tianli vient faire à Maurice. Il se chuchote, du reste, que le groupe vient avec sa propre chaîne de supermarchés.
Il faut revoir notre politique en faveur des IDE. Au lieu d?accorder la priorité aux secteurs d?exportation, nous sommes en train d?encourager une politique de substitution à l?importation. Si tel est le cas, les IDE n?apporteront pas beaucoup en termes de croissance économique.
D?autre part, nous n?avons pas un stock de capital humain suffisant pour assurer une croissance élevée à partir des investissements étrangers. Nous pouvons constater ce qui se passe dans les économies dites BRIC (le Brésil, la Russie, l?Inde et la Chine). Leurs réservoirs de compétences humaines sont immenses et s?avèrent très utiles pour tirer le maximum des IDE. A Maurice, par contre, nos insuffisances en termes de ressources humaines ne nous permettent pas d?exploiter de manière optimale les capitaux extérieurs.
● <B> Comment rehausser l?impact qualitatif des IDE sur l?économie ? </B>
Une politique de l?investissement étranger axée sur la substitution aux imports n?est pas la solution. Dans l?industrie de la brasserie, par exemple, il y a un deuxième opérateur. Je me demande comment cela contribue à la croissance économique si ce n?est que la création de quelques emplois?
Nous sommes en train de bouger vers les activités de services qui sont en train de mobiliser d?importants volumes d?investissements extérieurs. Malheureusement, nous ne bénéficions pas du transfert des technologies avec la présente politique des IDE. Le progrès technique n?est pas nécessairement au rendez-vous. Nous ne trouvons pas d?entreprises voulant explorer ici, des filières technologiques avancées telles que l?automobile, l?aviation ou encore les nouvelles énergies. Ce sont là des activités qui génèrent d?importantes ressources financières sous forme de capitaux étrangers à travers le monde.
● <B> Le marché des changes est sujet, en ce moment, à une forte demande de la part des opérateurs. Est-ce qu?il y a des risques de spéculation dans ces conditions ? </B>
La marge de man?uvre des spéculateurs est considérablement réduite car il y a un équilibre entre l?offre et la demande de devises. Les fondamentaux du marché sont en train d?agir correctement. Il n?y a pas de grosses man?uvres de spéculation à Maurice. Il s?agit plutôt du timing de conversion des monnaies étrangères.
Propos recueillis par A.R
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